Extension Factory Builder
09/08/2012 à 09:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un soldat des forces pro-Ouattara, en mai 2011 à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire. Un soldat des forces pro-Ouattara, en mai 2011 à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire. © AFP

Le rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE), remis le mercredi 8 août au président Alassane Ouattara, estime que les forces armées de ce dernier ont tué plus de 700 personnes durant la crise postélectorale de 2010-2011. Les forces pro-Gbagbo sont, elles, accusées de la mort de plus de 1 400 personnes. 

Les soubresauts de la crise postélectorale sont toujours bien visibles en Côte d'Ivoire. Depuis le début de la semaine, plusieurs attaques ont fait une dizaine de morts et plusieurs blessés parmi les soldats des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI).

Une enquête réclamée par Alassane Ouattara - mais dont l'impartialité est contestée par les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo et de nombreuses ONG (HRW, Amnesty International, ICG...) - permet d'en savoir un peu plus sur les violences commises durant la crise de 2010-2011. Remise mercredi au président ivoirien par Paulette Badjo, présidente de la Commission nationale d'enquête (CNE), ce rapport conclut que les forces armées pro-Ouattara ont causé la mort de plus de 700 personnes et celles de l'ex-chef de l'État Laurent Gbagbo d'environ deux fois plus.

« La crise a donné lieu à de massives violations des droits de l'Homme et du droit international humanitaire », a déclaré Paulette Badjo en remettant son rapport, issu d'un an d'enquête et de l'audition de près de 16 000 personnes.

Créée par le chef de l'État, la commission a enregistré « 3 248 » personnes tuées durant la crise, un chiffre qui « reste certainement en-deçà de la réalité », a-t-elle indiqué.

Les forces armées pro-Gbagbo sont responsables de la mort de 1 452 personnes (dont 1 009 exécutions sommaires), tandis que les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara ont causé la mort de 727 personnes (dont 545 exécutions sommaires), selon les données citées par Mme Badjo, qui n'a pas précisé l'identité ni le statut (civil ou militaire) des victimes.

Environ 3 000 morts, selon l'ONU

La commission a aussi mis en cause les forces non conventionnelles qui ont combattu, comme les miliciens pro-Gbagbo ou les chasseurs traditionnels « dozos » qui, selon de nombreux témoignages recueillis par la CNE, ont agi aux côtés des FRCI et ont tué quelque 200 personnes.

Le chiffre communément admis, notamment par l'ONU, est d'environ 3 000 personnes tuées durant la crise postélectorale. Elle était née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010 et s'était achevée par l'arrestation de l'ex-président le 11 avril 2011 après deux semaines de guerre.

Visiblement ému par le tableau de ces « horreurs », selon son expression, M. Ouattara a remis le rapport de la commission au Premier ministre et ministre de la Justice Jeannot Kouadio Ahoussou, afin qu'il prenne des « mesures ».

Réaffirmant son engagement pour la « lutte contre l'impunité », le président ivoirien a assuré que « toutes les personnes qui ont posé des actes répréhensibles pendant la crise postélectorale répondront de leurs actes devant la justice ».

Le FPI dénonce une "justice des vainqueurs"

Régulièrement interpellé par les ONG internationales sur les crimes commis par ses forces durant la crise, en particulier dans l'Ouest, et sur l'absence de poursuites contre les siens, M. Ouattara a expliqué depuis un an attendre les conclusions de la Commission avant d'agir.

Le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), avait par avance récusé en février les conclusions de la CNE, dénonçant une « justice des vainqueurs ».

De son côté, l'ex-chef de l'État est incarcéré depuis fin 2011 à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité. Une vingtaine de figures du camp Gbagbo, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, et des dizaines d'autres personnes de ce bord (des civils et des militaires) sont inculpées et détenues en Côte d'Ivoire.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Drissa Traoré : 'Les crimes de sang reprochés à Simone Gbagbo seront jugés, à la CPI ou ailleurs'

Drissa Traoré : "Les crimes de sang reprochés à Simone Gbagbo seront jugés, à la CPI ou ailleurs"

"Justice des vainqueurs", "procès politique"... Que ce soit au sujet du prochain procès de Simone Gbagbo ou de ceux de son mari, Laurent, et de Charles Blé Goudé, les critiques son[...]

Côte d'Ivoire : le procès de Simone Gbagbo reporté sine die

Le gouvernement ivoirien a annoncé mercredi le report sine die du procès de Simone Gbagbo. Il était censé s'ouvrir ce mercredi 22 octobre.[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Côte d'Ivoire : incertitudes sur le début du procès de Simone Gbagbo

La date du procès de 83 personnalités pro-Gbagbo, dont l'ancienne première dame Simone Gbagbo, censé s'ouvrir mercredi, reste hypothétique. L'un des avocats de la défense a[...]

Sondage : faut-il reporter la CAN 2015, la déplacer ou l'annuler à cause d'Ebola ?

Se jouera-t-elle ou pas ? À quelle date ? Où ? Les rumeurs vont bon train au sujet de la Coupe d'Afrique des nations, prévue en janvier 2015 au Maroc mais menacée par l'épidémie d'Ebola.[...]

En Guinée, le doute plane à nouveau sur le mont Simandou

Quatre mois après la signature d'un accord entre la compagnie Rio Tinto et l'État pour relancer le développement du mégagisement, la chute des cours du fer vient compromettre leurs plans.[...]

Bling-bling : mariage fastueux, mariage malheureux...

Alors que les cérémonies nuptiales africaines sont des démonstrations de force financière, une récente étude américaine indique qu’une bague de fiançailles trop[...]

Côte d'Ivoire : Didier Drogba de retour en sélection ?

Deux conseillers du président Alassane Ouattara travaillent actuellement au retour de Didier Drogba en sélection nationale. Pas sûr que l'attaquant star de Chelsea accepte de rempiler avec les[...]

Orrick s'installe officiellement à Abidjan

Exclusif - Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président et le patron Afrique d'Orrick expliquent pourquoi ce géant mondial du droit avec 1100 avocats dans 25 pays a choisi la capitale[...]

Le Marocain Karim Tazi veut installer deux usines à Abidjan

 Le groupe Tazi va construire deux usines à Abdijan dans le secteur de la literie et du plastique. Le tout pour un investissement de 15 millions d'euros et un démarrage effectif de la production prévu[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers