Extension Factory Builder
07/08/2012 à 09:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des soldats ivoiriens à Bingerville le 6 août. Des soldats ivoiriens à Bingerville le 6 août. © AFP

Différents accrochages ont fait une dizaine de morts à Abidjan, à l’heure où le pays célèbre le 52e anniversaire de son indépendance.

La Côte d’Ivoire fête, mardi 7 août, le 52ème anniversaire de son indépendance dans une ambiance tendue. Plus d’un an après la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011, ayant fait environ 3000 morts, l’insécurité est toujours présente à travers le pays.

Dimanche, quatre membres des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ont été assassinés dans le quartier de Yopougon, à Abidjan. Lundi matin, à peine vingt-quatre heures plus tard , de nouvelles violences ont éclaté dans la capitale économique ivoirienne. Cette fois, c'est un camp militaire qui est visé par des inconnus armés.

Des miliciens fidèles à Gbagbo montrés du doigt

Selon les déclarations du ministre ivoirien de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), des miliciens fidèles à Laurent Gbagbo seraient responsables des attaques du week-end dernier à Abidjan.« Je pense aussi que tout a été ordonné par des ex-FDS pro-Gbagbo à partir du Ghana voisin », a-t-il indiqué. « Il y avait une complicité dans le camp », a-t-il ajouté.

Pour le ministre, ces attaques ne sont pas spontanées mais bien planifiées. Elles interviennent en pleine célébration de la fête de l'indépendance (mardi, ndlr), « une période de harcèlement », a-t-il expliqué. Autre événement non négligeable dans le calendrier ivoirien, la date du 13 août, initialement prévue pour l'audience de confirmation des charges de M. Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI).

« Il y a toute une série d'actions, d'agressions pour essayer de mettre à mal la confiance des investisseurs qui est en marche, essayer de saper le moral des Ivoiriens », a estimé le ministre de l'Intérieur.

« Nous sommes alertés que cette stratégie de provocation est appelée à se poursuivre, donc nous avons donné des instructions à nos hommes », a-t-il souligné.

Au moins six militaires ivoiriens et un assaillant sont morts dans cette attaque contre le camp des FRCI d'Akouédo, situé dans le quartier de Cocody (nord). En plus des sept morts, une dizaine de soldats ont été grièvement blessés dans le camp, qui abrite également un contingent de Casques bleus de la force onusienne Onuci. L’assaut a été donné par des inconnus à coups d'armes automatiques et de kalachnikovs entre 03h00 et 05h00 du matin (locales et GMT).

Le camp « a fait l'objet d'une attaque ciblée par les deux entrées », mais grâce à l'envoi de FRCI en renfort, les assaillants ont été repoussés, a déclaré le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi. Selon lui, l'attaque a fait sept morts, six FRCI et « un assaillant ».

Les corps de six hommes ont été aperçus sur les lieux dans la matinée. Quatre corps étaient visibles par terre dans un bâtiment à l'entrée du camp. Du sang avait été projeté sur le sol et les murs. À un poste de garde et à une sortie, deux autres corps gisaient au sol.

Dans un communiqué, le chef de l'Onuci Bert Koenders a indiqué qu’il y avait aussi « une dizaine de blessés graves dans les rangs des FRCI ».

Ratissage à Bingerville

Selon les premières conclusions des forces ivoiriennes, plusieurs dizaines d'hommes, en treillis et en civil, ont attaqué le camp et sont allés directement à l'armurerie, où ils ont pris quelque 200 armes en tous genres et des munitions.
Les Casques bleus présents dans le camp d'Akouédo « n'ont pas été engagés dans le combat », a souligné une source onusienne sous couvert d'anonymat.

« Les assaillants ont ensuite pris la fuite dans la direction de Bingerville », la ville voisine, a affirmé une source au sein de l'état-major des FRCI, tandis que Paul Koffi Koffi a annoncé « des ratissages et des battues » dans cette localité proche d’Abidjan.

Une quarantaine de militaires à bord de pick-up, de 4x4 et d'autres véhicules ont ainsi été vus lundi matin patrouillant dans les rues de Bingerville. Des soldats contrôlaient des voitures et disaient aux habitants de rentrer chez eux. Résidant près d'Akouédo, un avocat du camp de l'ex-président Laurent Gbagbo, Me Toussaint Dako Zahui, a déclaré que son domicile avait été « perquisitionné » par des FRCI durant trois heures et que lui-même avait été interpellé « avant d'être relâché ».

"Psychose"

Aucune information n'était dans l'immédiat disponible sur l'identité des assaillants d'Akouédo, ni sur un éventuel lien avec la mort de quatre FRCI dimanche (et non cinq comme précédemment annoncé), tués dans l'attaque d'un commissariat et d'un poste de contrôle de l'armée par des hommes lourdement armés à Yopougon, quartier ouest de la capitale économique.

« Nous n'en savons rien, nous sommes en train de mener nos enquêtes », a déclaré le ministre de la Défense

Le président Alassane Ouattara a promis « une lutte sans merci contre ceux qui ont pour objectif de créer une psychose ».

Dans un discours radiotélévisé prononcé à la veille du 52e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, il a également assuré que l'insécurité était désormais limitée à des « poches résiduelles ».

Le gouvernement, qui a annoncé des arrestations, a appelé au « calme » et affirmé que les festivités de mardi, avec un défilé militaire devant le palais présidentiel, se dérouleraient « comme prévu ».

L'insécurité a reculé dans le pays depuis la fin de la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011. La circulation d'armes, des ex-combattants mécontents et des tensions ethniques toujours vives, en particulier dans l'Ouest, nourrissent toutefois des incidents parfois meurtriers. En juin, sept Casques bleus nigériens avaient été tués dans l’Ouest du pays.

(Avec AFP)


 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Un pays en chantiers

Article pr�c�dent :
Les rebelles du MNLA libèrent trois soldats maliens

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

L'audiovisuel ivoirien attend beaucoup de la chaîne A+

L'audiovisuel ivoirien attend beaucoup de la chaîne A+

La nouvelle chaîne satellitaire de Canal+ mise sur les séries africaines. Une bonne nouvelle pour les producteurs d'Abidjan, qui manquent de financements comme de canaux de diffusion.[...]

CAN 2015 : la Côte d'Ivoire qualifiée, tirage au sort entre la Guinée et le Mali !

La Côte d'Ivoire s'est qualifiée pour les quarts de finale en battant le Cameroun mercredi (1-0), mais dans l'autre match du groupe D la Guinée et le Mali ont encore fait un nul (1-1) et seront[...]

Côte d'Ivoire : important dispositif sécuritaire pour lutter contre les enlèvements d'enfants

Le gouvernement  ivoirien n'a pas attendu longtemps pour tirer la sonnette d'alarme sur le phénomène récurent d'enlèvements d'enfants dans le pays depuis quelques mois.[...]

Cameroun-Côte d'Ivoire : Hervé Renard et Volker Finker, deux entraîneurs sous pression

Avant le choc décisif pour la qualification en quarts de finale entre le Cameroun et la Côte d'Ivoire à 19 heures ce mercredi, Hervé Renard et Volker Finke sont dos au mur. Zoom sur leur[...]

Côte d'Ivoire : le "miracle" économique à l'épreuve

Croissance impressionnante, construction à tout va, climat des affaires assaini... La Côte d'Ivoire fait des progrès considérables depuis la crise de 2010. Mais tout le monde n'en profite pas.[...]

CAN 2015 : Et si la qualification se jouait sur tirage au sort ?

En cas d'égalité parfaite à l'issue de la phase de poule entre deux équipes, la qualification pour les quarts de finale se jouera au tirage au sort. Une situation très improbable, mais qui[...]

La malédiction de la CAN 2015 frappe le Mali

La Côte d'Ivoire a égalisé en toute fin de match face au Mali (1-1) après avoir pris tous les risques. Les deux équipes sont au coude à coude dans un groupe qui n'a accouché que de[...]

Côte d'Ivoire : souvenirs du dernier maire d'Abidjan

À 81 ans, Ernest N'Koumo Mobio est toujours épris de sa ville, dont un tableau orne le hall de sa résidence des Deux-Plateaux, à Cocody. Il confie à Jeune Afrique quelques souvenirs de[...]

Côte d'Ivoire : voisins, voisines abidjanais

Ils gagnent leur vie, mais simplement. Ils se croisent chaque jour dans les quartiers modestes ou huppés de Cocody. Rencontre avec Mariette, Éric, Isaac et Franck. Leur quotidien, leurs rêves, leurs[...]

Exclusif : Pourquoi le tribunal d'Abidjan a lourdement condamné Ecobank

Jeune Afrique révèle le contenu de la décision du Tribunal de commerce d'Abidjan ayant mené à la condamnation du groupe Ecobank, du sud-africain PIC et de Daniel Matjila à payer 7,5[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120807090941 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120807090941 from 172.16.0.100