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04/08/2012 à 10:03
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Hillary Clinton et Salva Kiir, le 3 août 2012 à Juba. Hillary Clinton et Salva Kiir, le 3 août 2012 à Juba. © AFP

Le Soudan et le Soudan du Sud ont trouvé, dans la nuit de vendredi à samedi, une solution à leur différend pétrolier, qui, avec d'autres points litigieux encore à régler, empoisonnait toujours leurs relations un an après l'accès à l'indépendance de Juba.

Mis à jour à 16h10.

"Les parties se sont mises d'accord sur les détails financiers concernant le pétrole, donc c'est fait," a annoncé dans la nuit, sans alors donner de détails, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur en chef pour l'Union africaine dans la crise entre les deux Soudans.

M. Mbeki a aussi annoncé une reprise de la production pétrolière sud-soudanaise interrompue en janvier, sans préciser de calendrier. Des analystes estiment qu'il faudra plusieurs mois pour une reprise totale de cette production.

L'accord entre les deux Soudan est intervenu quelques heures après une visite à Juba vendredi de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Celle-ci avait exhorté Juba et Khartoum à faire des compromis pour régler les différends restés en suspens depuis l'indépendance du Soudan du Sud le 9 juillet 2011, et qui ont même conduit les deux pays au bord de la guerre au printemps.

Mme Clinton avait aussi appelé Juba à conclure "un accord provisoire" avec Khartoum sur le pétrole pour enfin reprendre la production de brut.

Le Soudan du Sud a hérité des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition. Mais il reste entièrement tributaire des oléoducs du Nord pour exporter.

Un accord "raisonnable" selon Khartoum

Faute d'accord sur la redevance à payer par Juba à Khartoum sur le pétrole sud-soudanais qui transite par le territoire soudanais, le Nord avait décidé de se payer en nature en prélevant du brut à son passage. Furieux, le Sud avait alors stoppé sa production.

Cet arrêt de la production a privé le jeune Etat de 98% de ses ressources et entraîné une forte poussée de l'inflation, tout en aggravant la situation économique déjà difficile de son voisin.

Selon Juba, l'accord bouclé à Addis Abeba prévoit que Juba paie à Khartoum 9,48 dollars par baril de pétrole exporté via le Soudan au cours des trois ans et demi à venir. Passé ce délai, un nouveau taux sera décidé, à moins que le Sud, privé d'accès à la mer, ne parvienne à exporter son brut via d'autres pays -- le Kenya ou Djibouti sont envisagés.

En plus de ces frais de passage, le Sud, qui se félicite d'un "bon" accord, a accepté de payer une somme forfaitaire de quelque trois milliards de dollars au Soudan, pour compenser les pertes de revenu liées à son accès à la partition.

Des responsables soudanais cités par l'agence officielle Suna ont, sans donner leur version de l'accord, estimé qu'il était "raisonnable".

Au-delà de la question pétrolière, parmi les litiges opposant encore les deux Soudan, figurent la démarcation de leur frontière et le statut de zones contestées. Les deux pays s'accusent aussi mutuellement de soutenir des groupes rebelles sur le territoire de l'autre.

Rencontre présidentielle en septembre

Les pourparlers entre les deux Soudan engagés à Addis Abeba sous l'égide de l'UA piétinaient jusque là à tel point que Juba et Khartoum avaient dû laisser passer, sans accord, la date butoir du 2 août que leur avait donnée, sous peine de sanctions, le Conseil de sécurité de l'ONU pour régler leurs différends.

M. Mbeki a désormais annoncé une rencontre au sommet en septembre des présidents soudanais, Omar el-Béchir, et sud-soudanais, Salva Kiir, pour discuter du statut d'Abyei, une région disputée grande comme le Liban.

Signe pourtant des tensions qui persistent toujours entre le Nord et le Sud, qui - avant les accords de paix de 2005 qui ont ouvert la voie à la sécession - se sont livré des décennies de guerre civile, le négociateur en chef de Juba Pagan Amum a encore accusé Khartoum de vouloir saper les pourparlers.

M. Amum a notamment accusé le Nord de poursuivre les bombardements aériens sur le Sud, "en totale violation de la feuille de route" définie en avril par l'UA pour sortir de la crise.

M. Mbeki a quant à lui malgré tout annoncé un autre accord à Addis Abeba : cette fois entre le Soudan, l'UA, l'ONU et la Ligue arabe sur l'accès humanitaire aux Etats soudanais du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

Dans ces deux Etats, des affrontements répétés entre les forces soudanaises et des groupes rebelles ont plongé, selon l'ONU, des milliers de personnes dans une grave crise humanitaire. Nombreux sont même ceux qui fuient la situation vers le Soudan du Sud.

 

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