Pour le chef de l'opposition tchadienne, Saleh Kebzabo, la situation politique au Tchad est totalement bloquée. Mais le leader de l'UNDR ne désespère pas de renouer les fils du dialogue avec le président Idriss Déby Itno, notamment dans la perspective de l'organisation du prochain scrutin présidentiel en 2016.
À 65 ans, Saleh Kebzabo n’a rien perdu de sa fougue. Le chef de l’opposition tchadienne entend bien rappeler qu’il est aujourd’hui l’adversaire numéro un du président Idriss Deby Itno. À la tête de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), qui compte onze députés à l’Assemblée nationale, il ne dévie pas de son objectif : la tenue d’un nouveau dialogue politique avec le pouvoir.
Lire aussi l'interview de Idriss Déby Itno : "J'ai trop longtemps prêché dans le désert".
Mais celui-ci peine à s’instaurer, tout comme le renouvellement de l’accord du 13 août 2007, issu de concertations entre majorité et opposition. « Nous sommes face à un blocage, confirme Saleh Kebzabo. Nous avons proposé un texte très précis, tirant les leçons de l’accord de 2007 et donnant de nouvelles directions, mais le pouvoir n’en veut pas. »
Voir l'interview vidéo de Saleh Kebzabo :
À l’encontre d’Idriss Deby Itno, dont il avait pourtant rejoint le gouvernement après le Conférence nationale de 1993, il ne mâche pas ses mots. L’affaire Mahamat Saleh Annadif ? « Cette mascarade judiciaire aurait pu être évitée si nous ne vivions pas dans un État de non-droit. » Les rumeurs sur un coup d’État déjoué visant la présidence ? « Probablement un règlement de compte au sein de son propre entourage. » Et l’opposant de fustiger le « gangstérisme politique » du « régime militaire » tchadien.
"Alternance démocratique"
Le porte-parole adjoint de la Coordination des partis pour la défense de la Constitution (CPDC) veut croire que l’élection de François Hollande à la tête de la France permettra de redéfinir les relations entre leurs deux pays. Surtout, de faire enfin la lumière sur la disparition en 2008 de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh. « On parle d’Ibni, comme on aurait pu parler de Kebzabo, car j’aurais pu connaître le même sort. L’affaire ne doit pas s’enliser, c’est pourquoi les Tchadiens doivent participer activement à la Commission d’enquête mise en place. »
Partisan d’une « alternance démocratique », Saleh Kebzabo a aujourd’hui le regard tourné vers les élections législatives de 2015 et la présidentielle de 2016. Certain d’être en mesure de mettre en difficulté le président sortant, il n’entend pas se dérober. « C’est jouable. Le plus important, c’est d’en avoir la conviction. »

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