Extension Factory Builder
02/08/2012 à 09:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha. Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha. © AFP

Comme elle l’avait annoncé lors de son dernier congrès, Ennahdha a déposé, mercredi 1er août, un projet de loi devant l’Assemblée constituante qui criminalise l’atteinte au sacré. Des peines de deux à quatre ans de prison ferme sont prévues.

C’est un fait : le parti islamiste Ennahdha au pouvoir en Tunisie a pour but d’islamiser totalement la société, jusqu’à l’État qui reste séculier depuis l’indépendance - sans pour autant être constitutif d’une république laïque. Par rapport aux salafistes, seule la méthode - non violente – change : le parti de Rached Ghannouchi a clairement choisi la voie du consensus et du réformisme. Mais il doit aussi trouver un compromis avec son aille dure et wahhabite, ce qui fut le principal objectif de son dernier congrès général, tenu du 12 au 16 juillet à La Marsa.

En est sortie la décision de porter un projet de loi, déposé mercredi 1er août à l’Assemblé nationale constituante (ANC), pour criminaliser l’attenite au sacré. Une initiative qui ne passe pas dans la frange de la population résolument hostile à toute brimade des droits fondamentaux, notamment ceux d’expression et d’opinion.
Injure, profanation, dérision et représentation

Car le texte codifie les atteintes au sacré en prévoyant une peine de prison allant jusqu'à deux ans et quatre ans de réclusion en cas de récidive, a expliqué sur la radio Shems FM Habib Khedher, juriste d'Ennahda et rapporteur général de la commission de rédaction de la Constitution. La nature des atteintes et leur degré de gravité se répartissent entre « l'injure, la profanation, la dérision et la représentation d'Allah et de Mahomet », interdite par l'islam, précise-t-il.

Tous les livres saints

Ces atteintes au sacré pourront concerner un vaste éventail de valeurs, lieux et objets sacrés : Dieu et Mahomet, bien sûr, mais aussi tous les prophètes (y compris Moïse et Jésus), tous les livres saints (pas seulement le Coran, donc), les mosquées, les églises et les synagogues, entre autres.

Lors de son premier congrès public, le parti Ennahda avait préconisé de criminaliser l'atteinte au sacré tout en s'engageant à « garantir la liberté d'expression ». Les discussions commencent à peine autour du projet de loi. Et les débats à l’ANC – qui ne sont pas encore programmés - promettent d’être houleux.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : 26 candidats en lice face à Marzouki pour la présidentielle du 23 novembre

Tunisie : 26 candidats en lice face à Marzouki pour la présidentielle du 23 novembre

L'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a dévoilé mardi les noms de 27 candidats retenus pour la présidentielle du 23 novembre en Tunisie.[...]

Tunisie - Troussier : "Il fallait que je quitte Sfax"

À peine trois mois après son arrivée à Sfax, Philippe Troussier (59 ans) quitte la Tunisie, après l’élimination samedi soir en demi-finale de la Ligue des champions face aux[...]

Tunisie : le procès en appel de deux policiers tunisiens reconnus coupables de viol reporté au 6 novembre

Le procès en appel de deux policiers tunisiens reconnus coupables d'avoir violé une jeune femme a été reporté au 6 novembre à la demande des avocats de la jeune femme.[...]

Démographie : si la Tunisie m'était comptée

Exode rural massif, baisse de la natalité, réduction de la taille des familles, boom de l'immobilier... Le recensement va-t-il orienter l'action du prochain gouvernement tunisien ?[...]

Maghreb : une lueur au bout du couloir de la mort

Au Maghreb, des centaines de détenus croupissent dans les prisons, attendant une hypothétique exécution. À moins que le parti des abolitionnistes ne l'emporte. Rendez-vous à Tunis les 25[...]

Amina Sboui : son "agression" par des salafistes à Paris était bien "un mensonge"

L’ancienne Femen, Amina Sboui a inventé son agression de juillet dernier par des salafistes à Paris. Un mensonge qui était avant tout un "appel au secours", avoue-t-elle au quotidien[...]

Immigration : mort à crédit en Méditerranée

Ils paient des passeurs sans scrupule à prix d'or pour traverser la Méditerranée. Cette année, trois mille migrants ont perdu la vie dans ce voyage. Un commerce lucratif et un drame humain face[...]

Élections tunisiennes : guerre d'influence dans les médias

Profitant d'un flou juridique, plusieurs hommes d'affaires tunisiens ont investi dans les médias pour servir leur camp politique. Voire défendre leur propre candidature aux prochaines élections.[...]

Tunisie : à Gabès, le gouvernement bloque un projet de 25 millions d'euros et 300 emplois

Avec une relance en panne, la Tunisie multiplie les appels aux investisseurs étrangers. Mais le gouvernement ne donne pas toujours une suite positive aux projets, sans pour autant motiver son refus de manière[...]

Divergences jihadistes en Tunisie

Les dirigeants du mouvement jihadiste tunisien Ansar al-Charia se divisent sur l'opportunité d'une lutte armée en période pré-électorale. La base, elle, rêverait d'en découdre.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers