Lors de son premier discours à la nation après son retour d'exil en France, Dioncounda Traoré a annoncé la création d'un Haut conseil d'État chargé de "compléter l'architecure institutionnelle du Mali" - une sorte de gouvernement bis chargé de la crise au Nord et des rapports avec la classe politique malienne. Le président de transition a également déclaré qu'il mènerait lui-même les consultations en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale, ainsi que les négociations avec les groupes islamistes armés qui occupent le Nord.
Le premier discours à la nation de Dioncounda Traoré depuis qu'il est revenu au Mali, vendredi dernier, était très attendu. Le président de transition n'a pas déçu, annonçant dimanche sur la télévision publique malienne plusieurs réformes d'envergure pour faire face à la crise malienne. Première annonce : la création d'un Haut conseil d'État (HCE) dirigé par le président et destiné à « compléter l'architecture institutionnelle du pays » et à « l'adapter aux réalités socio-politiques ».
>> Lire ici l'intégralité du discours du président Dioncounda Traoré
À la tête du HCE, Dioncounda Traoré sera asisté de deux vice-présidents, dont l'un sera chargé des questions de défense et de sécurité et de la gestion de la crise dans le Nord tandis que le second représentera les composantes des forces vives du Mali, a précisé le président Traoré.
Enfin, celui-ci a également annoncé la formation d'un gouvernement d'union nationale avec des consultations qu'il va lui-même mener et la création d'une « commission aux négociations » avec les islamistes qui contrôlent depuis quatre mois le nord du pays.
Modibo Diarra mis à l'écart
La création de ces nouveaux organes ne signifie qu'une chose : la reprise en main de la transition par le président, et la mise à l'écart du Premier ministre Cheick Modibo Diarra – notamment pour la formation du prochain gouvernement et pour les négociations avec les islamistes. Ce dernier est jugé par ses détracteurs comme une erreur de casting, notamment en raison du peu d'autonomi dont il a su faire preuve vis à cis des ilitaires putschistes du 22 mars. Confronté à de nombreuses critiques nationales et internationales, Modibo Diarra a cependant déclaré le 28 juillet qu'il ne démissionnerait pas.
(Avec AFP)

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