La situation humanitaire au Mali s'aggrave de jour en jour selon John Ging, directeur des opérations humanitaires des Nations Unies, au Mali depuis le 22 juillet. Alors que l'accès aux populations déplacées demeure difficile, il plaide pour une plus grande solidarité internationale avec les Maliens. Interview.
Jeune Afrique : Vous revenez d'une visite à Mopti. Quelle est la situation humanitaire au Nord-Mali ?
John Ging : Elle est très critique. La crise alimentaire touche 3,5 millions de personnes, 175 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère, il y a environ 200 000 déplacés à l’intérieur du pays et 250 000 réfugiés dans les pays voisins.
La situation est-elle en train de se détériorer ?
Il est clair que la situation humanitaire se détériore de plus en plus, mais j’ai été frappé par la dignité et l’espoir de la population malienne. Pour l’instant les conditions humanitaires sont graves et il faut plus de solidarité internationale. Un appel d’aide humanitaire à hauteur de 214 millions de dollars a été lancé, mais à ce jour, seulement 42% de cette somme a été débloquée.
Un appel d’aide humanitaire à hauteur de 214 millions de dollars a été lancé, mais seulement 42% de la somme a été débloquée.
De quoi les populations ont-elles le plus besoin ?
Les besoins urgents sont d’abord d’ordre nutritionnel, en premier lieu pour les enfants, mais aussi d'ordre sanitaire pour éviter la recrudescence du paludisme et du choléra. Il faut aussi des traitements thérapeutiques spécifiques pour les enfants, et un soutien psychosocial. Enfin, une logistique est nécessaire pour l’éducation des enfants de déplacés afin de préparer leur avenir.
Que pouvez-vous faire contre le choléra ?
C’est qui est important aujourd’hui, c’est la prévention pour limiter les dégâts. Il faut traiter l’eau et assainir les aliments que mangent les populations déplacées.
Comment collaborez-vous avec les groupes islamistes sur le terrain ?
Nous nous focalisons d’abord sur la population qui a besoin d’aide, nous identifions le lieu où elle se trouve et les groupes armés qui contrôlent la zone. Puis nous négocions avec ces derniers pour avoir accès aux populations.
Il est vrai que cet accès est limité, mais il y a des ONG nationales et internationales qui interviennent. Ce qu’il faut maintenant c’est débloquer les fonds pour répondre aux besoins de la population.
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Propos recueillis par Baba Ahmed, à Bamako

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