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25/07/2012 à 09:18
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Un hélicoptère des Nations Unies en juin 2012, dans le nord Kivu. Un hélicoptère des Nations Unies en juin 2012, dans le nord Kivu. © AFP

La Monusco est de nouveau intervenue près de Goma, au Nord-Kivu, pour repousser les attaques des mutins du M23 contre les forces gouvernementales congolaises.

Ils avaient déjà survolé la région, il y a une douzaine de jours, à la poursuite des mutins du M23. Mardi 25 juillet, après que les rebelles ont attaqué les forces gouvernementales (FARDC), provoquant d'importants mouvements de population, des hélicoptères des Nations unies sont de nouveau entrés en action dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Mamodj Mounoubaï, porte-parole de la Monusco, la force des Nations unies en RDC, a justifié cette intervention par des « attaques contre des populations civiles ».

Mardi matin, le M23 a attaqué des positions des FARDC, les obligeant à reculer jusqu'à environ un kilomètre de Kibumba, une position importante pour protéger la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma. Les combats, ponctués de tirs de mortiers, se sont déroulés toute la journée avant de se calmer. D'après le porte-parole de la Monusco, ces violences ont mis sur les routes environ 2 000 réfugiés. Aucun bilan des affrontements n'a pu être obtenu, tant auprès des FARDC que du M23.

"Dernier verrou avant Goma"

Alors que la situation était calme depuis environ deux semaines, les combats ont repris à une trentaine de kilomètres au nord de Goma. Ils se sont déroulés autour des localités de Rugari et de Kimumba après que, selon le major Olivier Hamuli, porte-parole des FARDC dans le Nord-Kivu, les mutins du M23 ont attaqué les positions de l'armée. Des tirs de mortiers ont également été entendus par des témoins.

Le colonel Innocent Kayima, commandant des opérations dans ce secteur pour le M23, a confirmé les combats sans donner plus de précisions sur le nombre de blessés ou de tués. Selon des témoins, les forces gouvernementales auraient reculé jusqu'à environ un kilomètre de la ville de Kimumba, qualifiée de « dernier verrou avant Goma » par un diplomate. Si le M23 devait encore avancer, la situation des 10 000 réfugiés qui se trouvent à Goma deviendrait catastrophique.

Le M23 est formé principalement d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés à l'armée congolaise dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Le CNDP était soutenu par le Rwanda.

Depuis le mois de mai, les mutins s'opposent à l'armée congolaise dans l'est du Nord-Kivu. Ils ont leurs bases dans le parc national des Virunga, frontalier avec le Rwanda et l'Ouganda. Ils ont récemment pris plusieurs villes de la province dont le poste frontière de Rubagana.

Tensions RDC-Rwanda

Le mois dernier, le Rwanda a été accusé d'apporter son soutien actif aux mutins dans un rapport de l'ONU. Ces accusations ont notamment poussé son allié américain à lui suspendre son aide militaire pour cette année. Kigali dément aider la rébellion du M23 et accuse en retour la RDC de soutenir les rebelles hutus des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR), actives dans l'est de la RDC.

Les chefs d'État de RDC, Joseph kabila, et du Rwanda, Paul Kagamé, se sont récemment rencontrés à Addis-Abeba, lors du dernier sommet de l'Union africaine, et ont convenu de mettre en place une « force neutre » pour faire cesser les combats. Le gouvernement de RDC a depuis fait savoir que cette force pourrait être formée à partir de la force des Nations unies présente dans le pays.

Les chefs d'État de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), chargée de « travailler avec l'UA et l'ONU pour la mise en place immédiate d'une force internationale neutre pour éradiquer le M23, les FDLR et toutes autres forces négatives dans la région des Grands Lacs » doivent de nouveau se réunir, les 6 et 7 août à Kampala, pour préciser la composition et les modalités de déploiement de cette force.

(Avec AFP)

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