Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un rebelle syrien à Alep, le 23 juillet 2012.
© YouTube/AFP
Alors que l'armée de Bachar al-Assad multiplie les exactions à Damas, le gouvernement syrien a reconnu qu'il possédait des armes chimiques. Et affirmé qu'il n'hésiterait pas à s'en servir... seulement contre des troupes étrangères.
Ce sont des signaux légèrement contradictoires qui émanent du camp de Bachar al-Assad. Alors que Damas a une nouvelle fois rejeté une proposition arabe d'un départ négocié des Al-Assad, le président russe Vladimir Poutine, un allié de poids de Damas, a mis en garde contre une guerre civile de longue durée si le président syrien était destitué du pouvoir de manière « inconstitutionnelle ». Une formulation qui pourrait laisser penser que le départ d'Assad est une hypothèse sinon souhaitable du moins très envisageable du point de vue de Moscou. D'autant plus que l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, avait affirmé sur RFI le 20 juillet que Bachar al-Assad « acceptait de partir » mais « d'une façon civilisée ». Des propos cependant démentis par les autorités syriennes.
Mais la pression toute diplomatique de la Russie sur son allié syrien n'a visiblement pas encore porté ses fruits. Au contraire, Damas semble se radicaliser chaque jour davantage. À preuve, les récentes déclarations du porte-parole des Affaires étrangères syriennes, Jihad Makdessi, premier responsable syrien à reconnaître que son pays posséde un arsenal chimique. Lundi, il a prévenu lors d'une conférence de presse que ces armes non conventionnelles, interdites par les traités internationaux et « stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère » et « jamais, jamais, contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise ».
Condamnations internationales
Des propos qui ont fait bondir les responsables des pays occidentaux. Le président américain Barack Obama a parlé d'« erreur tragique » de la part du pouvoir syrien. De son côté, Berlin a qualifié la menace de « monstrueuse » tandis que Londres la jugeait « inacceptable ». Tel Aviv a simplement prévenu qu'elle ne pouvait pas « accepter » que des armes chimiques tombent aux mains du Hezbollah libanais, allié du régime syrien.
Sur le terrain, la situation n'est toujours pas décisive. Après le lancement des « batailles de libération » de Damas et d'Alep par la rébellion, le Conseil national syrien (CNS, opposition) a estimé que le régime « vacillait » mais « ne se rendra pas facilement ». Lundi, les violences ont encore fait au moins 54 morts à travers le pays.
Après une semaine de violents combats à Damas, des opposants de l'intérieur et les autorités ont affirmé que l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de la capitale. « Malheureusement, l'armée du régime a repris le contrôle de la quasi-totalité de la capitale », a affirmé l'un des opposants, qui notait que des accrochages se poursuivaient dans le sud de la ville.
La bataille d'Alep fait rage
Les exactions se sont multipliées avec au moins 23 personnes, en majorité âgés de moins de 30 ans, « exécutées sommairement » à Damas par balles dimanche par les forces régulières, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules ou les corps parfois transpercés par des baïonnettes.
À Alep, deuxième ville du pays dans le nord, les combats se poursuivaient lundi, avec un « grand mouvement d'exode ». En seize mois de révolte, les combats ont déjà coûté la vie à plus de 19 000 personnes, selon l'OSDH.
(Avec AFP)

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