Extension Factory Builder
24/07/2012 à 08:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un rebelle syrien à Alep, le 23 juillet 2012. Capture d'écran d'une vidéo YouTube montrant un rebelle syrien à Alep, le 23 juillet 2012. © YouTube/AFP

Alors que l'armée de Bachar al-Assad multiplie les exactions à Damas, le gouvernement syrien a reconnu qu'il possédait des armes chimiques. Et affirmé qu'il n'hésiterait pas à s'en servir... seulement contre des troupes étrangères.

Ce sont des signaux légèrement contradictoires qui émanent du camp de Bachar al-Assad. Alors que Damas a une nouvelle fois rejeté une proposition arabe d'un départ négocié des Al-Assad, le président russe Vladimir Poutine, un allié de poids de Damas, a mis en garde contre une guerre civile de longue durée si le président syrien était destitué du pouvoir de manière « inconstitutionnelle ». Une formulation qui pourrait laisser penser que le départ d'Assad est une hypothèse sinon souhaitable du moins très envisageable du point de vue de Moscou. D'autant plus que l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov, avait affirmé sur RFI le 20 juillet que Bachar al-Assad « acceptait de partir » mais « d'une façon civilisée ». Des propos cependant démentis par les autorités syriennes.

Mais la pression toute diplomatique de la Russie sur son allié syrien n'a visiblement pas encore porté ses fruits. Au contraire, Damas semble se radicaliser chaque jour davantage. À preuve, les récentes déclarations du porte-parole des Affaires étrangères syriennes, Jihad Makdessi, premier responsable syrien à reconnaître que son pays posséde un arsenal chimique. Lundi, il a prévenu lors d'une conférence de presse que ces armes non conventionnelles, interdites par les traités internationaux et « stockées et sécurisées sous la supervision des forces armées (...) ne seront utilisées qu'en cas d'agression étrangère » et « jamais, jamais, contre nos citoyens, quelle que soit l'évolution de la crise ».

Condamnations internationales

Des propos qui ont fait bondir les responsables des pays occidentaux. Le président américain Barack Obama a parlé d'« erreur tragique » de la part du pouvoir syrien. De son côté, Berlin a qualifié la menace de « monstrueuse » tandis que Londres la jugeait « inacceptable ». Tel Aviv a simplement prévenu qu'elle ne pouvait pas « accepter » que des armes chimiques tombent aux mains du Hezbollah libanais, allié du régime syrien.

Sur le terrain, la situation n'est toujours pas décisive. Après le lancement des « batailles de libération » de Damas et d'Alep par la rébellion, le Conseil national syrien (CNS, opposition) a estimé que le régime « vacillait » mais « ne se rendra pas facilement ». Lundi, les violences ont encore fait au moins 54 morts à travers le pays.

Après une semaine de violents combats à Damas, des opposants de l'intérieur et les autorités ont affirmé que l'armée avait repris le contrôle de la plus grande partie de la capitale. « Malheureusement, l'armée du régime a repris le contrôle de la quasi-totalité de la capitale », a affirmé l'un des opposants, qui notait que des accrochages se poursuivaient dans le sud de la ville.

La bataille d'Alep fait rage

Les exactions se sont multipliées avec au moins 23 personnes, en majorité âgés de moins de 30 ans, « exécutées sommairement » à Damas par balles dimanche par les forces régulières, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui décrit des victimes à la tête écrasée par des véhicules ou les corps parfois transpercés par des baïonnettes.

À Alep, deuxième ville du pays dans le nord, les combats se poursuivaient lundi, avec un « grand mouvement d'exode ». En seize mois de révolte, les combats ont déjà coûté la vie à plus de 19 000 personnes, selon l'OSDH.
(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Algérie : Jund al-Khilafah, des 'soldats' pas si inconnus

Algérie : Jund al-Khilafah, des "soldats" pas si inconnus

Qui sont les terroristes de Jund al-Khilafah, qui ont exécuté l'otage français Hervé Gourdel ? Leur chef, Abdelmalek Gouri, a fait allégeance à l'État islamique.[...]

Maroc : Jamal Benomar... militant un jour, militant toujours

Des rangs de l'extrême gauche marocaine au monde feutré de l'ONU en passant par Amnesty, l'envoyé spécial de Ban Ki-moon au Yémen n'a jamais transigé avec ses convictions.[...]

État islamique : plus de 200 jihadistes tués au cours des raids aériens de la coalition

Une semaine après le début des frappes aériennes de la coalition de Washington et ses alliés arabes contre l'État islamique en Syrie, un premier bilan fait état de plus de 200 morts[...]

Plus de 3 000 migrants ont péri en Méditerranée depuis début 2014

La traversée de la Méditerranée reste le voyage le plus meurtrier pour les migrants clandestins. Depuis début 2014, plus de 3 000 d'entre eux ont ainsi péri en chemin, selon l'Organisation [...]

Hajj : Ebola n'ébranle pas la foi

Malgré la fièvre qui sévit dans la région, nombreux sont les Ouest-Africains à emprunter la route de La Mecque. Reportage dans la capitale sénégalaise.[...]

Hajj : objectif sécurité

Le pèlerinage à La Mecque est un défi logistique, sécuritaire et sanitaire. Explications.[...]

Hajj : voyageurs pigeonnés

Les affaires du hajj se chiffrent en milliards de dollars, et l'odeur des billets verts attire bien des rapaces sans foi ni loi qui profitent allègrement de la piété, et souvent de la candeur des [...]

Arabie saoudite : l'or pieux du hajj

Début octobre, près de deux millions de pèlerins se rassembleront à La Mecque, en Arabie saoudite. Un devoir religieux devenu une véritable industrie touristique.[...]

Les États-Unis reconnaissent avoir "sous-estimé" l'État islamique

La Syrie est "Ground Zero pour les jihadistes à travers le monde", a déclaré dimanche le président américain, Barack Obama. Une situation que les États-Unis reconnaissent avoir[...]

État islamique : naissance d'un monstre de guerre (#2)

Comment la force de État islamique a-t-elle jailli du chaos en Irak et en Syrie ? Laurent Touchard* revient en deux billets sur la naissance d'une armée jihadiste assez puissante pour supplanter Al-Qaïda et[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers