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23/07/2012 à 09:30
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Le sommet de l'UA à Addis Adeba. Le sommet de l'UA à Addis Adeba. © AFP

Le sommet de l'Union africaine (UA), qui s'est tenu à Addis-Abeba les 19 et 20 juillet, a permis aux acteurs du continent d'harmoniser leurs positions au sujet de la situation malienne. Et d'esquisser des solutions pour une sortie de crise pacifique.

Faute d’avoir encore réussi à trouver les clés de la crise malienne, le sommet de l’Union africaine (UA, les 19 et 20 juillet à Addis Abeba) a au moins permis d’y voir plus clair sur les intentions des uns et des autres et d’harmoniser les positions. C’est Alassane Ouattara, président en exercice de la Cedeao, qui a animé la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CSP) de l’UA, qu’il préside également, le 14 juillet. Il s’était entretenu la veille avec Djibril Bassolé, le ministre des Affaires étrangères, grand artisan de la médiation burkinabè avec le président Blaise Compaoré. Le CSP a appelé à la formation d’un nouveau gouvernement d’ici le 31 juillet.

Un cabinet que l’on souhaite de large union autour des différentes forces politiques, des représentants de la société civile et d’une partie des forces occupantes au nord du pays à condition qu’elles s’engagent à respecter l’intégrité territoriale du pays et renoncent à la violence. « Il faut voir ce qui est récupérable, explique un ministre ouest-africain. Des émissaires du président burkinabè, notamment Mustapha Chafi et Gilbert Dienderé, tentent actuellement de les convaincre ». Des personnalités comme Mahmoud Dicko, president du Haut conseil islamique, peuvent aussi jouer un rôle dans la transition. La priorité est donc au dialogue : il faut ramener le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et Ansar Eddine « avec lesquels on peut discuter » dans le giron de l’Etat pour isoler les combattants d’Aqmi. Après sa déconvenue militaire, le MNLA semble enclin à négocier avec l’Etat et ne demande plus l’indépendance de l’Azawad.

Protection

La France, l’UA, la Cedeao et le médiateur œuvrent aussi à un retour rapide de Dioncounda Traoré, le président par intérim. Ally Coulibaly, ministre ivoirien de l’intégration africaine, et Djibril Bassolé lui ont rendu une visite de deux heures le 9 juillet, à son hôtel parisien. « Il va mieux et est prêt à rentrer pour jouer son rôle à condition que l'on sécurise son action », affirme le même ministre. Reste à déterminer qui assurera sa protection : une force nationale, régionale ou bien mixte.

A l’inverse, l’avenir du chef de gouvernement, Cheik Modibo Diarra, semble compromis. Très contesté par les responsables africains et occidentaux, il a aussi perdu des soutiens au sein de la junte. « Pas sûr que le capitaine Sanogo tienne à sauver la tête de son frère de Ségou, explique un diplomate de la région. Certes, Diarra lui doit sa nomination mais aujourd'hui, le chef de la junte est déçu. Il pensait qu'avec ses connections aux États-Unis et son carnet d'adresses, il pourrait faire plus. Cela lui plaisait aussi qu'il soit le gendre d'un militaire [Moussa Traoré, NDLR] ». Info ou intox ? Ce qui est sûr : Modibo Diarra compte bien rester à son poste. Dans son entourage, on affirme « faire tout son possible dans un contexte complexe et difficile ».

La Cedeao a aussi envoyé une mission technique au Mali, avec l’appui d’experts de l’UA et de l’Onu, qui a rendu récemment ses conclusions. L'armée malienne devrait être prochainement restructurée, afin de la rendre à nouveau opérationnelle au Nord, et sécuriser des villes comme Ségou, Mopti ou Nioro du Sahel afin de parer à toute tentative d’attaque. Les dirigeants africains ont également affirmé leur détermination à imposer des sanctions (gel des avoirs, interdiction de voyager) à l’encontre de tous qui « entraveront le bon déroulement de la transition ». Des personnalités civiles ou militaires comme le capitaine Sanogo ou le dirigeant politique Oumar Mariko sont dans le collimateur de la Cedeao qui soumettra sa liste à l’UA. Des sanctions néanmoins révocables si les acteurs jouent le jeu de la réconciliation nationale.

Réticences algériennes

Si le dialogue politique est privilégié, l’option militaire n’est pas écartée. « Une intervention d’une force de la Cedeao s’avère très risquée pour l’instant, explique le même diplomate. On essaye actuellement d’associer des pays du champ comme le Tchad et le Sénégal et on privilégie l’étude de frappes chirurgicales pour enrayer la menace terroriste ». Lors du huis-clos des chefs d’Etat, Jacob Zuma, le président sud-africain, a déploré l’action de l’Otan en Libye, à la base des problèmes actuels du Mali, alors qu’une médiation de l’UA était en cours. Plusieurs dirigeants ouest-africains, dont le Tchad et le Niger, ont demandé l’intervention de l’Otan au Mali.

>> Lire aussi l'interview du président tchadien Idriss déby Itno.

« Il faut aujourd’hui réparer les dégâts faits en Libye », a ajouté Zuma. Une résolution pourrait être présentée au Conseil de sécurité et les drones américains pourraient être utilisés. Reste aussi à convaincre l’Algérie hostile à toute ingérence occidentale dans le Sahel. Laurent Fabius, le patron du Quai d’Orsay, était à Alger la semaine dernière pour plaider auprès du président Bouteflika. « La solution du Mali est entre les mains des Maliens et la priorité au dialogue politique », a rappelé son homologue algérien, Mourad Medelci. Mais, il se murmure, qu’Alger se serait laissé convaincre d’une intervention en cas d’échec de la diplomatie…

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Par Pascal Airault et Anne Kappès Grangé





 

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