Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 juillet, quatre personnes ont été tuées à Duékoué. En représailles, des habitants de cette ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire s'en sont pris à un camp de déplacés.
C'est un braquage meurtrier, dans la nuit de jeudi à vendredi, qui serait à l'origine des violences qui ont eu lieu dans la ville de Duékoué, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Si aucun bilan n'est disponible dans l'immédiat, une source médicale sur place fait état de plusieurs dizaines de blessés.
L'attaque, qui a eu lieu dans le quartier Kôkôma de Duékoué, majoritairement malinké (ethnie du nord du pays), aurait coûté la vie à quatre personnes, selon plusieurs sources, locales et internationales. Pour se venger, des jeunes de Kôkôma, accompagnés de militaires des Forces républicaines (FRCI) et de dozos (chasseurs traditionnels) se sont rendus à l'entrée de la ville et ont pris d'assaut un camp de déplacés de Niambly, gardé par l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), où sont hébergés des autochtones guérés, réfugiés à la suite de la crise postélectorale de 2010-2011.
Selon plusieurs sources sécuritaires, les assaillants ont incendié le camp, après en avoir détruit l'entrée. Les violences qui ont suivi auraient fait plusieurs dizaines de blessés à l'arme blanche, a indiqué un membre du personnel de l'hôpital de Duékoué. L'attaque du camp a donné lieu à des scènes de panique, contraignant les gens à fuir. De nombreuses personnes se seraient réfugiées à l'hôpital, tandis que d'autres, selon des sources locales, cherchaient refuge à la mission catholique de Duékoué ou ailleurs dans la ville.
Un employé du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a affirmé entendre des coups de feu dans la matinée de vendredi. Du côté des FRCI, c'est la chasse aux responsable des quatre morts. « Nous n'avons pas encore mis la main sur eux », a affirmé un militaire.
Région instable
Un an après la crise postélectorale ivoirienne - qui de décembre 2010-avril 2011, a fait quelque 3 000 morts - l'incident rappelle que dans cette région la paix reste fragile. Les tensions ethniques entre Malinkés (considérés comme pro-Ouattara) et Guérés (considérés comme pro-Gbagbo) sur fond de conflit foncier en font la région la plus instable du pays.
Près de la frontière avec le Liberia, plusieurs attaques contre des villages ont fait début juin plus d'une vingtaine de morts, dont sept Casques bleus nigériens. S'en est suivi le déplacement de quelque 13 000 personnes. Alassane Ouattara avait alors accusé ouvertement les forces pro-Gbagbo basées au Liberia.
Ces tensions préoccupent l'ONU. Dans son dernier rapport du Conseil de sécurité, présenté cette semaine, l'Organisation a dit observer avec inquiétude la situation sécuritaire qui ne cesse de se dégrader dans l'Ouest.
(Avec AFP)

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