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20/07/2012 à 09:22
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Charles Taylors, le 30 mai 2012 à la Haye. Charles Taylors, le 30 mai 2012 à la Haye. © AFP

Condamné en mai à 50 ans de prison par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), l'ancien président du Liberia a fait appel, jeudi 19 juillet.

50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité : la condamnation de Charles Taylor, annoncé le 30 mai par le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone (TSSL), était lourde. Comme elle l’avait annoncé quelques jours après le verdict, la défense l'ex-président du Liberia a décidé, jeudi 19 juillet, de faire appel de cette condamnation.

« Charles Taylor demande respectueusement que la chambre d'appel inverse toutes les déclarations de culpabilité et les condamnations prononcées à son encontre et annule le verdict », indique la défense de l'ancien président dans une requête déposée mercredi et rendue publique par le TSSL. De son côté, le bureau du procureur a également fait appel.
La défense avait annoncé le 19 juin son intention de faire appel de la condamnation de Charles Taylor, 64 ans, reconnu coupable le 26 avril d'avoir soutenu, en échange de diamants, les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF) lors de la guerre civile en Sierra Leone. Ce conflit avait fait 120.000 morts entre 1991 et 2001.

La défense de Charles Taylor affirme notamment que les juges ont commis des erreurs de droit en se basant sur des « preuves par ouï-dire non corroborées ». D’après ses avocats, les juges n’auraient pas réussi à évaluer la crédibilité des sources de ces informations.

Cannibalisme et mutilations

L'accusation avait recommandé le 3 mai une peine de 80 ans de prison contre l’ancien président du Libéria, premier ex-chef d'État condamné par la justice internationale depuis le tribunal militaire de Nuremberg. Les juges avaient estimé cette sanction « excessive ».

Président du Liberia de 1997 à 2003, interpellé au Nigeria en 2006, Charles Taylor avait été reconnu coupable des onze chefs d'accusation de crimes contre l'humanité et crimes de guerre dont il devait répondre. Accusé notamment de viol, meurtre et pillage commis entre 1996 et 2002 en Sierra Leone, il avait plaidé non coupable.

Selon les juges, Charles Taylor avait « aidé et encouragé » une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, dont il voulait exploiter les nombreux diamants.

En échange de diamants, l'ancien président avait fourni armes et munitions aux rebelles sierra-léonais du RUF, jouant donc un rôle « crucial » dans les crimes commis par ces derniers. Cette guerre civile a en effet été marquée par des nombreux actes de cannibalisme et de mutilations.

En vertu d'un accord avec le TSSL, Charles Taylor doit purger sa peine en Grande-Bretagne. Ses avocats ont pourtant assuré qu'il resterait écroué à La Haye, jusqu'à ce que la procédure en appel soit achevée, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

Délocalisé de Freetown à La Haye en 2006 pour des raisons de sécurité, le procès de Charles Taylor, s'était ouvert le 4 juin 2007 et achevé le 11 mars 2011.

(Avec AFP)
 

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