Pour la CPI, Laurent Gbagbo pourrait bénéficier d'un réseau lui permettant de fuir la justice.
© Seyllou Diallo/AFP
Ses partisans y croyaient. Mais le miracle ne s’est pas produit. Laurent Gbagbo, 67 ans, restera en prison à Scheveningen, en proche banlieue de La Haye, jusqu’à son procès devant la CPI, qui le suspecte d’être co-auteur indirect de crimes contre l’humanité commis en Côte d'Ivoire.
C’est une ordonnance signée par la juge Sylvia Fernandez de Gurmendi et publiée jeudi 19 juillet sur le site internet de la Cour qui l’annonce. « Le juge unique rejette la requête de la défense demandant la mise en liberté provisoire », qui avait été déposée le 1er mai. L’argument des avocats de l’ancien président ivoirien n’a donc pas été entendu : ils affirmaient que sa libération lui permettrait de « récupérer physiquement et moralement, ce qui lui permettra d'être en forme pour participer à la procédure judiciaire ». La défense affirmait également - sans rire - que Laurent Gbagbo, dont les avoirs connus ont été gelés, n’avait pas les moyens financiers de prendre la fuite…
Cavale possible
La juge motive son rejet en estimant que la gravité des faits reprochés contre Laurent Gbagbo et la durée de la peine de prison encourue sont « une incitation à la fuite ». Elle souligne par ailleurs qu’il existe en Côte d’Ivoire « un réseau important et bien organisé de supporteurs politiques de Laurent Gbagbo », qui a également des « contacts politiques » à l'étranger. « Ce réseau de soutien a réussi à ce que plus de 140 000 appels téléphoniques soient adressés à la Cour sur une courte période en décembre 2011 », précise-t-elle. Il ne serait donc pas impossible à « Koudou », écroué à La Haye depuis novembre 2011, de se faire aider dans son éventuelle cavale. Il devra, en tout état de cause, se présenter le 13 août pour son audience de confirmation des charges qui pèsent contre lui.

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