Extension Factory Builder
18/07/2012 à 09:25
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Cheick Modibo Diarra et Blaise Compaoré, le 17 juillet 2012 à Ouagadougou. Cheick Modibo Diarra et Blaise Compaoré, le 17 juillet 2012 à Ouagadougou. © Ahmed Ouaba/AFP

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, s'est rendu chez le médiateur burkinabè, Blaise Compaoré, pour lui présenter sa feuille de route. Avec en perspective la formation d'un gouvernement d'union nationale à Bamako.

Avait-il besoin des pressions « amicales » de l'Union africaine et de la Cedeao pour accélérer le pas sur la voie de l'unité nationale ? Toujours est-il que le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, a fait une nouvelle fois le voyage de Ouagadougou, mardi 17 juillet, pour y présenter au président Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, sa feuille de route – exactement trois mois après sa nomination : il était temps.

Lundi, Diarra avait déjà promis dans une allocution télévisée un « cadre consultatif comprenant toutes les forces vives », premier pas vers la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Un nouvel exécutif vu avec suspicion à Kati, le QG de la junte malienne qui garde toujours les commandes à Bamako, après son coup d'État du 21 mars.

Cheick Modibo Diarra n'a plus le temps d'attendre. Il est très critiqué à l'étranger, mais aussi (en sourdine) par la plupart des forces politiques maliennes, pour n'avoir pas su imposer sa volonté au leader des putschistes, Amadou Haya Sanogo, qui reste très populaire et se fait construire dans son camp militaire une résidence fortifiée aux allures de palais présidentiel bis. Pendant ce temps, des soldats « incontrôlés » se livrent à toute sorte d'exactions, allant de du racket et de l'extorsion à l'agression de journalistes.

Deux missions principales

La feuille de route présentée à Blaise Compaoré détaille les différents objectifs du gouvernement en fonction de ses deux misions principales, à savoir « la gestion de la crise dans le Nord du Mali », occupé par des forces armées islamistes et/ou indépendantistes, et « l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques ».

La Cedeao est prête à envoyer quelque 3 000 hommes au Mali pour aider l'armée à reprendre le Nord, mais attend une demande formelle de Bamako ainsi qu'un mandat de l'ONU. L'organisation mondiale attend quant à elle un plan d'intervention très détaillé pour apporter sa caution à une intervention qui pourrait aggraver les difficultés des habitants et renforcer la popularité des groupes islamistes. Lesquels savent comment séduire les populations pauvres en leur apportant l'aide et le soutien que l'Etat, en 50 ans d'indépendance, ne leur a jamais réellement fourni.

Audit de l'armée malienne

Pour dresser ce plan détaillé, un « audit » est en cours de réalisation par des experts militaires de la Cedeao afin d'évaluer d'abord l'état de l'armée malienne. « Il va falloir que nous puissions écrire des requêtes très précises pour les Nations unies, l'Union africaine et la Cedeao », a expliqué le Premier ministre malien à Ouagadougou. Il a également affirmé, comme à Alger, que les autorités de transition restaient ouvertes « à la négociation » avec certains groupes armés non terroristes (c'est à dire Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l'Azawad, MNLA). Mais il a ajouté qu'elles préparaient aussi « minutieusement l'option militaire » par « une réorganisation de la chaîne de commandement » de l'armée, « l'équipement, la formation » et « la motivation » des soldats.

Reste la question du président de transition, Dioncounda Traoré, qui a été agressé à Bamako avec la complicité passive de soldats de la junte (voir la vidéo) et qui est depuis en exil médical à Paris. « Il a une irrésistible envie de rentrer au pays », a témoigné le Premier ministre qui l'a rencontré le week-end dernier à Paris, où il l'a trouvé « en excellente forme » et avec un « moral d'acier ». Aucune date pour son retour n'a cependant été fixée.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Nord-Mali : au moins 4 soldats de la Minusma tués dans l'explosion d'une mine

Nord-Mali : au moins 4 soldats de la Minusma tués dans l'explosion d'une mine

Le bilan provisoire de l'explosion d'une mine au passage d'un convoi de la Minusma mardi au nord de Kidal est d'au moins 4 morts et 15 blessés.[...]

Mali : réouverture des négociations d'Alger, à la recherche d'une "solution définitive" à la crise

Le gouvernement et des groupes armés maliens ont repris lundi les pourparlers d'Alger en vue de ramener la paix dans le nord du pays. Un deuxième round de discussions après la signature fin juillet d'une[...]

Mali : deux diplomates algériens libérés plus de 2 ans après leur rapt

Deux diplomates algériens enlevés en avril 2012 par un groupe islamiste armé au Mali ont été libérés samedi, ont annoncé les autorités algériennes en confirmant[...]

Mali : IBK ne veut plus de la médiation du Burkinabè Compaoré

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta soupçonne Blaise Compaoré de vouloir réintroduire dans le jeu Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Eddine.[...]

France - Libye : Sarkozy, Kadhafi et la piste malienne

Comme l'a révélé J.A. en exclusivité, les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de l'ex-président français en 2007 ont adressé une demande d'entraide[...]

Mali : les groupes armés du Nord veulent faire front commun face au gouvernement

Les six principaux groupes armés du Nord du Mali ont signé jeudi à Ouagadougou une déclaration commune censée mettre fin à leurs divisions. Ils entendent ainsi présenter un front[...]

Mali : les groupes armés du nord peaufinent leurs revendications à Ouagadougou

Les principaux mouvements armés du Nord du Mali sont réunis depuis mardi à Ouagadougou. Objectif : harmoniser leur plateforme de revendications avant un second round de négociations décisif avec[...]

Éthiopie : Hiroute Guebre Sellassie, une diplomate tout-terrain pour le Sahel

De Nouakchott à Niamey, le nouvel envoyé spécial de l'ONU se démène pour mobiliser chefs d'État et partenaires internationaux. Son nom ? Hiroute Guebre Sellassie.[...]

Mali : le Prytanée militaire de Kati, école d'excellence de l'armée

Sanogo, Dacko, Fané... Tous sortent du même moule : le Prytanée militaire de Kati. Un établissement d'excellence hérité de l'époque coloniale où l'on apprend[...]

Mali - Moctar Mariko : "Les libérations d'auteurs présumés de violences nous atterrent"

La libération, le 15 août dernier, de l'ancien juge islamique de Tombouctou - notamment responsable d'avoir fait pratiquer des amputations -, a suscité les protestations de l'Association malienne des droits de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex