Zine el-Abidine Ben Ali serait prêt, d’après son avocat libanais Me Azoury, à renoncer, au profit de la Tunisie, à tous ses potentiels avoirs en Suisse.
Dans un projet de lettre rédigée à l’attention du ministère suisse des Affaires étrangères, Me Akram Azoury, avocat de l’ancien président tunisien Ben Ali, déclare que son client est prêt à se désister « en faveur de l'État tunisien de tous prétendus avoirs ou ressources économiques qui se trouveraient sur le territoire suisse et revenant à l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali ».
Il indique que la Suisse est « irrévocablement » autorisée à les remettre à la Tunisie sans « aucune formalité judiciaire et extra-judiciaire et sans même en référer à mon client ». Ajoutant toutefois que Zine el Abidine Ben Ali ne reconnait pas pour autant l’existence de ces avoirs.
Me Azoury déclare que « le président Ben Ali dément toujours vigoureusement posséder des avoirs en dehors du territoire tunisien, ni en Suisse ni dans n'importe quel autre pays ».
Rached Ghannouchi, exilé pendant vingt ans sous Ben Ali, aujourd’hui à la tête du parti majoritaire Ennahdha, précise que ces déclarations ne permettront pas à l’ancien président d’échapper à la justice tunisienne qui ne manquera « de le juger pour tous ses crimes » après avoir rendu à son pays « l’argent qui a été volé et se trouve à l’étranger ».
48,7 millions d'euros
Dès octobre 2011, le pays avait indiqué le gel d’avoirs tunisiens d’un montant de 60 millions de francs suisses, soit 48,7 millions d’euros. Une délégation d’experts tunisiens avait, fin juin, rencontré à Berne et à Lausanne les responsables suisses chargés de ce dossier.
Les autorités suisses souhaitent quant à elles restituer le plus « rapidement possible » les avoirs détenus par Ben Ali et son entourage.
L’ancien président, exilé en Arabie Saoudite, a déjà été condamné par contumace par la justice tunisienne à la perpétuité pour complicité d’homicides volontaires ainsi que pour différents crimes économiques et financiers.
(Avec AFP)

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