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17/07/2012 à 10:24
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Laurent Fabius, à Alger, le 15 juillet 2012. Laurent Fabius, à Alger, le 15 juillet 2012. © AFP

Le ministre français des Affaires étrangères a estimé lundi 16 juillet avoir "pleinement atteint" son objectif de relance du "partenariat" franco-algérien, à l'issue d'une courte visite à Alger, la première d'un membre du nouveau gouvernement français.

Mission accomplie pour Laurent Fabius. Lundi, lors d'un point de presse concluant une visite d'un peu moins de 24 heures à Alger, le ministre des Affaires étrangères français ne cachait pas sa satisfaction. « L'objet de ma visite en Algérie, qui est la première d'un membre du nouveau gouvernement français, était de donner un nouvel élan au partenariat entre les deux pays », a-t-il déclaré.

« Cet objectif est pleinement atteint », s'est-il félicité. « J'ai senti qu'il y avait un nouvel état d'esprit dans nos relations et que nous allons pouvoir faire beaucoup de choses en commun », a ajouté Laurent Fabius, parlant d'un « partenariat de grande dimension » maintenant que le président François Hollande, très apprécié en Algérie, est aux commandes en France.

Les relations franco-algériennes, mais aussi les grands problèmes internationaux dont le Mali et la Syrie, ont été examinés depuis dimanche soir par Laurent Fabius et son homologue Mourad Medelci, puis lundi avec le président Abdelaziz Bouteflika durant deux heures et demie de discussions et de déjeuner.

Sur le Mali, Laurent Fabius a réitéré leur convergence de vues. « Nous voulons avoir un gouvernement qui ait une base constitutionnelle incontestée et large » incluant les populations du Nord et du Sud dans un Mali uni, a-t-il dit. Pour la France et l'Algérie, ainsi que de nombreux pays occidentaux et maghrébins, la situation dans le nord du pays sahélien est « préoccupante », en raison des mouvements islamistes actifs « extrêmement dangereux ».

D'après Laurent Fabius, qui était accompagné de l'envoyé spécial sur le Sahel, l'ambassadeur Jean-Félix Paganon, récemment venu à Alger, ces groupes islamistes devront être « traités par les moyens qui conviennent le moment venu ».

Paris voit en l'Algérie une capacité d'intervention militaire pour aider au rétablissement de l'autorité de Bamako dans le nord et neutraliser les islamistes. Sans rejeter une option militaire, Alger, consulté depuis des semaines par les Africains et les Occidentaux sur le Mali, campe pour l'heure sur l'option diplomatique.

Des lendemains qui chantent

Sur le Sahara Occidental, Paris soutient la position de l'Onu qui recherche une solution satisfaisante pour les Sahraouis, appuyés par Alger. Le Maroc occupe depuis 1975 cet ex-colonie espagnole. Le prédécesseur de Laurent Fabius, Alain Juppé, avait, en mars dernier, qualifié le plan d'autonomie marocain de « seule proposition réaliste ».

Paris est prêt à aider Rabat et Alger, qui ont maintenant des relations « apaisées » selon Mourad Medelci. De son côté, Laurent Fabius, a affirmé que la France était « favorable » à « tout ce qui pouvait rapprocher » ces deux pays. Pour la Syrie, le ministre français a exprimé sa crainte d'une confessionalisation de la guerre et souhaité qu'un nouveau régime « souhaitable » représente toutes les communautés, y compris les Alaouites du président Bachar al-Assad.

Sur le plan bilatéral, les projets se concrétisent avec les préparatifs d'un carnet de route prévisionnel pour la visite d'État de François Hollande avant la fin de l'année.

Dans le domaine des archives, Laurent Fabius a indiqué que « la partie française complètera le comité qui doit s'occuper de ce dossier afin que nous puissions avancer » sur le travail de mémoire, après 132 ans de colonisation française et une guerre de libération sanglante.

Sur le passé « douloureux » des deux pays, les échanges de messages entre les deux chefs d'État pour les 50 ans de l'Algérie le 5 juillet et le 14 juillet français ont mis l'accent sur l'avenir. « Les blessures qui ont résulté (de notre histoire commune) pour les Algériens sont profondes, mais nous voulons, comme vous, nous tourner vers le futur et essayer d'en faire un avenir de paix et de prospérité pour les jeunes de nos pays », écrivait Abdelaziz Bouteflika à son homologue français vendredi dernier.

(Avec AFP)

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