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15/07/2012 à 19h:58
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Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, à Addis Abeba le 14 juillet 2012. Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, à Addis Abeba le 14 juillet 2012. © Simon Maina/AFP

En prélude à la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l'Union africaine (UA), dimanche à Addis-Abeba, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) a tenu une réunion à huis-clos, le 14 juillet. Avec trois dossiers particulièrement brûlants à l’ordre du jour : le Mali, les Soudans et la Guinee-Bissau.

L'Union africaine s’est penchée sur la crise malienne, le 14 juillet à Addis-Abeba, à la veille du 19e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation. « La situation au Mali est l’une des plus graves » à laquelle est confrontée le continent, a déclaré Jean Ping, le président de la Commission de l’UA, en ouverture d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS).

« Sa persistance fait peser un réel danger sur la viabilité de l'État malien », a-t-il continué. L'Ivoirien Alassane Ouattara, qui préside pour un mois le CPS, a quant a lui affirmé que « l'objectif des groupes terroristes de créer dans le nord du Mali un sanctuaire et un centre de coordination pour les réseaux terroristes » constituait une menace pour la paix et la sécurité régionales. 

Sur la crise malienne, les dirigeants de la sous-région ont paru décidés à parler d’une seule voix.

Intégrité territoriale

Sur ce dossier, les dirigeants de la sous-région ont paru décidés à parler d’une seule voix. Ils sont certes toujours divisés sur l'opportunité d’une intervention militaire (l'Algérie, par exemple, veut privilégier la négociation), mais ils ont rappelé leur attachement a l'intégrité territoriale du Mali, dont le Nord est passé sous le contrôle de groupes islamistes armés, et réaffirmé leur rejet du terrorisme. Ces deux points-la, ont insisté les participants, ne sont pas négociables.

Ils ont souligné aussi la nécessité d’accompagner la transition à Bamako et appelé a la formation d’un gouvernement d’union nationale, endossant largement les recommandations formulées le week-end dernier a Ouagadougou par la Communaute économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Négociations en cours entre les Soudans

La situation entre les deux Soudans a également été abordée par le CPS, en présence des présidents Omar el-Bechir (Soudan) et Salva Kiir (Soudan du Sud). Jean Ping s’est réjoui de la reprise des discussions entre les deux parties, qui s'étaient violemment affrontées dans la région frontalière de Heglig, en avril dernier. Des négociations sont même en cours à Bahar Dar, une ville du nord ouest de l’Éthiopie, sous l'égide du médiateur de l’UA, l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a entériné la feuille de route de l’UA, a donné aux deux parties jusqu’au 2 août pour parvenir à un accord global.

Cette feuille de route doit permettre de régler les problèmes de sécurité, avec la mise en place d’une zone démilitarisée, de reprendre les discussions sur le tracé de la frontière commune ainsi que sur le statut des zones disputées comme Abyei et Heglig. Khartoum et Djouba doivent également se mettre d’accord sur le partage des ressources pétrolières. Pascal Airault, envoyé spécial.

Dans le rapport qu’il a présenté aux membres du CPS, Jean Ping a également condamné « les tentatives de certaines forces marginales au Mali visant à entraver le bon déroulement de la transition politique, ainsi que le déploiement des troupes de la Cedeao » – une allusion directe aux militaires putschistes du CNRDRE, le Comite national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'État, qui rechignent a quitter le devant de la scène.

À Ouagadougou, la Cedeao avait demande la mise en place d’un gouvernement d’union avant le 31 juillet. A-t-elle les moyens de faire respecter cette date-butoir ? « Oui, assure un diplomate. Nous étudions déjà la possibilité d’imposer des sanctions individuelles ou collectives contre tous ceux qui entraveraient la transition ». La Cedeao et l’UA sont en train de finaliser la liste des personnes susceptibles d'être concernées.

Fin juin, les violences dans le Nord-Mali avait déjà fait près de 160 000 déplacés internes, selon les chiffres de la Commission de l’UA. Plus de 180 000 personnes avaient également trouvé refuge en Algerie, en Mauritanie, au Burkina et au Niger.

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Par Anne Kappès-Grangé, envoyée speciale à Addis Abeba

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