L'ouverture, ce 16 juillet, du procès de Marafa Hamidou Yaya pose problème aux autorités camerounaises. Celles-ci redoutent que l'ancien ministre d'État chargé de l’Administration territoriale, qui convoite la succession de Paul Biya, n'utilise l'événement comme une tribune politique. Va-t-il faire des révélations explosives ?
Le procès de Marafa Hamidou Yaya, 61 ans, s’ouvre le 16 juillet à Yaoundé dans une atmosphère électrique. Les proches l’ancien ministre d'État chargé de l’Administration territoriale assurent qu’il ne refusera pas de se présenter devant les juges comme le craignent les autorités de Yaoundé. Poursuivi dans une affaire relative au détournement de l’argent public destiné à l’achat d’un avion présidentiel (Affaire Albatros), l’ancien dignitaire, incarcéré depuis le 16 avril, a refusé à plusieurs reprises de rencontrer Pascal Magnaguemabe, le juge d’instruction en charge du dossier.
Le prévenu a d’ailleurs introduit une demande de récusation visant ce magistrat dont il doute de l’impartialité. Les deux hommes seraient en conflit depuis que l’ancien ministre aurait repoussé une offre « d’arrangement » proposée par le magistrat instructeur. En 2010 déjà, c’est le même juge qui avait demandé le retrait du passeport de Marafa, alors que ce dernier était encore membre du gouvernement. Il n’empêche, la demande de récusation a été rejetée et le juge a poursuivi ses enquêtes jusqu’au bout.
Lettres ouvertes
Ces péripéties judiciaires prennent une dimension particulières au regard des implications politiques du dossier. L’ancien pilier du régime de Yaoundé, qui ne cache pas son ambition de briguer la présidence de la République après Paul Biya, a publié deux lettres ouvertes adressées au chef de l'État et une troisième aux Camerounais, dont le contenu jette une lumière inédite sur la réalité des coulisses du très secret palais d’Etoudi.
Marafa clame son innocence et, prenant l’opinion publique à témoin, se considère comme la victime d’une vindicte politicienne, dénonce les travers du régime Biya et pourfend la corruption de certains de ses anciens collègues ministres. Un pavé dans la marre du gouvernement : Marafa révèle notamment le détournement de 32 milliards de F CFA destinés à l’indemnisation des 71 victimes du crash d’un avion de la défunte Cameroon Airlines, survenu en 1995 près de l’aéroport de Douala. Le prévenu pointe l’implication de personnalités encore en responsabilité au plus haut niveau de l'État, leur déniant ainsi toute légitimité pour le juger.
________
Par Georges Dougueli

Tunisie : un mort et des blessés lors de heurts entre salafistes et policiers à Tunis
L'armée nigériane ratisse des quartiers islamistes de Maiduguri
Algérie : un patron de presse accusé d'atteinte à la sécurité de l'État







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Le ministre algérien de l'Energie et des Mines, Yousef Yousfi, en avril 2000 au Caire
Carte localisant Kairouan où les militants salafistes jihadistes organisent un congrès, dimanche
La police tunisienne tire des gaz lacrymogènes lors de heurts avec des salafistes, le 19 mai 2013 à Ettadhamen, à l'ouest de Tunis
Le Premier ministre tunisien Ali Larayedh, le 12 mars 2013 Ã Tunis
La police tunisienne lors de heurts avec des salafistes à Ettadhamen, à l'ouest de Tunis, le 19 mai 2013
Des mineurs assistent à une réunion syndicale de l'Union des mineurs (AMCU) lors d'une grève, le 15 mai 2013 à Marikana
Le président égyptien Mohamed Morsi, le 16 septembre 2012 au Caire
Des policiers tunisiens affrontent des partisans du mouvement salafiste jihadiste Ansar Ashariaa, le 19 mai 2013 à Cité Ettadhamen











