Extension Factory Builder
14/07/2012 à 11:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Les déclarations de Marafa Hamidou Yaya à son procès sont attendues avec impatience. Les déclarations de Marafa Hamidou Yaya à son procès sont attendues avec impatience. © D.R.

L'ouverture, ce 16 juillet, du procès de Marafa Hamidou Yaya pose problème aux autorités camerounaises. Celles-ci redoutent que l'ancien ministre d'État chargé de l’Administration territoriale, qui convoite la succession de Paul Biya, n'utilise l'événement comme une tribune politique. Va-t-il faire des révélations explosives ?

Le procès de Marafa Hamidou Yaya, 61 ans, s’ouvre le 16 juillet à Yaoundé dans une atmosphère électrique. Les proches l’ancien ministre d'État chargé de l’Administration territoriale assurent qu’il ne refusera pas de se présenter devant les juges comme le craignent les autorités de Yaoundé. Poursuivi dans une affaire relative au détournement de l’argent public destiné à l’achat d’un avion présidentiel (Affaire Albatros), l’ancien dignitaire, incarcéré depuis le 16 avril, a refusé à plusieurs reprises de rencontrer Pascal Magnaguemabe, le juge d’instruction en charge du dossier.

Le prévenu a d’ailleurs introduit une demande de récusation visant ce magistrat dont il doute de l’impartialité. Les deux hommes seraient en conflit depuis que l’ancien ministre aurait repoussé une offre « d’arrangement » proposée par le magistrat instructeur. En 2010 déjà, c’est le même juge qui avait demandé le retrait du passeport de Marafa, alors que ce dernier était encore membre du gouvernement. Il n’empêche, la demande de récusation a été rejetée et le juge a poursuivi ses enquêtes jusqu’au bout.

Lettres ouvertes

Ces péripéties judiciaires prennent une dimension particulières au regard des implications politiques du dossier. L’ancien pilier du régime de Yaoundé, qui ne cache pas son ambition de briguer la présidence de la République après Paul Biya, a publié deux lettres ouvertes adressées au chef de l'État et une troisième aux Camerounais, dont le contenu jette une lumière inédite sur la réalité des coulisses du très secret palais d’Etoudi.

Marafa clame son innocence et, prenant l’opinion publique à témoin, se considère comme la victime d’une vindicte politicienne, dénonce les travers du régime Biya et pourfend la corruption de certains de ses anciens collègues ministres. Un pavé dans la marre du gouvernement :  Marafa révèle notamment le détournement de 32 milliards de F CFA destinés à l’indemnisation des 71 victimes du crash d’un avion de la défunte Cameroon Airlines, survenu en 1995 près de l’aéroport de Douala. Le prévenu pointe l’implication de personnalités encore en responsabilité au plus haut niveau de l'État, leur déniant ainsi toute légitimité pour le juger.

________

Par Georges Dougueli

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Cameroun

Cameroun : prison express pour Bapès Bapès

Cameroun : prison express pour Bapès Bapès

Vingt-quatre heures. C'est le temps passé par Louis Bapès Bapès, ministre des Enseignements secondaires, derrière les barreaux avant de reprendre son travail comme si de rien n'était. Cou[...]

"Le Christ selon l'Afrique" : et il est comment le dernier Calixthe Beyala ?

Calixthe Beyala a au moins un talent : celui de faire croire à ses lecteurs occidentaux que l'Afrique n'est autre qu'une terre miséreuse victime de son passé et de la mondialisation. Une image[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Éric Jennings : "L'Afrique a financé la résistance française"

Sans l'engagement d'une partie du continent, de Gaulle aurait-il pu vaincre l'Allemagne nazie ? Pas sûr. C'est ce que démontre l'historien dans un ouvrage fort documenté, fruit d'une large enquête[...]

Cameroun : Henri Ewelé débarqué de la direction de Chanas

Le conseil d’administration de l'assureur camerounais Chanas Assurances vient de relever Henri Ewelé de son poste de directeur général. Il a été remplacé par Albert Pamsy, sept mois[...]

Alice Nkom : "L'homosexualité n'est pas importée, c'est sa répression qui l'est !"

L'avocate camerounaise Alice Nkom s'attaque, depuis plus de dix ans, à l'article 347 bis, pénalisant l'homosexualité au Cameroun. Farouche militante des droits de l'homme, elle a accepté de partager[...]

Sommet UE-Afrique : un visiteur nommé Claude Guéant

Mais à quels dirigeant(s) africain(s) Claude Guéant a-t-il rendu visite à Bruxelles ? Une piste au moins se dessine.[...]

Enlèvements au Cameroun : les forces de sécurité ratissent le terrain

Les forces de sécurité camerounaises ratissaient dimanche la région où deux prêtres italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés dans la nuit de vendredi à[...]

Deux prêtres italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés au Cameroun

Deux prêtres italiens et une soeur canadienne ont été enlevés au nord du Cameroun, a indiqué samedi à l'AFP le ministère des Affaires étrangères qui a mis sur pied [...]

Vidéo - Mondial 2014 : des rappeurs tournent un clip de soutien aux Lions indomptables

Le Mondial 2014 au Brésil approche à grands pas. Au Cameroun, la scène urbaine chante déjà à l'unisson "Allez les lions ! ".[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces