Extension Factory Builder
13/07/2012 à 18:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La junte malienne commet de plus en plus d'exactions contre les civils, mais reste populaire. La junte malienne commet de plus en plus d'exactions contre les civils, mais reste populaire. © Reuters

Les agressions dont sont victimes les journalistes maliens de la part de militaires présumés sont en augmentation et suscitent l'inquiétude à Bamako, où les droits de l'homme ont considérablement régréssé depuis le coup d'État du 22 mars. La profession prévoit une journée d'action, le 17 juillet.

« Ça ne peut pas continuer comme ça et nous nous sommes rencontrés pour déterminer la marche à suivre ». Makan Koné, président de la Maison de la presse de Bamako est accablé. Tout comme les professionnels maliens de l'information. « Peu importe les opinions que chacun défend. Chaque journaliste doit pouvoir travailler en toute sérénité, sur tous les sujets ».

Le 12 juillet, l’ agression de Saouti Labass Haïdara, 62 ans, l’un des journalistes les plus respectés de sa profession, fait déborder le vase. Peu après 21 heures, une demi-douzaine d'hommes en armes débarquent au siège de L'Indépendant, le quotidien dont il est directeur de publication, et l'embarquent de force dans leur pick-up. Emmené loin de la capitale, il est roué de coups, puis abandonné par ses agresseurs. Bilan de l'agression ? Un bras cassé, l'autre contusionné et plusieurs points de suture à la tête.

Bien que les agresseurs aient arboré des tenues civiles, il ne fait aucun doute, pour les journalistes qui ont assisté à l’enlèvement, qu'il s'agissait de militaires. « En ce moment, à Bamako, aucun civil armé jusqu'aux dents ne peut se ballader dans les rues », assure l’un des témoins de la scène. Les journalistes sont à bout, d’autant que ce n'est pas la première fois qu'un des leurs est agressé.

Encagoulé et roué de coups

Le 2 juillet, Abderhamane Keïta, directeur de la rédaction du journal L'Aurore, est enlevé, encagoulé et roué de coups par des individus armés. À cela, il faut ajouter les interrogatoires auxquels sont soumis les journalistes. Le 16 mai, le même Saouti Haïdara avait été questionné dans les locaux de la Sécurité d'État, puis relâché au bout de deux heures, une semaine après son confrère du Prétoire, Birama Fall. L'éditorialiste du quotidien Le 22 septembre, Chahana Takiou, a lui aussi passé un moment délicat à la Sécurité militaire.

Ce 13 juillet, les principales organisations des médias se sont réunies à la Maison de la presse de Bamako : l 'Association des éditeurs de la presse privée (ASEPP), l'Union des radios et télévisions libres (Urtel), le Groupement patronal de la presse écrite (Groupe) et l'Organisation des jeunes reporters du Mali (OJRM). Ils sont bien décidés à manifester leur mécontentement. Une marche de protestation est fixée au 17 juillet. Marche dont le point de départ sera le siège du journal L'Indépendant, à destination de la Primature. Les hommes – et femmes de médias – ont également décrété que le 17 juillet serait « un jour sans presse », pour « interpeller tous les Maliens sur les dangers qui pèsent sur la profession », martèle Makan Koné.

________

Par Malika Groga-Bada

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Soumaïla Cissé : 'IBK n'a pas de feuille de route' pour le Mali

Soumaïla Cissé : "IBK n'a pas de feuille de route" pour le Mali

Réconciliation, sécurité, justice... Soucieux de ne pas "hurler avec les loups", l'opposant numéro un à Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé, n'en a pas moins[...]

À l'ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec[...]

Mali : accusé de complicité d'assassinat, Sanogo encourt la peine de mort

Le général putschiste Amadou Haya Sanogo a vu les accusations le visant s'alourdir. En plus de complicité d'enlèvement, il doit répondre depuis le 22 avril du chef de complicité[...]

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Nommé le 5 avril, le nouveau chef du gouvernement n'a que 39 ans.[...]

Mali : Gilbert Rodrigues Leal, questions sur une mort présumée

Entre la communication tardive des jihadistes et ce que savaient les autorités françaises depuis décembre 2013, plusieurs points d'interrogations entourent l'annonce de la mort de l'otage français[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Mali : les cinq humanitaires capturés en février ont été libérés par l'armée française

Les cinq humanitaires maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali, capturés le 8 février ont été libérés jeudi par l'armée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces