Extension Factory Builder
13/07/2012 à 17:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président tunisien Moncef Marzouki. Le président tunisien Moncef Marzouki. © AFP

Le président tunisien a assuré, dans un entretien accordé à l'AFP, que les institutions de son pays n'étaient pas menacées par les islamistes extrémistes.

Le salafisme est « une nuisance, mais ce n'est pas une force de nuisance capable de mettre en danger la république ». Le président tunisien, Moncef Marzouki, a affirmé à l'AFP que son pays n'était pas menacé par un islamisme extrémiste, soulignant par ailleurs que le pouvoir n'était pas tenu par les seuls islamistes d'Ennahdha mais partagé avec des partis de centre-gauche.

« Quand les salafistes ont voulu mettre un peu le feu aux poudres en prétextant une insulte à la religion, en fin de compte ils ont reculé car ils ont compris que l'ensemble des forces sécuritaires sont absolument déterminées à frapper un grand coup »,assure marzouki. L'opposant historique à Ben Ali, exilé de nombreuses années en France, faisait référence à l'attaque d'une exposition d'art qui a provoqué des débordements et un couvre-feu en juin. Selon lui, il s'agit avant tout de jeunes de « la frange la plus pauvre » de la société. « C'est la misère sordide qui crée de tels comportements », assure-t-il.

Marzouki a aussi tenu à marteler que la Tunisie n'était pas dirigée par les islamistes d'Ennahdha, parti majoritaire allié à deux mouvements de centre-gauche, le Congrès pour la République qu'il dirige (CPR) et Ettakatol. « L'affirmation que la Tunisie est gouvernée par des islamistes est une aberration. La Tunisie est gouvernée par une coalition (...) où les partenaires laïques ont autant de poids que le partenaire islamiste », a-t-il assuré.

"Je n'ai pas vendu mon âme au diable"

« Ennahdha, ce sont des gens que nous avons d'une certaine façon convertis, entre guillemets, à la démocratie dans les années 1980 et 1990 », a-t-il expliqué, voyant dans ce parti l'équivalent d'un « parti chrétien-démocrate en Europe ». De nombreux analystes considèrent cette coalition comme inégale et dominée par Ennahdha, et l'opposition craint une dérive hégémonique islamiste bien que ce parti multiplie les assurances sur son caractère républicain. Le président a aussi affirmé ne pas avoir « vendu (son) âme au diable » (sic), saluant une « expérience unique dans le monde arabe » pour « éviter la confrontation idéologique ».

Marzouki affirme avoir mis sa "démission en jeu" dans l'affaire Mahmoudi.

Il a souligné qu'Ennahdha s'était ré-engagé au respect des droits de l'Homme, de la femme et des libertés après la crise politique provoquée fin juin par l'extradition de l'ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi. Cette décision avait été prise par le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, sans l'aval de la présidence. « Cette coalition a failli exploser justement parce qu'il y a eu manquement à l'un des accords principaux : on ne touche pas aux droits de l'Homme », a-t-il dit, affirmant avoir mis sa « démission en jeu ». « J'ai reçu toutes sortes de garanties de la part d'Ennahdha et du Premier ministre », a encore assuré Moncef Marzouki.

Critiques

"Je me réjouis d'être caricaturé car cela montre que nous ne sommes plus en dictature", dit Marzouki.

Par ailleurs, au moment où le gouvernement est accusé de vouloir contrôler les médias, le président a balayé ces reproches, y voyant « une preuve de mauvaise foi extraordinaire. (...) Jamais de toute l'histoire de la Tunisie, la presse n'a été aussi libre », a-t-il dit, le gouvernement est « en permanence attaqué, vilipendé ». Ces critiques sont la preuve que la « Tunisie est un vrai pays démocratique » et même les insultes envers Moncef Marzouki, nombreuses sur internet en particulier, sont « un signe de bonne santé », selon lui. « Même si les caricatures sont parfois injustes (...), je me réjouis d'être caricaturé car cela montre que nous ne sommes plus en dictature », a-t-il dit.

Enfin, sur le plan institutionnel, le président s'est dit sûr qu'un compromis sur la future Constitution serait trouvé pour que des élections aient lieu au printemps 2013, alors que Ennahdha insiste sur un parlementarisme pur et que ses alliés veulent un régime mixte. « Ennahdha fonctionne dans le consensus (...) j'imagine que la sagesse politique leur commandera de négocier un régime qui sera semi-parlementaire, semi-présidentiel », a-t-il dit.

Moncef Marzouki, qui se rend en France du 17 au 19 juillet, a souligné que cette visite visait à « effacer » des tensions, la France ayant eu une attitude équivoque lors de la révolution de 2011 qui a renversé le régime de Ben Ali. Avec l'arrivée à la présidence de François Hollande, « l'atmosphère psychologique est nettement meilleure », a-t-il dit.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

La Tunisie à la pointe de la chirurgie modifiant la couleur des yeux

La Tunisie à la pointe de la chirurgie modifiant la couleur des yeux

Changer la couleur de ses yeux, ce serait aussi simple qu'un coup de bistouri ? C'est ce que vante BrightOcular, une méthode américaine dont la Tunisie est devenu un eldorado alors qu'elle reste interdite aux &Eac[...]

Présidentielle tunisienne : Marzouki et Essebsi polémiquent au sujet de la Constitution

Les quelques lignes adressées par Mohamed Moncef Marzouki, le président sortant, à son rival Béji Caïd Essebsi, chef du parti majoritaire à la nouvelle Assemblée, pour lui demander[...]

Tunisie : Ennahdha protège ses arrières

Alors qu'un second tour de la présidentielle doit encore être organisé en décembre, les négociations ont déjà commencé entre Nidaa Tounès et Ennahdha pour la formation[...]

Présidentielle tunisienne : l'Isie annonce un second tour entre Essebsi (39,46 %) et Marzouki (33,43 %)

L'Instance supérieure indépendante pour les élections en Tunisie (Isie) a rendu public mardi les résultats provisoires (hors recours) du premier tour de la présidentielle organisée le 23[...]

Tunisie : la dernière marche

Les Tunisiens nous étonnent chaque jour un peu plus. De tous les peuples arabes, ils sont ceux qui ont fait montre de la plus grande maturité, malgré de vives inquiétudes après le[...]

Présidentielle tunisienne : vers un second tour Essebsi - Marzouki

Le premier tour de la présidentielle tunisienne s'est tenu dimanche avec un taux de participation d'environ 64 %. Selon les premières estimations à la sortie des urnes, Béji Caïd Essebsi devance[...]

Tunisie : faible participation à la présidentielle

À la mi-journée, le taux de participation à la présidentielle tunisienne était de 11,85 %. Un faible intérêt de la population pour le scrutin, qui ne lui enlève pas son[...]

Tunisie : ouverture des bureaux de vote pour une présidentielle historique

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dimanche en Tunisie pour la première présidentielle libre de son histoire, près de quatre ans après la révolution de janvier 2011 qui lança le[...]

Une Tunisienne remporte le concours "Miss monde Muslimah" en Indonésie

Une informaticienne tunisienne, Fatma Ben Guefrache, a remporté vendredi en Indonésie l'élection de "Miss monde Muslimah", présentée comme une riposte aux concours de beauté[...]

La Tunisie vote pour sa première présidentielle de l'après-révolution

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle pluraliste et espère franchir sans accroc cette nouvelle étape de sa transition vers la démocratie, jusqu'ici[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces