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13/07/2012 à 16:29
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Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Kouadio Ahoussou, le 19 juin 2012 à Washington. Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Kouadio Ahoussou, le 19 juin 2012 à Washington. © AFP

Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Kouadio Ahoussou, a reçu les dirigeants du parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI).

Relancer le processus de réconciliation après le récent regain de tensions. Voilà l'objectif de la rencontre qui s'est tenue, vendredi 13 juillet, entre le Premier ministre ivoirien, Jeannot Kouadio Ahoussou, et les dirigeants du Front populaire ivoirien (FPI).

Accompagné du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, M. Ahoussou a accueilli vers 10h00 (locales et GMT), une délégation du FPI conduite par le président du parti par intérim, Sylvain Miaka Oureto. Le pouvoir et le FPI étaient représentés chacun par sept personnes. Il s'agit de la première rencontre officielle entre le gouvernement et le parti du président déchu depuis le fort regain de tensions au cours du mois de juin.

Des attaques dans le Sud-Ouest avaient coûté la vie à plus d'une vingtaine de personnes, dont sept Casques bleus nigériens de l'Opération des Nations unies dans le pays (Onuci). Quelques jours plus tard, les autorités avaient affirmé avoir déjoué en mars un projet de putsch. Dans les deux cas le pouvoir a accusé des pro-Gbagbo, s'attirant un virulent démenti du FPI.

Dialogue "direct"

Malgré plusieurs rendez-vous entre les anciens ennemis, la réconciliation nationale ne s'est jamais vraiment concrétisée depuis la fin de la crise de décembre 2010-avril 2011. Le conflit était né du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, face à Alassane Outtara, et avait fait quelque 3 000 morts, selon l'ONU. L'ex-chef de l'État est incarcéré depuis novembre 2011 à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI). La juridiction internationale le soupçonne d'être « coauteur indirect » de crimes contre l'humanité. L'audience de confirmation des charges pesant sur lui est prévue le 13 août.

Fin avril, le gouvernement avait rencontré l'opposition à Grand-Bassam, près d'Abidjan, afin de relancer le « dialogue républicain ». Le FPI avait choisi de n'y assister qu'en qualité d'« observateur » et le communiqué final, instituant un « cadre permanent de dialogue », n'avait été paraphé que par de petites formations pro-Gbagbo.

Le FPI veut un « dialogue direct » avec le pouvoir et martèle sans relâche ses exigences, à commencer par la libération de ses cadres emprisonnés. La plupart de ses barons sont détenus depuis la fin de la crise dans le nord du pays et poursuivis pour « crimes de sang », « atteinte à la sûreté de l'Etat », « crimes économiques », voire pire.

Huit inculpés de "génocide"

Huit d'entre eux, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo et l'ancien président du FPI, Pascal Affi N'Guessan, sont en effet inculpés depuis peu de « génocide ». Ce chef d'accusation - « fantaisiste » selon la défense - a surpris, alors que le président Ouattara lui-même, en visite d'État en France en janvier, avait affirmé que grâce à l'intervention militaire française « un génocide pire qu'au Rwanda » avait pu être évité durant la crise.

Le conflit armé s'était achevé le 11 avril 2011 avec l'arrestation de Laurent Gbagbo après deux semaines de combats, remportés par les forces pro-Ouattara avec l'appui décisif de la force française Licorne et de l'Onuci.

Depuis le transfert de l'ancien président à La Haye, la CPI n'a annoncé aucun autre mandat d'arrêt. Dans un entretien diffusé le 8 juillet sur Radio France Internationale (RFI), le président de l'Assemblée nationale et ex-Premier ministre, Guillaume Soro, a affirmé que trois autres mandats avaient été émis, contre Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé, l'ex-chef des « jeunes patriotes » pro-Gbagbo, et le général Brunot Dogbo Blé, ancien patron de la Garde républicaine. La CPI n'a voulu faire aucun commentaire.

Alors que le régime est accusé de pratiquer une « justice des vainqueurs » par le camp Gbagbo, soupçonné quant à lui d'avoir des velléités de revanche, le président de la Commission Vérité, dialogue et réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, n'a pas la tâche facile. L'ancien Premier ministre, dont la commission demeure peu visible et audible, a dû cette semaine se rendre à l'évidence, lors d'une interview à la radio Onuci-FM : « les esprits ont recommencé à se réarmer ».

(Avec AFP)

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