Extension Factory Builder
13/07/2012 à 09:14
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Cheick Modibo Diarra, Premier ministre malien de la transition. Cheick Modibo Diarra, Premier ministre malien de la transition. © AFP

Lors d'une visite au Niger, le Premier ministre malien de la transition a appelé au dialogue entre les différentes parties prêtes à combattre les islamistes dans le nord du Mali.

L'heure est au rassemblement des forces face aux islamistes. Jeudi 12 juillet, lors d'une visite au Niger voisin, le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra a souhaité qu'un dialogue s'ouvre « très rapidement » avec ceux qui étaient prêts à « combattre le terrorisme » dans le nord du pays.

Dans le même temps, un haut responsable du ministère de la Justice a annoncé que le Mali allait saisir la Cour pénale internationale (CPI) « la semaine prochaine » pour les « atrocités » commises par les groupes armés qui occupent le nord du pays.

« Nous sommes prêts à commencer le dialogue avec nos frères maliens qui se trouvent sur le terrain aux côtés ou opposés aux gens d'Aqmi » (Al-Qaïda au Maghreb islamique), a déclaré Cheick Modibo Diarra à l'issue d'un entretien avec le chef de l'État nigérien Mahamadou Issoufou. Il a souhaité que « ce dialogue puisse commencer très rapidement et nous permette de combattre le terrorisme, qui non seulement a atteint le Mali mais qui menace toute la sous-région ».

À la faveur d'un coup d'État à Bamako, le nord du Mali est tombé fin mars aux mains des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et surtout entre celles des groupes islamistes d'Ansar Eddine, du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et de leur allié Aqmi.

Mercredi, les islamistes ont chassé le MNLA de son dernier bastion et sont désormais les maîtres de toutes les grandes villes du Nord.

Recnontre avec le colonel Gamou

Le chef du gouvernement malien a indiqué avoir discuté avec Mahamadou Issoufou de la nécessité de « mobiliser » les voisins du Mali, l'Afrique et la communauté internationale « pour venir nous aider à regagner l'intégrité territoriale du Mali ». Il a également remercié pour sa « solidarité fraternelle » le Niger, qui accueille actuellement « plus de 65.000 » réfugiés maliens. « Nous avons aussi des militaires maliens qui sont là », a-t-il souligné, en référence à plus de 400 soldats maliens cantonnés depuis début mai près de Niamey, après avoir fuit face aux rebelles du Nord-Mali.

Cheick Modibo Diarra s'est rendu dans la matinée sur ce site et a rencontré la troupe et son chef, le colonel Alaji Ag Gamou. En présence de journalistes, le Premier ministre a lancé à ces militaires : « votre nation compte sur vous » pour relever le « défi » de la reconquête du Nord. « Je viens (...) vous remercier de tout ce que vos avez consenti jusqu'à ce jour et de tout ce que vous êtes prêts à consentir pour libérer notre république, regagner son intégrité territoriale », a-t-il déclaré.

« La troupe malienne qui est là au Niger a le moral. Ils sont vraiment prêts à exécuter toutes les missions qui peuvent (leur) être confiées », a répondu le colonel Gamou. « En termes d'opération, il y a des choses qui ne se disent pas, mais dans tous les cas, on est en train de se préparer, on finira quand même par retourner chez nous », a-t-il ajouté.

Selon les observateurs, une éventuelle opération de l'armée malienne dans le Nord devrait s'appuyer sur les hommes du colonel Gamou, qui était un pilier du dispositif militaire dans cette région. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) prépare l'envoi éventuel d'une force militaire pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord. Cette option est fortement soutenue par Niamey et nécessite l'aval de l'ONU ainsi qu'une demande formelle de Bamako. Elle poursuit cependant des discussions avec des groupes armés sous l'égide de la médiation burkinabè.

Visite à Dakar

Après Niamey, Cheick Modibo Diarra est arrivé jeudi soir à Dakar. Il doit présenter au président sénégalais Macky Sall « la réalité de la situation au Mali en matière institutionnelle ainsi que les efforts en cours pour la reconquête du nord du pays ».

Au cours des dernières semaines, le premier ministre malien de la transition s'est notamment rendu en Algérie, au Maroc, en Mauritanie et en France.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé jeudi que l'usage de la force dans le nord du Mali était probable « à un moment ou à un autre » et que, pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de ses alliés, la France était « l'ennemi principal ».

Le ministre a cependant ajouté, au cours d'une rencontre avec la presse diplomatique, que « la France, pour des raisons évidentes, ne peut pas être en première ligne » dans une intervention militaire.

Quant au président des États-Unis, Barack Obama, il a débloqué 10 millions de dollars pour venir en aide aux réfugiés et déplacés dans le nord du Mali. Il s'est également dit « profondément » inquièt de la situation dans cette région.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
La croissance marocaine à 3% ?

Article pr�c�dent :
Mali : Alger joue la carte MNLA

Réagir à cet article

Mali

Ebola : trois choses à savoir sur la tournée de Ban Ki-moon en Afrique de l'Ouest

Ebola : trois choses à savoir sur la tournée de Ban Ki-moon en Afrique de l'Ouest

Ban Ki-moon a annoncé mercredi à New York qu'il se rendra à partir du 18 décembre en Afrique de l'Ouest. Une tournée dans les pays qui ont été touchés par le virus Ebola. Pou[...]

Mali : IBK assume la libération de quatre jihadistes

Très critiqué dans son pays pour avoir ordonné la libération de quatre jihadistes afin d’obtenir celle de l’otage français Serge Lazarevic le 9 décembre, Ibrahim Boubacar[...]

Mali - France : Lazarevic et Sofara

Un Français vaut-il plus qu'un Malien ? Certains jugeront la question déplacée. Elle mérite pourtant qu'on s'y arrête au vu des circonstances qui ont mené à la[...]

Jean-Yves Le Drian : "Au Mali comme en Centrafrique, l'heure de vérité approche"

Un an après le déclenchement de l'opération Sangaris, et deux ans après celui de l'opération Barkhane, le ministre français de la Défense affiche ses objectifs : des[...]

Paris veut un accord de paix au Mali en janvier

Paris souhaite que les négociations de paix maliennes entre Bamako et les groupes armés du Nord, sous médiation algérienne, aboutissent en janvier, a déclaré le ministre français de[...]

Sahel : Lazarevic pense avoir été capturé pour une rançon et nie être un mercenaire

L'ex-otage français Serge Lazarevic, libéré mardi après plus de trois ans de captivité au Sahel, a estimé dimanche, dans le journal de 20 heures de France 2, que ses ravisseurs l'avaient[...]

Mali : le Tunisien Mongi Hamdi nommé à la tête de la Minusma

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, remplace le Néerlandais Bert Koenders à la tête de la Minusma, a annoncé vendredi un communiqué des Nations unies.  [...]

Le Mali confirme que des jihadistes ont été libérés en échange de l'ex-otage français Lazarevic

Plusieurs prisonniers détenus à Bamako ont bien été libérés en échange de l'ex-otage français Serge Lazarevic, a confirmé vendredi le ministre malien de la Justice,[...]

Mali : vers un accord de paix définitif ?

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) paraît peu enclin à signer le projet d'accord de paix proposé par la médiation algérienne. Bamako compte sur Rabat pour convaincre le[...]

Mali : la mort d'Ahmed el-Tilemsi, un coup dur pour le Mujao et Belmokhtar

Ahmed el-Tilemsi, l'un des principaux chefs jihadistes de la bande sahélo-saharienne, a été tué dans un raid mené par les militaires français dans le nord du Mali. Pour Paris, il s'agit[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers