Extension Factory Builder
12/07/2012 à 18:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi le 12 juillet 2012 à Tunis. Le chef d'Ennahda Rached Ghannouchi le 12 juillet 2012 à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

Les ténors d’Ennahdha, parti islamiste au pouvoir, ont appelé au consensus lors d’un congrès historique, le 12 juillet.

Le discours se veut conciliateur, alors que l’opposition laïque craint une dérive autoritaire d’Ennahdha, mouvement politique islamiste qui se dit pourtant modéré. « Ce congrès est celui de l’union du peuple tunisien. Nous sommes un peuple uni », a ainsi déclaré le chef du parti, Rached Ghannouchi, devant une vaste foule de partisans.

« Je veux rassurer le peuple, le pays est entre de bonnes mains », a ajouté le leader historique du premier parti islamiste tunisien, lors de l’ouverture du congrès de son parti, qui se tient jusqu’à dimanche dans la banlieue de Tunis.

Faisant référence aux tensions entre Ennahdha et deux partis du centre gauche, le Congrès pour la république et Ettakatol, Rached Ghannouchi a également indiqué que les crises secouant la Tunisie et la coalition au pouvoir étaient « normales » après une révolution.

De son côté, Mustapha Ben Jaafar, président de l’assemblée nationale constituante a pour sa part appelé à combattre toute forme de dictature, notamment celle fondée sur le religieux. « Il faut affronter la dictature qu’elle soit au nom de la religion ou de la modernité » a-t-il ainsi expliqué avant de préciser : « notre réussite est liée à notre capacité à préserver l’esprit de consensus. » Le chef du parti d’Ettakatol a également appelé à « un régime républicain civil pour instaurer un état moderne qui préserve l’identité du peuple arabo-musulman. »

Le Premier ministre Hamadi Jabali, issu d’Ennahdha, a lui aussi promis un « engagement pour la démocratie et les droits de l’homme », avant d’estimer qu’il fallait « renforcer le critère civique (d’Ennahdha) et son attachement à la liberté, aux acquis de la société et à la défense de l’identité et de la référence islamique. »

Ennahdha dans le viseur

Des discours qui n’empêchent pas l’opposition de craindre une dérive autoritaire du premier parti islamiste de Tunisie, surtout après la décision du gouvernement d’extrader l’ancien Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, malgré l’opposition du président Moncef Marzouki. Le gouvernement a également été accusé par l’instance en charge de la réforme du secteur des médias « d’user d’outils de désinformation et de censure.» Enfin, Ennahda a aussi été critiqué pour son manque de fermeté à l’égard de la mouvance salafiste, responsable de plusieurs coups d’éclats lors de ces derniers mois.

Toujours est-il qu’Ennahda reste la principale force politique du pays, après avoir été réprimé pendant plusieurs années par le dictateur déchu Zine el Abidine Ben Ali. Le parti s’attendait à recevoir entre 25 000 et 30 000 participants lors de ce qui peut être vu comme le premier congrès public organisé depuis 1988.

Vendredi et Samedi, les quelques mille délégués doivent débattre de motions dont le contenu n’a pas encore été transmis à la presse. Dimanche, ils se prononceront sur ces textes qui détermineront la stratégie politique du parti, sa position sur ses alliances, son orientation sur les questions de société et sur l’organisation interne du parti. Un défi se pose cependant au congrès : il devra concilier les positions des modérés et des radicaux qui font  partie d’Ennahda.

Les délégués seront également chargés d’élire la nouvelle direction du mouvement, qui, sauf surprise, devrait garder Ghannouchi à sa tête.

Des invités de marque sont par ailleurs présents au Congrès, comme le chef du mouvement islamiste palestinien Khaled Mechaal, chaleureusement accueilli par le slogan « Le peuple veut libérer la Palestine. » Les militants ont aussi lancé des appels au départ du président Bachar al-Assad, criant "Bachar, dégage" en soutien à la révolte réprimée dans le sang en Syrie.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Mehdi Jomâa : 'Redresser l'État tunisien est une obligation'

Mehdi Jomâa : "Redresser l'État tunisien est une obligation"

Alors qu'il achève une tournée diplomatique visant à mobiliser les partenaires de la Tunisie pour la sortir du marasme, le Premier ministre Mehdi Jomâa s'est livré à "Jeune Afrique&quo[...]

Racisme : en Tunisie, Slah Mosbah ne veut plus être "le Noir de service"

Le chanteur Slah Mosbah, l'un des plus populaires de Tunisie, ne veut plus être "le Noir de service" qui cache une forêt de préjugés. À 55 ans, il songe même à[...]

Le groupe jihadiste qui a enlevé les diplomates tunisiens en Libye diffuse une vidéo

Mohamed Ben Cheikh, employé de l'ambassade de Tunisie en Libye, avait été enlevé le 21 mars à Tripoli. Un mois plus tard, un groupe jihadiste a publié une vidéo dans laquelle[...]

Tunisie - Star Wars : Dark Vador SDF ?

Le site de Onk el-Jmel, qui a servi de décor au tournage de Star Wars, est menacé par le sable. Les fans de la saga vont-ils se mobiliser pour le sauver ?[...]

Tunisie : Moncef Marzouki va baisser son salaire des deux tiers

Moncef Marzouki a annoncé vendredi son intention de baisser son salaire des deux tiers.[...]

Vidéos - Football : les stades les plus chauds du continent

De Casablanca à Johannesburg en passant par Kumasi (Ghana), "Jeune Afrique" vous présente quelque-uns des stades de football les plus chauds du continent. Frissons garantis.[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Libye : un diplomate tunisien enlevé à Tripoli

Un diplomate tunisien a été enlevé jeudi à Tripoli, selon une source des services de sécurité.[...]

La Tunisie nomme quatre nouveaux ambassadeurs

Sans attendre le traditionnel mouvement diplomatique de l'été, quatre nouveaux ambassadeurs de Tunisie vont être nommés.[...]

Tunisiens noirs et mauvais oeil

Maha Abdelhamid est militante tunisienne, cofondatrice de l'Association de défense des droits des Noirs.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces