Extension Factory Builder
12/07/2012 à 16:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Un enfant accompagnant des membres d'Ansar Eddine, dans une rue de Tombouctou. Un enfant accompagnant des membres d'Ansar Eddine, dans une rue de Tombouctou. © AFP

Ils sont soldats, chauffeurs ou simples petites mains… Depuis le mois de mars, de nombreux enfants sont enrôlés par les groupes islamistes armés qui contrôlent le nord du Mali.

« On les voit passer dans les pick-up des "barbus". Certains sont très jeunes et ont déjà une mitrailleuse dans les mains. » Joint par téléphone, Hallé Ousmane, le maire de Tombouctou, est inquiet. Depuis le début du conflit dans le Nord-Mali, de nombreux enfants de la région sont recrutés par les groupes islamistes d’Ansar Eddine et du Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), mais aussi par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

D’après un rapport de l’Unicef publié vendredi 6 juillet, 175 garçons, âgés de 12 à 15 ans, font partie de ces différents groupes armés. En interne, on reconnaît que cette estimation manque de précision. L’Unicef ne peut plus se rendre dans le nord du pays et récolte ses informations grâce aux différents témoins encore présents sur place. La situation pourrait donc être bien pire. Une source humanitaire, contactée par Jeune Afrique, évoque pour sa part plus de 1 000 enfants enrôlés, un chiffre bien-sûr invérifiable.

La séduction par l'argent

D’après cette dernière source, les djihadistes ne font pas de recrutements forcés et violents. Ils sont discrets et attirent les enfants en leur faisant de « belles » promesses. « Ils leur proposent de l’argent, de la nourriture, des portables, des vélos, des motos et pleins d’autres choses... Pour ces gamins qui n’ont plus rien, c’est difficile de résister à la tentation », déplore-t-elle. Certains iraient de leur plein gré, d’autres seraient poussés par leurs familles. « C’est pas étonnant, s’énerve Hallé Ousmane. À Tombouctou, il n’y a plus rien : plus d’activité économique, plus de travail, et les prix de la nourriture ne cessent d’augmenter. »

Après avoir été recrutés, les enfants sont souvent éloignés de leur village d’origine. « Une fois partis, ils sont totalement coupés de leur entourage et de leurs amis, poursuit le maire de la Ville aux 333 saints. Et quand ils repassent chez eux, ils ne saluent même plus les gens qu’ils connaissent ».

Enfants-soldats

Les jeunes servent d’espions, de chauffeurs, ou encore d’hommes à tout faire. Si certains sont « seulement » porteurs d’armes, d’autres sont des soldats à part entière. D’après plusieurs témoins, plusieurs enfants d’à peine 15 ans auraient ainsi combattu lors des récents affrontements entre Touaregs et islamistes à Gao.

Habillés à l’afghane ou en treillis, les jeunes recrues seraient formées dans des camps d’entraînements djihadistes éparpillés à travers la région. D’après une source locale, au moins trois camps ont été repérés à Kidal, Gao et Mopti. Les nouveaux arrivants y apprennent le maniement des armes et suivent un entraînement physique, tout en étant abreuvés en permanence par les discours radicaux des islamistes. Contrôlés par des cadres d’Ansar Eddine et du Mujao, ces camps seraient en partie animés par des formateurs afghans et pakistanais.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers