Extension Factory Builder
11/07/2012 à 19:54
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Bien que critiqué, Rached Ghannouchi reste la figure centrale d'Ennahdha. Bien que critiqué, Rached Ghannouchi reste la figure centrale d'Ennahdha. © Lionel Bonaventure/AFP

Le parti islamiste au pouvoir en Tunisie, Ennahdha, tient son premier congrès hors de clandestinité, du 12 au 15 juillet à Tunis. L'occasion de clarifier sa ligne politique et son projet de société pour le pays.

Du 12 au 15 juillet, l’attention du tout Tunis politique et intellectuel ainsi que celle des mouvements islamistes du monde entier sera tournée vers le 9e Congrès du parti Ennahdha (la renaissance, en arabe). Près de 30 000 personnes sont attendues au Palais des expositions du Kram, le plus grand espace public de Tunisie après les stades olympiques. Outre les 1 103 représentants du parti, plus de 200 leaders venus des pays arabo-musulmans y assisteront, dont Khaled Mechaal, le président du bureau exécutif du mouvement islamiste palestinien Hamas et le président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Mustapha Abdeljalil.

Pour Ennahda, vainqueur en octobre 2011 des élections à la Constituante avec 1,5 millions de voix, cette grand messe est l’occasion de démontrer sa popularité. Abdelfatah Mourou, un des fondateurs du parti dont on annonce une reprise de fonction au bureau exécutif après une longue bouderie, prédit que « le congrès sera plus une fête qu’une évaluation ». La mise en scène de la puissance d’Ennahdha pourrait aussi lui permettre de faire oublier les nombreuses dissenssions qui la minent. Mais aussi les critiques qui l'assaillent : avec 40 % des sièges à l’Assemblée Constituante, le parti dirige de fait le pays, touché par une profonde crise socio-économique et où le mécontentement est généralisé.

Différents courants

Ennahdha, qui a déjà tenu huit congrès dans la clandestinité, s’apprête donc à exposer au grand jour les différents courants qui la traversent. Elle devrait aussi clarifier sa position vis-à-vis des mouvements salafistes les plus radicaux qu’on lui reproche, au mieux, de ménager, au pire, de soutenir discrètement. On sait déjà que les « ultras » du parti, tels Sadok Chourou et Ridha Ellouze, comptent bien exprimer haut et fort leur vision de l’islam politique et son application en Tunisie…

Pour les commentateurs de la presse tunisienne, le congrès d’Ennahdha semble avoir surtout comme objectif de vendre à l’opinion tunisienne et internationale un projet de « démocratie halal ». De fait, les travaux des représentants du parti porteront essentiellement sur la conception d’un nouvel État pour la Tunisie et sur la nature du système politique à donner au pays. Une question d’actualité, à l’heure où Ennahdha cherche à imposer un régime parlementaire dans la future Constitution, alors que la majorité de l’Assemblée penche plutôt pour un régime semi-présidentiel, par crainte de la mainmise du Parlement sur le gouvernement.

Le rôle de Ghannouchi

Le congrès abordera ensuite les questions du dialogue national, de la stratégie d’alliances politiques pour les dix prochaines années et celle des nouvelles bases juridiques du parti. Ennahdha veut revoir ses statuts et son règlement intérieur, entre autres pour définir le cadre de ses relations internationales, notamment avec les Frères musulmans égyptiens.

Dans une formation qui est passée de l’exil et de la clandestinité à la pratique du pouvoir en quelques mois, Rached Gahnnouchi reste la figure qui fédère le mieux le mouvement. Ainsi, bien qu’il ait affirmé vouloir se retirer de la présidence du parti, le leader historique sera vraisemblablement reconduit à son poste, au moins temporairement. Respecté par la base du parti et ses fidèles, il est cependant critiqué par les fondamentalistes, qui veulent une application immédiate et sans condition de la charia, mais aussi par les plus modérés qui souhaitent qu’il tranche, enfin, la question salafiste

_______

Par Frida Dahmani, à Tunis

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : la demi-surprise du chef

Tunisie : la demi-surprise du chef

En désignant Habib Essid, un technocrate indépendant, au poste de Premier ministre, le président se prémunit contre l'accusation de monopolisation du pouvoir par un seul parti.[...]

Internet, mobiles, SMS : quand nos États misent sur la censure

En réponse aux dernières manifestations en RDC, le gouvernement congolais a censuré Internet et SMS. Un classique : avant lui, de nombreux gouvernements du continent avait utilisé le même[...]

Tunisie : pourquoi le Sud a choisi Marzouki à la présidentielle

Négligés depuis l'indépendance par le pouvoir central, les électeurs tunisiens du Sud ont massivement voté pour le président sortant, perçu comme l'homme de la vraie rupture[...]

Tunisie : "Si Béji" et les bajboujettes

Le tout nouveau président tunisien, appelé affectueusement Bajbouj, doit aux femmes sa victoire à la présidentielle. Et qu'un électorat féminin porte un candidat à la[...]

Tunisie : Maison de l'image et espace d'expressions

Comment filmer, photographier et dire la Tunisie d'aujourd'hui ? Olfa Feki, architecte, et Wassim Ghozlani, photographe, viennent de créer dans ce but la Maison de l'image.[...]

La Tunisie lève un milliard de dollars sur les marchés internationaux

La Tunisie a obtenu le 27 janvier un milliard de dollars sur les marchés internationaux, davantage que les 750 millions prévus. La demande a atteint 4,3 milliards.[...]

CAN 2015 : La RD Congo rejoint sur le fil la Tunisie en quarts !

Longtemps éliminés, les Congolais qui ont égalisé grâce à Bokila face à la Tunisie (1-1) rejoignent leur adversaire du soir en quarts de finale de la CAN 2015. Le Cap-Vert et la[...]

Tunisie : report du vote de confiance au gouvernement de Habib Essid

À peine formé, le gouvernement proposé par le nouveau chef de l’exécutif, Habib Essid, suscite de vives critiques. Au point que le vote de confiance à l’Assemblée des[...]

Gouvernement tunisien : pourquoi Afek Tounes a jeté l'éponge

Le parti tunisien Afek Tounes déplore la méthode de négociation quelque peu expéditive du Premier ministre désigné, Habib Essid, pour la formation de son gouvernement.[...]

Terrorisme : Al-Qaïda, Daesh, même jihad

Ennemies au Moyen-Orient, les deux grandes mouvances de l'islamisme radical ont tendance à s'imbriquer à mesure que l'on s'éloigne du foyer syro-irakien.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120711193217 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20120711193217 from 172.16.0.100