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11/07/2012 à 18:11
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Des piétons dans une rue de Tombouctou. Des piétons dans une rue de Tombouctou. © AFP

Des membres de la communauté arabe de Tombouctou ont annoncé la création d'une "brigade de vigilance". Objectif : empêcher la destruction des mausolées de la ville mythique par les islamistes d'Ansar Eddine.

Cela suffira-t-il à stopper les destructions de mausolées ? Pas sûr... Mercredi 11 juillet, des membres de la communauté arabe de Tombouctou ont annoncé avoir mis en place une « brigade de vigilance » pour empêcher de nouvelles exactions culturelles de la part des groupes islamistes qui contrôlent la ville.

« Nous avons aujourd'hui une brigade de vigilance pour que personne ne touche aux mausolées de Araouane et de Gasser-Cheick [deux localités de la région de Tombouctou, NDLR]. Nous sommes armés et il y a le nombre de personnes qu'il faut », a affirmé Tahel Ould Sidy, chef de cette « brigade de vigilance ». « Nous n'allons pas laisser les gens qui ne connaissent rien à l'islam venir détruire nos trésors. Moi, j'ai étudié en Mauritanie et en Arabie saoudite. Personne ne nous dit dans le Coran qu'il faut casser des mausolées », a-t-il ajouté.

Les hommes d'Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam, en arabe) sont maîtres de Tombouctou depuis plus de trois mois. Alliés aux islamistes du Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) et à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ils ont détruit mardi deux mausolées situés dans l'enceinte de la plus grande mosquée de la ville, Djingareyber. Un monument qui fait partie des trésors de Tombouctou, classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Les islamistes ont promis de détruire tous les mausolées de la région, mais mercredi, aucune destruction n'a été constatée.« Dans la nuit de mardi à mercredi, les islamistes ont rapidement reconstruit une partie du mur de la grande mosquée, tombé quand ils détruisaient les deux mausolées », a déclaré un témoin. « Après, ils ont recouvert de cendre la tombe des saints musulmans dont les mausolées ont été détruits », a-t-il ajouté.

Indignation

Du 30 juin au 2 juillet, Ansar Eddine a détruit sept des seize mausolées de Tombouctou et brisé la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia, provoquant l'indignation au Mali et à l'étranger.

Les trois villes et régions administratives du nord du Mali, Tombouctou, Gao et Kidal, qui représentent plus de la moitié du territoire malien, sont occupées depuis la fin de mars et le début d'avril par les islamistes armés. Ils ont évincé la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) de la région et entendent imposer la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

L'organisation Médecins sans Frontières a assuré mercredi dans un communiqué qu'elle maintenait sa présence « dans l'hôpital de Tombouctou depuis la mi-avril (...) malgré la tension latente qui règne dans la ville. » Ses équipes assurent « les soins médicaux pour les populations de la ville et des alentours », bien que, « depuis quelques jours, les mouvements de voiture (soient) contrôlés ».

(Avec AFP)

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