La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a ordonné mardi 10 juillet la suspension du décret émis par le président égyptien Mohamed Morsi. Elle maintient sa position et réclame que sa précédente décision invalidant les élections et déclarant le Parlement illégal, "soit appliquée".
Le lutte entre le président égyptien Mohamed Morsi et la Haute cour constitutionnelle (HCC), autour du rétablissement du Parlement, se poursuit. « La cour a ordonné la suspension du décret » ordonnant la reprise des activités du parlement égyptien, a indiqué une source judiciaire mardi 10 juillet. Émis dimanche par le président Mohamed Morsi, il annulait un précédent décret adopté par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui avait prononcé la dissolution du Parlement en raison d'un vice dans la loi électorale.
Selon la source judiciaire, « la cour a ordonné que sa précédente décision (invalidant les élections et déclarant le Parlement illégal, NDLR) soit appliquée ». La HCC a assuré qu'elle « n'était partie prenante dans aucune lutte politique » et que sa mission était de « protéger » la Constitution. Elle est néanmoins accusée par plusieurs groupes et hommes politiques de prendre fait et cause pour l’armée.
Une décision "politique"
Les avocats de Mohamed Morsi ont ainsi immédiatement dénoncé une décision « politique », disant craindre qu'elle ne complique encore la crise dans le pays. « Ce jugement est nul et non avenu », a notamment déclaré l'un d'eux, Abdel Moneim Abdel Makssoud, devant la presse.
La décision de la HCC intervient alors que l’Assemblée, dominée par les Frères musulmans, s’est réunie mardi. À l'ouverture de cette cession, le président de la chambre basse, le Frère musulman Saad al-Katatni, avait assuré que le Parlement ne contrevenait pas à la loi en siégeant malgré le décret de l’armée. La position de Saad al- Katatni est conforme à celle de la présidence égyptienne, pour qui le décret de Mohammed Morsi « ne contredit ni ne contrevient » au premier jugement de la HCC car ce dernier peut ne pas être « immédiatement » appliqué. Le président de la chambre basse a indiqué dans un communiqué que le Parlement avait renvoyé l'affaire de l'invalidation de la chambre basse devant la Cour de Cassation.
Des milliers de personnes se sont réunies mardi sur la place Al-Tahrir, au Caire, pour manifester leur soutien à Mohamed Morsi et scander des slogans hostiles à l'armée. L'armée qui, de son côté, a appelé lundi au respect de « la loi et de la Constitution ».
Rencontre Morsi-Clinton
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, qui doit rencontrer le président égyptien Morsi ce week-end, a réclamé un « dialogue intensif entre tous les protagonistes » en Égypte. De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui a rencontré Mohamed Morsi mardi, s'est dit confiant dans les capacités de l'Égypte à surmonter cette crise.
« J'ai l'impression qu'une solution peut être trouvée », a-t-il dit. « Il n'y a toujours pas de garantie que le chemin vers la démocratie sera couronné de succès mais nous voulons faire ce que nous pouvons pour assurer son succès ».
(Avec AFP)

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