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05/07/2012 à 18:42
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La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Mme Mushikiwabo est une fervente adepte de Twitter. La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Mme Mushikiwabo est une fervente adepte de Twitter. © Reuters

Déjà très actif sur Twitter, le personnel politique rwandais mène un intense lobbying pour faire valoir la position de Kigali sur le différend qui l'oppose à la RDC à propos de la rébellion dans le Nord-Kivu.

L’image d’un pays sur les réseaux sociaux est-elle si importante aujourd’hui que les responsables politiques investissent en masse la Toile pour prêcher la bonne parole ? Si la pratique n’est pas encore répandue sur l’ensemble du continent, il semble que ce soit le cas au Rwanda, où presque tous les membres du gouvernement sont actifs sur Twitter. Et alors que l’image de Kigali est sérieusement écornée par les accusations de l’ONU sur son soutien présumé à la rébellion dans le Nord-Kivu, ministres et diplomates gazouillent avec vigueur.

Récemment leur présence sur le réseau social s'est intensifiée et ils réagissent systématiquement aux messages des journalistes, observateurs du conflit, et autres membres d’ONG congolaises. C’est le cas de la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui, répond quotidiennement aux internautes, s’efforce de démentir les accusations contre le Rwanda.

"Publier, d’abord par des fuites, un rapport accusant le Rwanda sans la moindre mise en perspective est à la fois innaceptable et irresponsable."

Olivier Nduhungirehe, diplomate membre de la mission permanente du Rwanda aux Nations unies, est l’un des responsables rwandais les plus actifs depuis les premières fuites du rapport de l’ONU, à la fin de mai. Multipliant les messages de 140 caractères maximum, il participe chaque jour à de longs débats sur la crise en République démocratique du Congo (RDC). « Twitter est un outil très important et très efficace dans la communication », confie-t-il. Et s’il assure que « tweeter ne fait pas partie de (ses) attributions professionnelles », le diplomate explique que l’actualité l’a poussé à devenir très prolixe.

Formidable outil de communication, Twitter permet d’échanger et de faire passer des idées « d’une manière efficace, peu coûteuse, facile d’accès et sans avoir recours aux médias traditionnels », estime Phil Quin, consultant en communication pour le gouvernement rwandais. Un outil particulièrement utile pour le pays des Mille collines, surtout en période de crise avec la RDC, dont « la couverture médiatique est particulièrement déplorable, unilatérale et simpliste », regrette Phil Quin.


Bien qu'en grande partie conjoncturelle, cette agitation numérique s’inscrit dans la volonté affichée du gouvernement rwandais d’investir les réseaux sociaux, et Twitter en particulier. On savait déjà le président Paul Kagamé grand fan du site de microblogging. Le gouvernement a visiblement suivi l'exemple. « Tous les responsables politiques sont encouragés à l’utiliser », confirme Olivier Ndhuhungirehe. « Le Premier ministre et d’autres ministres y organisent même régulièrement des questions-réponses », poursuit-il.

Une présence sur la blogosphère qui n'est guère étonnante au regard des efforts déployés par les autorités pour maîtriser l’image du pays. Et qui répond également à l’activité croissante des Rwandais sur Twitter. Selon Joël Ndoli Pierre, analyste en communication au sein du gouvernement, le site de microblogging est même devenu la référence en termes d’information à l'occasion de certaines affaires médiatiques, comme les révélations du juge français Marc Trévidic sur l'attentat qui a coûté la vie à l’ancien président Habyarimana, ou le procès du présumé criminel de guerre rwandais Léon Mugesera. « La clôture des juridictions Gacaca a généré 5 millions de mentions en une seule journée », ajoute-t-il.

La crise en RDC, et les réactions patriotiques qu’elle suscite au sein de la population rwandaise, ne fait que confirmer cette activité débordante. Parallèlement aux personnalités politiques, de nombreux utilisateurs anonymes se mêlent à ces discussions animées avec ferveur, interpellant journalistes, chercheurs et citoyens congolais. Le ton est, on l’imagine, parfois peu diplomatique !


 

"Si vous voulez débattre des questions congolaises et rwandaises, pas d'insulte ou d'attaque ad hominen. Auquel cas, je ne réponds pas."

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