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04/07/2012 à 18:55
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Dioncounda Traoré était à Paris depuis la fin de mai pour des soins médicaux. Dioncounda Traoré était à Paris depuis la fin de mai pour des soins médicaux. © AFP

Un sit-in de quelque 2 000 Maliens s'est tenu à Bamako pour réclamer des armes ou une action de l'armée pour libérer le nord du pays occupé par des islamistes. Le président Dioncounda Traoré est quant à lui attendu dès jeudi à Ouagadougou pour un mini-sommet de la Cedeao, dont le but est de favoriser la constitution d'un gouvernement d'union nationale au Mali.

La jeunesse malienne est impatiente d’en découdre avec les islamistes qui contrôlent presque entièrement le nord du pays : Ansar Eddine, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Des manifestants ont ainsi exprimé leur colère dans les rues de Bamako, mercredi, réclamant des armes pour « libérer » leur pays. « Si l'armée ne veut pas faire la guerre, qu'on nous donne les moyens de libérer nos terres ! », a lancé Oumar Maïga, un responsable des jeunes du Collectif des ressortissants du Nord (Coren), à l’origine du mouvement de protestation.

Le sit-in organisé a regroupé environ 2 000 personnes sous la pluie, autour du monument de l'Indépendance, dans le centre-ville de la capitale malienne. Objectif du mouvement : lancer « un message fort aux autorités, pour qu'elles sauvent le Mali et le tissu social qui est fortement entamé. Les discours, les voyages ne vont pas résoudre les problèmes du Mali, il faut des actions concrètes », a déclaré Fatoumata Maïga, présidente d'une ONG féminine malienne pour la paix.

Le président Traoré au Burkina pour le mini-sommet de la Cedeao

En France depuis fin mai pour des soins suite à son agression à Bamako, le président malien par intérim Dioncounda Traoré devrait arriver jeudi à Ouagadougou pour participer à un sommet ouest-africain sur la transition au Mali, avant de retourner à Paris. « Le président Dioncounda Traoré arrive demain (jeudi) soir à Ouagadougou, sur invitation des chefs d'État du "groupe de contact" pour le sommet de samedi », a déclaré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé. « Normalement, il doit repartir à Paris immédiatement après le sommet parce qu'il a encore quelques examens à subir », a-t-il ajouté.

« Le Mali n'est pas membre du "groupe de contact" mais (M. Traoré) a été invité par les autres chefs d'État, qui veulent l'entendre sur la situation de la transition », a expliqué M. Bassolé, dont le pays conduit la médiation dans la crise malienne au nom de Cedeao.

La frustration des ressortissants du Nord et leur sentiment d’abandon ont redoublé depuis que les islamistes ont détruit sept des seize mausolées de saints de Tombouctou et endommagé une des trois plus belles mosquées de la ville. Des sages ont même évité un possible bain de sang en faisant du porte-à-porte pour calmer la jeunesse de la Ville des 333 saints, qui voulait manifester contre Ansar Eddine.

« Au Mali, les Touaregs, les Peuls, les Songhoï (des communautés du nord, NDLR) ne partagent pas les bêtises du MNLA [Mouvement national pour l’indépendance de l’Azawad, NDLR], du Mujao, et d'Al-Qaïda », , a déclaré le député touareg Nock Ag Attia, une des personnalités ayant participé au sit-in. « J'ai 75 ans, je ne connais pas l'Azawad », a-t-il ajouté.

La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) organise samedi un « mini-sommet » à Ouagadougou, avec des représentants du Mali, pour arriver à y former un gouvernement fort de manière à légitimer une intervention africaine internationale, qui attend l’aval de l'ONU. De leur côté, les islamistes se préparent aussi à une éventuelle intervention ouest-africaine et ont miné les alentours de Gao pour l'empêcher, et bloquer une éventuelle contre-offensive du MNLA.

(Avec AFP)

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