Les vacances peu discrètes de Jean-Marie et Jany Le Pen en Tunisie ont suscité l'indignation de nombreux commentateurs. Et même de certains acteurs politiques.
Jean-Marie et Jany étrennant leurs panamas à la plage ; Jean-Marie et Jany déambulant dans les souks… Ces clichés de vacances d’un couple de touristes français souriant seraient anodins s’ils n’étaient ceux des récentes vacances des Le Pen à Hammamet, en Tunisie. Dans un contexte politique local assez tumultueux, le séjour du fondateur du Front National tout de même pu passer inaperçu. Oui mais voilà : les conseils d’un ami, avocat français à la retraite et résident à Hammamet, il a jeté son dévolu sur un établissement prisé par la jet set tunisienne, le très sélect Sindbad.
Son arrivée remarquée a aussitôt déclenché l’indignation de Abdelwaheb el-Hani, président du parti « El Majd », qui a affirmé que « la venue de Jean-Marie Le Pen, tortionnaire de la guerre d’Algérie et porteur d'une idéologie fasciste, est un outrage aux valeurs de la République et une injure aux martyrs du mouvement de libération nationale ». Et de demander de refouler « le partisan de l’émigration zéro, et chef de file d’une France blanche, chrétienne et gauloise. »
Les Tunisiens, soit on les aime partout, soit on les quitte !
Abdelwaheb el-Hani, président du parti "El Majd"
Soutien aux dictateurs
L’opinion publique tunisienne, indifférente aux positions xénophobes de Jean-Marie Le Pen, s’intéresse en revanche au profil des 240 français résidents en Tunisie qui ont voté pour sa fille, Marine, lors de la dernière présidentielle. À un Jean Marie Le Pen qui préfère visiblement fréquenter des Arabes hors de l’Hexagone, Abdelwaheb El Hani lance : « les Tunisiens, soit on les aime partout, soit on les quitte ! ».
Certains commentateurs ont également rappellé que Jean-Marie Le Pen avait été proche de plusieurs dictateurs, et qu’il avait notamment apporté un soutien ambigu à Saddam Hussein, via l’association fondée par sa femme SOS Enfants d’Irak. Jean Marie et Jany, qui ont des difficultés à voyager au Maghreb, ont quand même apprécié l’accueil tunisien et goûté un calme reposant après une année politique bien chargée. En tunisien, on dirait un repos « halal » !
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Par Frida Dahmani, à Tunis

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