Macky Sall doit remporter le scrutin pour ne pas se retrouver dans une "impasse".
© Vincent Fournier pour J.A.
Les élections législatives sénégalaises ont lieu dimanche 1er juillet. La coalition Benno Bokk Yakaar, réunie derrière le nouveau président Macky Sall, est favorite pour remporter la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Miné par les dissidences, le PDS (opposition) est quant à lui dans la tourmente.
« Avec moi, tout va changer », affirmait le président sénégalais Macky Sall dans un entretien accordé la semaine dernière à Jeune Afrique. Mais en aura-t-il les moyens ? C’est tout l’enjeu des élections législatives sénégalaises qui se tiendront dimanche prochain. Élu le 25 mars avec plus de 65% des voix, le successeur d’Abdoulaye Wade espère désormais obtenir une confortable majorité à l’Assemblée pour appliquer son programme.
Après trois semaines de campagne, 7 200 candidats, inscrits sur vingt-quatre listes, s’affrontent le 1er juillet pour les 150 sièges de députés à l’Assemblée nationale. La coalition Benno Bokk Yakaar, qui soutient Macky Sall, est la favorite de ce scrutin législatif. Elle regroupe plusieurs formations, déjà présentes derrière le nouveau chef de l’État durant sa campagne présidentielle. Il s’agit pour la plupart d’anciens mouvements d’opposition à Abdoulaye Wade, comme le Benno Siggil Senegaal de Moustapha Niasse, du Benno Ak Tannor d'Ousmane Tanor Dieng, ou encore du Rewmi d'Idrissa Seck.
Arrivé troisième du premier tour de l’élection présidentielle, l’ancien Premier ministre Moustapha Niasse s’était rapidement rallié à Macky Sall pour battre « Gorgui ». Son soutien avait été précieux dans la victoire du futur président. En guise de remerciement, Moustapha Niasse a été investi tête de liste de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar pour les législatives. Il lorgne maintenant, avec bon espoir, sur le perchoir de l’Assemblée nationale.
Opposition divisée
De l’autre côté de l’échiquier politique, l’opposition fait grise mine. Le Parti démocratique sénégalais (PDS), dirigé par le président sortant Abdoulaye Wade, est affaibli. Plusieurs responsables du parti ont fait sécession dans le sillage de Pape Diop. L’actuel président du Sénat, vexé de ne pas avoir repris les rênes du PDS après la défaite du « Vieux », a décidé de présenter sa propre liste aux législatives : l’alliance Bokk Guiss Guiss. C’est peu dire que son geste a déclenché la fureur de Wade. Quant à Oumar Sarr, tête de liste du PDS, il n’a pas hésité à qualifier publiquement Diop de « traître ».
Dans cette ambiance délétère, difficile d’envisager une victoire de l’opposition dans les urnes dimanche prochain. Pour les deux formations, tout l’enjeu sera de faire un meilleur score que le concurrent, afin d’affirmer son statut d’opposant numéro un à Macky Sall. Autre inconnu de ce scrutin législatif, le score des « petits » partis. Plusieurs d’entre eux espèrent bien décrocher un ou plusieurs sièges à l’Assemblée. C’est le cas du mouvement citoyen Bes Du Niakk, dirigé par le guide religieux Sérigne Mansour Sy Djamil.
En cas de victoire de la coalition présidentielle aux élections législatives, Macky Sall a déjà prévenu qu’il ne remanierait pas son gouvernement. « Sauf surprise liée aux résultats, il n’y a aucune raison de changer, affirmait-il à Jeune Afrique. J’ai nommé un gouvernement composé de personnalités qui disposent des compétences requises ». Interrogé sur une éventuelle défaite, le président reconnaît que l’absence de majorité à l’Assemblée l’empêcherait de gouverner et le placerait dans une « impasse ». Même s’il paraît peu probable, ce scénario serait un véritable coup dur pour Macky Sall, à peine plus de trois mois après son accession au palais présidentiel de Dakar.

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