Finis les grands discours. Place à Twitter et aux messages de 140 caractères. Les dirigeants africains sont de plus en plus nombreux à s’essayer à l’exercice, avec plus ou moins d’assiduité et de réussite. Zoom sur les poids lourds de la twittosphère politique africaine.
Jacob Zuma trône fièrement au sommet de la hiérarchie africaine sur Twitter. Avec ses plus de 130 000 abonnés, le président sud-africain est le dirigeant le plus suivi du continent. Rien d’étonnant : les Sud-Africains, selon une étude du cabinet Portland Communication publié en janvier, sont de loin les plus actifs sur Twitter avec plus de 5 millions de messages postés au dernier trimestre 2011.
Si Jacob Zuma reste cette année en tête du classement établi par Jeune Afrique à partir de juin 2011, l’actualité écoulée depuis un an n’a pas manqué de changer la donne. En effet, c’est bien Mohamed Morsi qui ravit la deuxième place à Paul Kagamé, selon les chiffres collectés en juin 2012. Le nouveau président égyptien totalise 74 232 abonnés, reléguant son homologue rwandais (66 836 followers) à la troisième marche du podium.
Quant à l’apparition du président tunisien Moncef Marzouki, qui chasse Goodluck Jonathan et s'empare de la quatrième place du classement, elle ne doit rien au hasard non plus. Le vent des révolutions arabes a favorisé l’envol de Twitter au Maghreb et au Moyen-Orient, qui sont devenus des pôles majeurs en ce qui concerne l’utilisation des réseaux sociaux.
Nouvelle vague
En Afrique subsaharienne, l’évolution, en termes quantitatifs, n’est pas aussi spectaculaire. Elle reste pourtant significative, grâce aux nouveaux locataires des palais présidentiels. Ainsi, au Malawi, Joyce Banda, au pouvoir depuis avril 2012, est suivie par 2 465 personnes, avec seulement quatre messages postés.
Au Sénégal, Macky Sall a également fait son apparition, notamment à l’occasion de la campagne présidentielle. Élu en mars 2012, le nouveau président compte désormais 3 439 followers, et peut encore espérer bénéficier de l’engouement des Sénégalais pour les réseaux sociaux, qui a marqué le mouvement de contestation à Abdoulaye Wade, durant l’été 2011 notamment.
Côté ivoirien, Alassane Ouattara et Guillaume Soro se tiennent quant à eux dans un mouchoir de poche, avec, respectivement, 3 385 et 3 315 abonnés. Le président de l’Assemblée nationale est néanmoins nettement plus actif que le chef de l’État : alors qu’il n’est inscrit que depuis février, il a déjà posté quelque 1 960 messages.
L’Afrique des Grands Lacs et le golfe de Guinée en effervescence
Entre 2011 et 2012, les évolutions les plus vertigineuses sont cependant à mettre au crédit du golfe de Guinée et de l’Afrique des Grands Lacs. Dans cette dernière, les chefs de l’État sont à l’honneur. L’Ougandais Yoweri Museveni et le Tanzanien Jakaya Kikwete comptent respectivement 5 531 et 26 207 followers. Soit une augmentation de 1 024% pour le premier et de 3 304% pour le second.
Dans le golfe de Guinée, où le haut débit s’est installé grâce aux câbles sous-marins reliant l’Europe à l’Afrique du Sud, Twitter s’est également emballé. En un an, de juin 2011 à juin 2012, le nombre d’abonnés au président ghanéen, John Atta-Mills, a bondi de 1 163% (de 205 à 2 589 followers), quand celui du Béninois Boni Yayi passait - ce qui reste tout de même modeste - de 19 à 601 (+ 3 063%). Quant au Togo, il a ressenti, à l’instar du Sénégal, les effets de la grogne sociale en cours, qui s’est exprimée sur Internet, notamment avec le collectif « Sauvons le Togo ». Le président Faure Gnassingbé compte quant à lui 1 818 abonnés, contre 118 il y a un an.
Une belle percée mais pas encore de quoi pavoiser face à Jacob Zuma… Ou encore face à Joseph Kony, la star africaine du web en 2012. Il reste le seul sur le continent à avoir pu détrôner Justin Bieber, Lady Gaga ou Madonna des fameux Top Trends (les sujets les plus populaires) de Twitter.

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