Extension Factory Builder
27/06/2012 à 16:09
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des combattants du MNLA dans le nord du Mali, en avril 2012. Des combattants du MNLA dans le nord du Mali, en avril 2012. © AFP

Le mercredi 27 juin à Gao, des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) se sont affrontés avec des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Le QG des rebelles touaregs aurait été pris par les combattants islamistes.

Mis à jour à 19h55.

Cette fois, il ne s'agit pas de simples accrochages. D'après plusieurs témoins, des affrontements armés ont eu lieu mercredi 27 juin à Gao (nord-est du Mali) entre des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Selon plusieurs témoins, le gouvernorat de la ville, qui servait de quartier-général à la rébellion touarègue, a été pris par les islamistes après plusieurs heures de combats qui ont fait des victimes parmi les combattants touaregs. « Les islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) sont entrés à l'intérieur du gouvernorat. Les combattants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rebellion touareg) ont fui, d'autres ont été tués, d'autres arrêtés », a déclaré un responsable de la station-service qui jouxte le gouvernorat.

« Nous avons pris le palais du gouverneur (qui était contrôlé par le MNLA) et la résidence de Bilal Ag Chérif, secrétaire général du MNLA, qui a fui avec ses soldats », a déclaré à l'AFP Adnan Abou Walid Sahraoui, porte-parole du Mujao, ajoutant qu'une quarantaine de combattants du MNLA avaient été faits prisonniers par le Mujao.

Il a également indiqué qu'il y a eu des morts pendant les combats qui avaient débuté mercredi matin, sans pouvoir en préciser le nombre. Selon plusieurs témoins interrogés par l'AFP au téléphone depuis Bamako, au moins vingt personnes, essentiellement des combattants, ont été tuées dans les combats, mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd.

"Manipulation"

« On entend des coups de feu, les combattants du Mujao et du MNLA se tirent dessus, on a peur », avait indiqué au paravant Nina Oumarou, soeur d'un élu de la ville abattu lundi soir par des hommes armés. Selon elle, un groupe de combattants du Mujao s'est dirigé vers un camp de la ville tenu par les combattants du MNLA, dans le quartier du Château d'eau.

Ces combats armés entre rebelles touaregs et islamistes surviennent au lendemain de violentes manifestations à Gao. De nombreux habitants ont défilé dans les rues de la ville, indignés par l'assassinat lundi du conseiller municipal Idrissa Oumarou, enseignant et membre du parti du président malien de transition, Dioncounda Traoré, l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema). Des hommes en armes avaient alors tiré sur des centaines de manifestants, faisant au moins un mort et une dizaine de blessés. Des témoins avaient accusé le MNLA d'avoir ouvert le feu sur la foule, ce que le mouvement touareg a catégoriquement démenti, parlant d'une manipulation du Mujao.

Vive tension

« Le MNLA condamne fermement la mort de l'élu et condamne aussi fermement, quels qu'en soient les auteurs, ceux qui ont tiré sur la foule qui manifestait son mécontentement ce matin à Gao », a déclaré à Ouagadougou un responsable du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh.

Le Mujao, considéré comme un mouvement dissident d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a annoncé l'arrestation de deux personnes accusées d'avoir tué Idrissa Oumarou, sans préciser s'ils étaient membres du MNLA ou non.

Depuis bientôt trois mois, les villes et régions administratives du nord du Mali - Tombouctou, Kidal et Gao - sont occupées par différents groupes armés. Parmi figurent des islamistes, tels que le Mujao, Ansar Eddine (Défenseurs de l'islam), et Aqmi, ainsi que les rebelles touaregs du MNLA.

La tension est vive entre le MNLA, mouvement qui a déclaré unilatéralement l'indépendance du nord du Mali, et les islamistes dont l'objectif n'est pas l'indépendance du Nord, mais l'application de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali - Moussa Mara : 'La justice a de la mémoire'

Mali - Moussa Mara : "La justice a de la mémoire"

Le jeune Premier ministre malien, Moussa Mara, comptable de formation, a pris la tête du gouvernement en avril dernier dans un contexte encore très instable. De passage à Paris début octobre, il s'est ex[...]

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Dans un communiqué officiel, Niamey a annoncé jeudi que neuf membres des forces de sécurité ont été tués dans plusieurs attaques simultanées dans la région de[...]

Un soldat français des forces spéciales tué dans le nord du Mali

Un sergent-chef français, membre des forces spéciales, a été tué mercredi au Mali lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des jihadistes dans le nord du[...]

Mali : accrochages entre l'armée française et un "groupe armé terroriste de type Aqmi"

L'armée française a affronté dans la nuit de mardi à mercredi des combattants d'Aqmi, dans la vallée de l'Ametetai, au nord du Mali.[...]

Mali : MNLA, MAA et HCUA créent une coordination militaire commune

Le 28 octobre, les groupes armés de la coordination des mouvements de l'Azawad ont annoncé la création d'un état-major commun. Objectif prétendu : sécuriser les régions du Nord sous[...]

Mali : Pédro Kouyaté... métro, tempo, brio !

Après avoir exploré le monde et la tradition mandingue avec les plus grands, Pédro Kouyaté s'est posé dans le tube parisien. Entre deux concerts, le Malien envoûte les passants.[...]

Terrorisme : la Minusma a-t-elle les moyens de sécuriser le Nord-Mali ?

Pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait".[...]

Ebola : le Mali tente de contenir l'épidémie, mise en quarantaine aux États-Unis

Le Mali tente de juguler toute propagation du virus Ebola après l'annonce d'un premier cas dans le pays, tandis que les États-Unis ont placé une personne en quarantaine d'office pour la première fois.[...]

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers