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26/06/2012 à 09h:00
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Le nouveau président égyptien Mohamed Morsi (d) et le Premier ministre Kamal al-Ganzuri. Le nouveau président égyptien Mohamed Morsi (d) et le Premier ministre Kamal al-Ganzuri. © AFP

La passation du pouvoir exécutif entre l'armée et Mohamed Morsi doit avoir lieu avant la fin de juin. Mais le nouveau président de la première puissance d'Afrique du Nord est déjà confronté à de multiples défis politiques, diplomatiques et économiques.

Mis à jour à 17h05.

À peine élu, déjà au travail. Après avoir remporté la présidentielle avec 51,73% des voix contre 48,27% à son rival Ahmad Chafiq, Mohamed Morsi a déjà entamé les consultations en vue de former un gouvernement. Investi en novembre, celui de Kamal al-Ganzouri, a présenté sa démission lundi et expédie désormais les affaires courantes, en attendant la passation officielle du pouvoir exécutif entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige l'Égypte depuis la chute du régime Moubarak, et le gouvernement de Morsi, qui devrait avoir lieu d'ici à la fin de juin.

« Il a déjà commencé à examiner une liste de noms. Il annoncera le nouveau gouvernement prochainement », a indiqué une des porte-parole du président, Nermine Mohammed Hassan. Le journal Al-Chourouq  (indépendant), qui a titré « La révolution arrive au palais présidentiel », a quant à lui appelé Morsi à choisir un Premier ministre et des vice-présidents ne faisant pas partie comme lui des Frères musulmans, mais aussi à veiller à l'équilibre entre les forces politiques dans la commission constituante et enfin à « ouvrir les bras » à la minorité chrétienne copte.

De son côté, le journal gouvernemental Al-Ahram évoquait mardi le nom de Mohamed El-Baradei, ancien chef de l'agence atomique de l'ONU et prix Nobel de la paix 2005, proche des mouvements qui ont lancé la révolte contre le régime de Hosni Moubarak l'an dernier. Le quotidien évoque aussi le nom de Hazem el-Beblawi, qui fut ministre des Finances d'un gouvernement de transition après la chute de Hosni Moubarak. Interrogé par l'AFP, Hazem el-Beblawi a toutefois indiqué être à l'étranger et ne pas avoir été jusqu'à présent approché par la présidence.

Équilibre politique

Quoi qu'il en soit, les défis auquel Mohamed Morsi est désormais confronté sont nombreux. D'abord politique, avec le difficile équilibre à trouver vis à vis des partis libéraux et des mouvements à l'origine de la révolution. Mais aussi vis à vis de l'armée, qui conserve encore le pouvoir législatif et un droit de regard sur la future Constitution et ne semble pas prêt à reculer face aux Frères musulmans sur la dissolution de l'Assemblée. D'autant que dans ce contexte, contrairement à d'autres responsables de sa confrérie, Morsi fait figure d'homme très respectueux des institutions. Il a rencontré lundi le chef du CFSA, le maréchal Hussein Tantaoui, et rendu hommage aux forces armées pour avoir assuré le bon déroulement de la présidentielle.

Rayon de soleil économique

Au niveau diplomatique aussi, Morsi aura fort à faire. Un premier couac a entaché le premier jour de son élection, l'agence iranienne ayant affirmé que le nouveau président lui avait déclaré vouloir prôner le renforcement des relations avec Téhéran et « réviser » les accords de paix avec Israël. Ce que Morsi a dû immédiatement démentir...

Dans le domaine économique cependant, un petit rayon de soleil est venu saluer l'élection pacifique de Mohamed Morsi. La Bourse du Caire a clôturé lundi sur une hausse de 7,5% - le principal indice, l'EGX-30, a bondi de 7,59% à 4.482,48 points -, soit la plus forte enregistrée depuis plus d'un an. « Un climat d'optimisme a régné sur le marché sur fond d'espoirs d'un retour de la stabilité politique et économique après l'annonce d'un nouveau président », a expliqué Walid Abdine, un analyste financier.

(Avec AFP)

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