Particulièrement virulent à l’égard des autorités tunisiennes, Me Marcel Ceccaldi, l’avocat français de l’ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, a estimé lundi 26 juin que l’extradition de son client vers la Libye est illégale.
En décidant dimanche, à l'aube, d’extrader l’ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, « la Tunisie s'est mise en marge des principes du droit international et des textes internationaux qu'elle a pourtant signés », a estimé lundi 26 juin son avocat français, Me Marcel Ceccaldi. Ce dernier affirme que son client a été sorti en catimini de prison dimanche vers 05H00, puis emmené par hélicoptère vers un aéroport au sud de Carthage, d'où il aurait été transféré à Sfax, où l'attendait un avion libyen.
« Il s'agit d'une extradition vers un État voyou de la part d'un gouvernement qui a des pratiques de voyous », a déclaré l'avocat français, déplorant le « double langage du gouvernement islamiste tunisien ». « Ce gouvernement parle de démocratie, de libertés et de droits de l'homme mais dans la pratique, ils n'ont de cesse que de les violer car en Tunisie, aux termes des textes applicables, c'est le président de la République qui doit signer le décret d'extradition », a-t-il poursuivi.
Particulièrement virulent à l’égard des autorités tunisiennes, il a estimé que l’extradition de son client était illégale. D’abord parce qu'elle n'a pas été validée par le président tunisien. Ensuite parce que la Cour africaine des droits de l'homme était saisie d'un recours contre cette extradition. « Organiser ce véritable rapt alors que la CADH était saisie relève de pratiques de gangsters et de voyous », a-t-il ajouté, précisant avoir vu son client pour la dernière fois le 16 juin.
La décision du chef du gouvernement Hamadi Jebali d'extrader l'ex-Premier ministre libyen a déclenché la première grave crise au sein du triumvirat. S’étant publiquement opposé à son exécution, le président Moncef Marzouki a publié dimanche soir un communiqué extrêmement virulent, dénonçant une extradition « illégale » qui « ternit l'image de la Tunisie dans le monde ». Le communiqué rend également Hamadi Jebali « responsable » de tout ce qui pourrait arriver à l'ex-Premier ministre libyen. D'après un de ses conseillers, il n'aurait pas été prévenu et aurait appris la nouvelle par la presse.
(Avec AFP)

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