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22/06/2012 à 16:50
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Le ministre australien Bob Carr, à Tripoli le 18 juin 2012. Le ministre australien Bob Carr, à Tripoli le 18 juin 2012. © Reuters

La tournée en Afrique du Nord du ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, s’est achevée le 20 juin. Un voyage qui souligne les intérêts croissant de Canberra pour le continent.

Nommé en mars dernier, le ministre australien des Affaires étrangères, Bob Carr, vient de réaliser sa première tournée diplomatique à l’étranger. Celle-ci l’a mené de la Birmanie à la Turquie, avant de s’achever en Afrique du Nord. Le ministre s’est d'abord rendu en Libye, où est détenue depuis le 7 juin l’avocate australienne de la CPI Melinda Taylor, accusée d’espionnage pour avoir échangé des documents avec Seif el-Islam Kaddafi. Puis, après avoir rencontré des membres du gouvernement libyen, le 18 juin, Bob Carr a repris le cours de son programme officiel pour arriver le lendemain en Algérie, puis au Maroc, d’où il est reparti le 20 juin pour l’Australie.

Cette première visite d’un chef de la diplomatie australienne dans la région intervient au moment où l’État fédéral multiplie les initiatives de coopération avec de nombreux États africains. Un intérêt marqué qui suit de près les contrats obtenus sur le continent ces dernières années par les entreprises australiennes dans divers secteurs économiques, à commencer par celui des mines. L’Australie a également annoncé, le 9 mai dernier, l’ouverture prochaine d’une ambassade à Dakar, première représentation diplomatique du pays en Afrique francophone.

La Libye a été votre première étape africaine. Vous y avez plaidé la libération de l’avocate australienne Melinda Taylor. Comment ont réagi les autorités libyennes à votre demande ?

Le Premier ministre El-Keib que j’ai pu rencontrer durant les quelques heures où je suis resté à Tripoli s’est vivement excusé de la tournure prise par les événements et m’a assuré comprendre nos inquiétudes, mais il n’a pu me donner aucune garantie quant à une libération rapide. J’ai beaucoup insisté sur l’immunité dont elle devrait bénéficier grâce à son statut de fonctionnaire international et j’espère que le gouvernement, comme il s’y est engagé, fera tout son possible pour assouplir les conditions de détention de Melinda Taylor, en autorisant plus d’une visite par semaine comme c’est actuellement le cas, et en lui permettant de prendre contact avec sa famille.

Quelles sont les propositions de l’Australie pour tenter de débloquer la situation ?

J’estime que la CPI devrait présenter ses excuses sur la manière dont elle a laissé ses équipes travailler sur place, sans avoir clarifié au préalable les procédures à respecter.

Nous sommes prêts à servir de médiateur pour faciliter les discussions entre le gouvernement libyen et la CPI. Après avoir discuté avec les autorités du pays, je comprends mieux leurs préoccupations et j’estime que la CPI devrait faire de même, en présentant ses excuses sur la manière dont elle a laissé ses équipes travailler sur place, sans avoir clarifié au préalable les procédures à respecter. L’urgence maintenant est de renouer le dialogue entre les deux parties et l’Australie serait très heureuse d’y contribuer.

Après la Libye, vous vous êtes ensuite rendu en Algérie puis au Maroc, pour la première visite officielle d’un ministre des Affaires étrangères australien en Afrique du Nord. Pourquoi ces pays et dans quels buts ?

Nous avons établi ces dernières années d’excellentes relations de travail avec ces deux pays aux Nations Unies par exemple. C’était donc l’occasion de renforcer nos liens diplomatiques avec deux partenaires dont nous partageons beaucoup de positions communes en matière de politique et de sécurité internationale, comme à propos de la crise syrienne ou de la lutte contre le terrorisme.

Notre engagement avec l’Afrique n’a jamais été aussi fort.

L’enjeu était aussi économique, avec de très belles opportunités à saisir pour l’Australie, dans le secteur des mines et des hydrocarbures en Algérie, de l’agriculture ou du tourisme avec le Maroc, qui est notamment en cours de négociation avec des entreprises australiennes pour la fourniture de céréales ou de patrouilleurs pour sa marine militaire. Notre intérêt ne s’arrête évidemment pas à l’Afrique du Nord. Dans la foulée de nos compagnies minières, les investissements australiens s’élèvent actuellement à 40 milliards de dollars (32 milliards d’euros) sur le continent où plus de 200 sociétés australiennes travaillent à travers 37 pays. Sans oublier que 250 000 Africains vivent aujourd’hui en Australie. Notre engagement avec l’Afrique n’a donc jamais été aussi fort.

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Propos recueillis par Olivier Caslin

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