Trois lieutenants-colonels et quatre majors de l’armée congolaise ont rejoint la mutinerie Mouvement du 23 mars (M23) "avec 166 hommes", a affirmé jeudi 21 juin le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, se présentant comme le porte-parole du M23.
Non contents de conforter ses positions dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) dirigé par le colonel Sultani Makenga, ex-cadre de l'ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), se renforce. Trois lieutenant-colonels et quatre majors de l’armée congolaise, « ont quitté les rangs des FARDC (Forces armées loyalistes) hier (mercredi) » avec 166 hommes, a affirmé jeudi 21 juin le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, se réclamant porte-parole des mutins. Selon lui, ces soldats ont rejoint avec armes et munitions la mutinerie en cours dans la province du Nord-Kivu (est).
D'après ce porte-parole, tous les hauts-gradés étaient basés au Nord-Kivu, excepté un lieutenant-colonel arrivé de la province voisine du Sud-Kivu. L'un des majors était un responsable de la logistique et deux autres du renseignement. Tous sont des membres de l’ancienne rébellion du CNDP.
Risque de démoralisation
Un officier supérieur de l’armée congolaise a confirmé que « certains officiers sont en train de faire défection », sans préciser leur nombre. « Je ne peux pas être étonné parce que ce sont des ex-CNDP qui sont en train de rejoindre leurs frères. Ce n'est pas surprenant qu'ils partent avec des munitions parce que jusqu'à leur défection ils occupaient des postes de commandement au sein des FARDC », a-t-il ajouté. Préoccupé, le gradé estime que « cette situation risque de dégénérer et de démoraliser les troupes parce qu'il y a en a encore d'autres (ex-CNDP) nos rangs » qui pourraient eux aussi rejoindre les mutins.
Malgré les bombardements fréquents effectués par les FARDC, les mutins - estimés jusque là à plusieurs centaines - tiennent fermement leurs positions sur les collines de Runyiony, Mbuzi et Tshanzu où ils sont regroupés, dans le sud-est du Parc national des Virunga, à la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda. Les combats ont fait plus de 200 000 déplacés et plus de 20 000 réfugiés, selon l'ONU.
Lancée le 14 juin, la dernière offensive des forces armées congolaises, dont « l’objectif intermédiaire est le contrôle du pont de Ruwanguba, afin d'isoler à l'Est le déploiement de la Force de la Monusco et des FARDC autour de Bunagana », a été un échec cuisant. Ruwanguba est situé au nord des positions des mutins, sur la route qui va de Rutshuru à Bunagana, important poste frontalier avec l'Ouganda. Une accalmie relative est depuis observée sur le front.
(Avec AFP)

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