Extension Factory Builder
20/06/2012 à 18:02
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Dans une rue de Tombouctou, le 11 avril 2006. Dans une rue de Tombouctou, le 11 avril 2006. © Issouf Sanogo/AFP/Archives

À Tombouctou, le groupe islamiste Ansar Eddine fait régner la charia dans le fondamentalisme le plus strict. Un homme et une femme qui avaient conçu un enfant hors mariage en ont fait les frais : 100 coups de fouet chacun, en place publique.

Est-ce Roméo et Juliette, version « tombouctoussienne » ? Se sont-ils aimés ? Est-ce au contraire une histoire des plus banales ? Pour les islamistes, peu importe. C’est - comme toujours - beaucoup plus simple, en l'occurence « haram » (interdit). Et en d’autres termes, c'est un péché qui doit être puni. Pour avoir eu un enfant hors mariage, donc, un homme et une femme ont reçu mercredi cent coups de fouet chacun à Tombouctou (Nord-Mali), de la part de membres du groupe islamiste armé Ansar Eddine. Des châtiments corporels tout droit sortis d'un autre âge.

Mais c'est aussi pour le groupe islamiste, dont une délégation est à Ouagadougou afin de discuter avec le médiateur burkinabè, le moyen d'envoyer à Blaise Compaoré un message politique en réaffirmant son objectif principal : l’application de la charia, interprétée de manière radicale, obtuse et fondamentaliste.

Voir l'interview de Hamadoun Touré, porte-parole du gouvernement malien de transition :

"Comme un spectacle"

« Sur la place Sankoré de Tombouctou (centre), un homme et une femme ont reçu cent coups de fouet chacun pour avoir eu un enfant hors mariage », a rapporté Mohamed Ould Baby, un élu de la ville, ainsi que d’autres témoins. Ould Babny a précisé que c'était la première fois qu'un couple était ainsi puni depuis la prise de Tombouctou par les islamistes début avril.

« C'était comme un spectacle, les gens ont regardé ça. J'ai vu les jeunes descendre d'un véhicule sur la place, puis les coups de fouet. C'est la première fois que je vois ça », a affirmé Ould Baby. Selon une source hospitalière, les deux jeunes sont ensuite allés se faire soigner à l'hôpital de Tombouctou.

La police islamique de Ansar Eddine ne compte pas s’arrêter là : un de ses responsables a affirmé que six autres femmes ayant eu des enfants hors mariage seront prochainement sanctionnées par la charia à Tombouctou. La semaine dernière, c’étaient des membres du Mujao qui avaient brûlé des cartons de cigarettes et fouetté des fumeurs à Bourem, une ville du nord du Mali qu'ils occupent et contrôlent. En mai à Gao, ils avaient empêché des jeunes de jouer au football et de regarder la télévision, ce qui avait provoqué de violentes manifestations anti-islamistes.

(Avec AFP)


 
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

À l'ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

À l'ONU, le gouvernement malien dit vouloir dialoguer avec les groupes rebelles

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères, a affirmé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies sa volonté de mener rapidement des négociations avec[...]

Mali : accusé de complicité d'assassinat, Sanogo encourt la peine de mort

Le général putschiste Amadou Haya Sanogo a vu les accusations le visant s'alourdir. En plus de complicité d'enlèvement, il doit répondre depuis le 22 avril du chef de complicité[...]

Mali : Moussa Mara, jeune premier...

Nommé le 5 avril, le nouveau chef du gouvernement n'a que 39 ans.[...]

Mali : Gilbert Rodrigues Leal, questions sur une mort présumée

Entre la communication tardive des jihadistes et ce que savaient les autorités françaises depuis décembre 2013, plusieurs points d'interrogations entourent l'annonce de la mort de l'otage français[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Mali : les cinq humanitaires capturés en février ont été libérés par l'armée française

Les cinq humanitaires maliens, dont quatre employés du Comité international de la Croix-Rouge au Mali, capturés le 8 février ont été libérés jeudi par l'armée[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Mali : IBK au Sénégal, les raisons d'une visite

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait une visite d'État au Sénégal, du 13 au 16 avril. Retour sur les raisons de cette visite.[...]

Mali - France : le ton monte

Les rapports entre le Mali et la France sont exécrables depuis plusieurs mois. Plus récemment, l'"affaire" Tomi et, surtout, la situation à Kidal n'arrangent rien.[...]

Terrorisme - Iyad Ag Ghaly : arrête-moi si tu l'oses !

Recherché pour terrorisme par le monde entier, le chef touareg Iyad Ag Ghaly semble pourtant poursuivi avec bien peu d'ardeur. Et pour cause : il reste un acteur essentiel dans la région.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces