L'ancien ministre camerounais Polycarpe Abah Abah, accusé de corruption et écroué en 2008, a été condamné mardi 19 juin à 6 ans de prison ferme pour "évasion".
Il était sorti de prison au mois de mai grâce à une permission pour des soins. Écroué en 2008 pour corruption, l'ex-ministre camerounais des Finances, Polycarpe Abah Abah, a été condamné mardi soir à six ans de prison pour « évasion ».
« Le tribunal (de première instance d'Ekounou à Yaoundé) déclare Polycarpe Abah Abah coupable du délit d'évasion » et le condamne à « six ans de prison ferme », a indiqué le juge Claude Evineba.
La même peine a été infligée à un gardien de prison. Trois autres gardiens ont écopé chacun de 3 ans de prison ferme pour « complicité ».
« Nous sommes animés d'un sentiment de grande déception », a réagi Me Jean-Marie Nouga, un des avocats de M. Abah Abah, indiquant que son client allait faire appel.
Remettant en cause « l'impartialité » du juge, les avocats des prévenus ont saisi la Cour d'appel du centre à Yaoundé pour récuser le magistrat. Face à son refus de suspendre le procès jusqu'à ce que la Cour d'appel se prononce, les avocats ont décidé de ne plus plaider. Polycarpe Abah Abah et les autres prévenus leur ont emboîté le pas, s'abstenant de participer aux débats.
Détournement de fonds publics
Le 15 mai, l'ancien ministre des Finances avait été inculpé d'« évasion aggravée », après avoir été arrêté quelques jours plus tôt à son domicile et placé en détention à la police alors qu'il était en permission pour des soins. Les quatre gardiens, condamnés avec lui, constituaient l'escorte qui devaient le surveiller.
« Je ne peux pas dire qu'il y a eu évasion (de M. Abah Abah) », a affirmé lors du procès Clément Ndengué, unique témoin cité par le ministère public et chef du service administratif et financier de la prison de Kondengui.
Ancien directeur des impôts et ex-ministre de l'Économie et des Finances, Polycarpe Abah Abah avait été interpellé en mars 2008, quelques temps après avoir été démis de ses fonctions. Il a été inculpé de détournement de fonds publics. Entamé en mars 2010, son procès est suspendu en raison d'une bataille de procédures qui est montée jusqu'à la Cour suprême et qui attend d'être tranchée.
(Avec AFP)

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