Le président de la commission électorale s'exprime devant la presse le 10 juin 2012 à Tripoli.
© Gianluigi Guercia/AFP
La commission électorale libyenne a lancé, lundi 18 juin, la campagne électorale pour l’Assemblée constituante libyenne. Le premier scrutin démocratique après la chute de Kaddafi se tiendra le 7 juillet.
C’est le début d’une lente reconstruction. Lundi, la commission électorale a officiellement lancé la campagne des élections à l'Assemblée constiutante, avec ses 2 501 candidats indépendants et 1 206 candidats de groupes politiques pour les 200 sièges. Du 18 juin au 5 juillet, les Libyens vont donc essayer d'y voir plus clair parmi ceux qui sollicitent leurs suffrages.
Au total, pas moins de 142 groupes politiques présentent des candidats. Ceux qui seront élus le 7 juillet feront partie du tout premier Congrès général national libyen (Assemblée constituante) et devront nommer un comité d'experts chargés de rédiger un projet de Constitution qui sera ensuite soumis à référendum.
À la première session du Congrès général national libyen devra succéder la démission du Conseil national de transition (CNT), qui dirige la Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kaddafi en octobre 2011. Le scrutin, prévu initialement le 19 juin conformément à un calendrier fixé par le CNT, a été retardé pour des raisons techniques et logistiques.
"Calendrier tenable"
« C'est encore serré, mais notre équipe électorale (...) croit que c'est un calendrier tenable », a déclaré à l'AFP l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ian Martin. Les 2,7 millions d’électeurs (80% du corps électoral potentiel) devant se familiariser avec les candidats, il était plus « sage », selon M. Martin, de donner davantage de temps à la campagne. « Il n'est pas nécessaire que ce soit une élection parfaite, mais c'est une élection très nécessaire », a-t-il ajouté.
Des experts de l'ONU conseillent le ministère de l'Intérieur sur les questions de sécurité pour ces premières élections nationales post-Kaddafi. L'enjeu est de taille : les tensions sont inévitables dans un paysage politique morcelé et refondé. « Ce serait irréaliste de penser qu'il n'y aura pas du tout de problèmes de sécurité, mais je suis très encouragé par le fait qu'il n'y a pas eu d'incidents sérieux lors de l'enregistrement des votants », a souligné l’émissaire de l’ONU. Malgré un prévisible échauffement des esprits dans les prochains débats, « la capacité est là pour faire face aux problèmes de sécurité s'ils surgissent », a conclu l'optimiste M. Martin.
(Avec AFP)

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