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18/06/2012 à 19h:03
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Béji Caïd Essebsi a dirigé le premier gouvernement de transition après la chute de Ben Ali. Béji Caïd Essebsi a dirigé le premier gouvernement de transition après la chute de Ben Ali. © AFP

Ancien membre du Rassemblement constitutionnel démocrate (RCD) et premier chef du premier gouvernement de l'après Ben Ali, Béji Caïd Essebsi a annoncé samedi 16 juin le lancement d'un nouveau parti baptisé Nida' Tounès ("L'appel de la Tunisie"). L’occasion d’une première passe d’arme avec le gouvernement Ennahdha.

L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi (BCE) est de retour sur la scène politique. Ce disciple d’Habib Bourguiba a annoncé samedi 16 juin le lancement d'un nouveau parti baptisé Nida' Tounès (« L'appel de la Tunisie ») en vue des prochaines élections en mars 2013. Des dizaines d'islamistes ont manifesté à l’extérieur du Palais des congrès, où se tenait le meeting, accusant Béji Caïd Essebsi d'être un « feloul », un « vestige » de l'ancien régime. Âgé de 85 ans, Béji Caïd Essebsi, qui a été membre du parti de Zine ben Ali, a dirigé le premier gouvernement de transition après la chute du régime totalitaire de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, avant de céder la place en novembre suivant.

« La scène politique est déséquilibrée et les partis, malheureusement, n'ont pas été capables de se rassembler », a-t-il déclaré devant quelque 2 000 sympathisants. « En conséquence, nous annonçons la création de l'Appel de la Tunisie. » BCE ambitionne de faire de son parti un mouvement fédérateur des forces libérales et centristes. « Nous voulons que notre mouvement unisse tout le monde, sans exclusion ni marginalisation, au service du pays », a-t-il lancé.

"Sa vie politique est terminée"

Dans son allocution, Béji Caïd Essebsi s’en est pris violemment au gouvernement Ennahdha qui a, selon lui, « montré qu'il ne peut pas changer la situation. Il faut agir dès maintenant ». « Ils sont certes légitimes par le biais des élections mais ils doivent démontrer, dans leur gestion quotidienne des affaires de l’État, qu’ils sont aptes à gouverner. Leur légitimité, ils la tirent aussi de leur capacité à assurer la sécurité des personnes et des biens, et l’État doit opposer sa violence à celle des groupes violents», a-t-il poursuivi.

Réponse immédiate du gouvernement tunisien par la voix du ministre des Affaires étrangères Rafik Ben Abdessalem : « J’insiste sur le fait que sa vie politique et non biologique, est terminée. Et je m’adresse à M. Caïd Essebsi et ses compagnons qu’il y a eu révolution et rupture totale avec le passé », a-t-il déclaré.

Cependant, les ambitions électorales de Caïd Essebsi pourraient rester lettre morte. Le président du comité constitutif du Mouvement Ennahdha, Fathy Ayedi a déclaré lundi 18 juin que son parti proposera à l’assemblée constituante un projet de loi interdisant les ex-membres du RCD d’exercer toute fonction politique. Ce projet visent essentiellement les personnes ayant exercé au sein du RCD et occupé des postes ministériels, a-t-il expliqué sur Radio Mosaïque.

(Avec Agences)
 

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