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18/06/2012 à 10:05
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Une station-service brûlée par des émeutiers à Dullahi, le 17 juin 2012. Une station-service brûlée par des émeutiers à Dullahi, le 17 juin 2012. © AFP

Le groupe islamiste Boko Haram a revendiqué lundi 18 juin les attentats suicides qui ont visé la veille trois églises de l'État de Kaduna, dans le nord du Nigeria.

Tout le monde s'en doutait, il ne manquait plus que la revendication officielle. Elle est tombée lundi 18 juin dans la matinée. « Allah nous a donné la victoire dans les attaques lancées contre des églises (dans les villes) de Kaduna et Zaria qui ont provoqué la mort de nombreux chrétiens et membres des forces de sécurité », a déclaré dans un message électronique Abul Qaqa, porte-parole du groupe islamiste Boko Haram.

Selon le dernier bilan en date, les attentats anti-chrétiens de dimanche et les représailles qui ont suivi ont fait plus de 50 morts et 150 blessés. Les attentats suicides ont eu lieu à Zaria et Kaduna, les deux principales villes de l'État de Kaduna, où un couvre-feu de 24 heures a été décrété par les autorités locales.

A Zaria, les explosions ont visé à dix minutes d'intervalle la cathédrale catholique du Christ Roi et l'église évangélique de la Bonne Nouvelle. A Kaduna, c'est l'église de Shalom qui a été prise pour cible dans des faubourgs sud de cette ville à majorité chrétienne.

Après les attentats, des foules de chrétiens en colère se sont livrées à des représailles contre des musulmans dans un faubourg majoritairement chrétien de la ville de Kaduna. Les émeutiers, essentiellement des jeunes chrétiens, ont notamment érigé des barricades sur la grande route menant au sud vers la capitale fédérale Abuja. Beaucoup souffrent de blessures infligées à la machette lors des représailles. D'après un responsable de la Croix-Rouge, les hôpitaux manquaient de sang lundi pour mener à bien les nombreuses opérations.

Une semaine auparavant, le dimanche 10 juin, les islamistes de Boko Haram avaient affirmé avoir visé deux églises du centre et du nord-est du Nigeria, des attentats qui ont fait quatre morts, dont un kamikaze, et une cinquantaine de blessés. Un porte-parole des islamistes avait déclaré que ces attaques voulaient démontrer que le groupe restait actif malgré les opérations de répression des forces de sécurité.

Plus d'un millier de morts depuis mi-2009

Depuis mi-2009, Boko Haram multiplie les attentats dans les villes du nord à majorité musulmane, causant la mort de plus d'un millier de personnes. Elles visent essentiellement les membres des forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.

Réagissant aux dernières violences, le ministre italien de la Coopération internationale, Andrea Riccardi, a déclaré que les attaques de Boko Haram contre les églises au nord du Nigeria constituaient « une extermination systématique » des chrétiens. « Boko Haram veut le nettoyage ethnique au nord et les chrétiens sont l'objectif. Ce n'est pas un petit épisode mais une extermination systématique », a jugé le ministre catholique, fondateur de la Communauté Sant'Egidio, proche du Vatican, dans une interview à La Repubblica. « Boko Haram veut provoquer un front anti-chrétien qui donne l'hégémonie aux musulmans locaux. C'est ce que faisait sur une échelle plus grande Al-Qaïda », a-t-il également noté, ajoutant que « la stratégie perverse de Boko Haram est de provoquer une guerre civile ».

Un appel a été lancé au parlement italien par des parlementaires de divers groupes : « Nous devons nous mobiliser à tous les niveaux pour mettre un terme à la chasse aux chrétiens », affirme cet appel cité par le quotidien La Stampa.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec quelque 160 millions d'habitants, est divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne plus riche grâce au pétrole.

(Avec AFP)

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