Extension Factory Builder
17/06/2012 à 23:23
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Avec le Printemps arabe, les réseaux sociaux se sont implantés dans le paysage médiatique. Avec le Printemps arabe, les réseaux sociaux se sont implantés dans le paysage médiatique. © AFP

L’avenir des réseaux sociaux s’écrira-t-il en arabe ? Facebook et Twitter ont révolutionné les paysages médiatiques du Maghreb mais également ceux de la péninsule arabique. En Arabie Saoudite, au Bahreïn ou au Qatar, le web 2.0 a le vent en poupe.

Ils sont devenus incontournables. Depuis la révolution tunisienne, aussitôt suivie de son homologue égyptienne, les réseaux sociaux sont parties prenantes de la vie politique du monde arabe. Ce n’est plus un secret, les échanges en ligne sur les mouvements de protestation ont souvent précédé de peu le déclenchement des mobilisations dans la rue, dont les vidéos ont ensuite été, pour le cas de l’Égypte, visionnées à plus de 5,5 millions de reprises, au cours de la semaine précédant la chute d’Hosni Moubarak.

Al Jazira : les réseaux sociaux et la voie du Qatar

Avec le Printemps arabe, Al Jazira a fortement contribué à la métamorphose du paysage médiatique dans le monde arabe. En se faisant le relais de contenus mis en ligne par des activistes politiques sur leur blog puis repris sur les réseaux sociaux, le groupe qatari a participé, selon Paloma Haschke, du Centre d’études et de recherches internationales de Paris, à un « nouvel équilibre, caractérisé par l’intrication entre chaînes satellitaires et médias sociaux ». Mais, Al Jazira pourrait être rapidement dépassée par ce nouveau système médiatique. Considérée comme la voix de la diplomatie qatarie, notamment dans son traitement de la crise au Bahraïn, la chaîne peine en effet à représenter les différentes tendances du monde arabe qu’elle prétend incarner, et qui, en revanche, s’épanouissent sur Internet.

À moins que l’empire qatari finisse par triompher des voies du numérique. Pour l’écrivain tunisien, Taoufik Ben Brik, dans une tribune à Slate Afrique, « depuis la chute de Ben Ali, les téléspectateurs n’ont d’yeux que pour Al Jazira. Tunis 7, Tunis 21, Hannibal, Nessma TV; les télévisons locales sont zappées. Mais, ce sont surtout les relais traditionnels de la rue survoltée - Internet, Facebook, Twitter, YouTube - qui ont sombré dans l’oubli ».

L’engouement pour le web 2.0 n’a pas manqué de s’exporter à l’ensemble du monde arabe et, en particulier, à l’est, à la péninsule arabique. Du mois de septembre 2011 au mois de mai 2012, le Bahreïn totalisait à lui seul près de 60 millions de messages postés sur Twitter quand l’Arabie Saoudite et ses 393 000 inscrits, en ont envoyé environ 50 millions.

En Arabie Saoudite, entre fracture sociale et émancipation

Le royaume de Riad, sur la même période de huit mois, a vu le nombre d’utilisateurs de Twitter bondir de 208%, la plus forte augmentation de la zone. Sébastien Marteau, vice-Président de la société de nouvelles technologies Intigral, explique ainsi que, sur les 47% de Saoudiens qui utilisent l’internet mobile, « 93 % expliquent fréquenter les réseaux sociaux ». « Cela s’explique par des raisons culturelles et de composition de la population. Celle-ci est très jeune : 60% des habitants sont âgés de moins de 25 ans. »

Alors que le pays est dirigé par un triumvirat qui atteint allégrement les 80 ans de moyenne d’âge, les réseaux sociaux se sont faits les relais d’une fracture sociale. D’un côté, l’élite saoudienne et ses trois dirigeants vieillisants. De l’autre : une population jeune, souvent instruite mais dont 40% souffrirait de la pauvreté, en raison notamment du chômage, le secteur privé étant saturé par 90% de travailleurs étrangers. Sans oublier les femmes, qui seraient très actives sur ces réseaux, et qui semblent y trouver une alternative à un quotidien cadenassé par le wahhabisme au pouvoir.

Oasis numériques

Les réseaux sociaux se sont imposés comme les voix de la protestation. Au Bahreïn, dès le début des révoltes, en février 2011, Facebook a vu se multiplier les appels à la fin de torture ou à la démission du Premier ministre Cheikh Khalifa Ben Salmane Al-Khalifa. Le hashtag #Bahraïn a même été utilisé 2,8 millions de fois sur Twitter, dans les seuls mois de février et mars 2012. 

Et les deux poids lourds du secteur ne s’y sont pas trompés. En mars dernier, la plateforme de micro-blogging a lancé sa version arabe. Deux mois plus tard, Facebook se lançait également dans une conquête plus poussée du monde arabe en installant un de ses bureaux à Dubaï. Alors qu’il semble s’essouffler aux États-Unis, le mouvement Facebook a encore de beaux jours devant lui, dans les déserts de la péninsule arabique.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Air Algérie : 'pas de piste privilégiée' pour expliquer le crash

Air Algérie : "pas de piste privilégiée" pour expliquer le crash

L'enquête sur la chute de l'avion d'Air Algérie, le 24 juillet au Mali, n'a pas permis pour l'instant de parvenir à "une piste privilégiée" expliquant l'accident, a déclar&eacut[...]

Tunisie : le président Marzouki candidat à sa réélection

Le chef de l'Etat tunisien Moncef Marzouki a déposé samedi sa candidature à l'élection présidentielle du 23 novembre, un scrutin crucial pour la Tunisie près de quatre ans après[...]

Abdelmalek Alaoui, l'homme qui murmure à l'oreille des puissants

Sans renier l'héritage de son père, indéboulonnable ministre de Hassan II, Abdelmalek Alaoui ne doit sa réussite qu'à son talent. Fondateur de Global Intelligence Partners, il[...]

Carte interactive : l'Afrique francophone dans les missions de maintien de la paix

Depuis quelques années, les pays africains francophones participent de plus en plus à des opérations et missions de paix dans le monde. "Jeune Afrique" vous propose de vérifier si votre[...]

État islamique : que font les États voisins de la Syrie et de l'Irak ?

De la Turquie à l'Iran, au Moyen-Orient, le degré d'engagement contre l'État islamique reste très variable. Explications.[...]

Réchauffement climatique : la carte des 15 lieux les plus menacés d'Afrique

À l'occasion du sommet sur le climat à New York organisé le 23 septembre par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "Jeune Afrique" publie sa carte des 15 lieux les plus[...]

"Les Tribulations du dernier Sijilmassi" : "burn out" sous le burnous avec Fouad Laroui

Qui n'a jamais eu envie de changer de vie ? Un ingénieur marocain, héros du dernier livre de notre collaborateur Fouad Laroui, en lice pour le Goncourt, y est bien résolu. Mais de la coupe aux[...]

RFI : Yasmine Chouaki, ondes métisses

Issue de l'immigration, journaliste à Radio France internationale, elle reçoit chaque semaine dans En sol majeur des personnalités riches d'une double culture.[...]

Tunisie - Philippe Troussier : avec Sfax, "nous voulons remporter la Ligue des champions"

Dimanche à Kinshasa (RDC), Sfax se présentera avec l’étiquette de favori, lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions face à l’AS Vita Club. Philippe Troussier,[...]

À Paris, deux expositions réconcilient la France et le Maroc

Deux grandes expositions sont programmées au Louvre et à l'Institut du monde arabe sur le Maroc à partir de la mi-octobre. Rabat et Paris se reconnectent loin de la brouille diplomatique.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex