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11/06/2012 à 15:12
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La une de J.A. 2683 en kiosques du 10 au 16 juin. La une de J.A. 2683 en kiosques du 10 au 16 juin. © DR

Plus le temps passe, plus le nord du pays s’apparente à un nouvel Afghanistan. Le recours à la force semble inéluctable. Armée malienne, opération africaine, appuis occidentaux…Dans son dernier numéro, Jeune Afrique présente les différents scénarios militaires.

Ce n’est plus une hypothèse, c’est une certitude. Le cauchemar stratégique, humanitaire et politique d’une somalisation du Mali devient réalité. Le terrorisme et les trafics en tous genres ont trouvé un sanctuaire en plein cœur du Sahel, sous le couvert de la charia et d’un djihadisme dévoyé. Reconquérir le Nord est donc à présent un impératif. « Il ne faut pas tarder. Plus vous attendez, plus l'ennemi se renforce », explique dans Jeune Afrique le général Lamine Cissé, l'ex-chef d'état-major du Sénégal et ancien représentant spécial des Nations unies en Afrique de l'Ouest.

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Après une mise en action laborieuse de l'organisation régionale (Cedeao), les chefs d’État africains, à commencer par le président en exercice de l’Union africaine, Boni Yayi, ont finalement décidé de porter la crise malienne devant le Conseil de sécurité de l’ONU, afin d’obtenir le feu vert pour une intervention plus large dans le cadre du chapitre 7 de la charte. Le vote d'une résolution à New-York doit rapidement intervenir. Objectif : l'envoi au Mali d'une force africaine avec un appui occidental logistique, financier et en renseignements. « Cela peut inverser le rapport de forces », espère le général Cissé, qui doute que l'armée malienne puisse à elle seule bouter les combattants du Nord. Rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), djihadistes d'Ansar Eddine, du Mujao et d'Aqmi... Plusieurs milliers d'hommes, dotés d'un arsenal provenant pour une large part des entrepôts libyens, règnent en maître dans cette immensité saharienne.

En face, depuis le coup d’État du 21 mars contre le président Amadou Toumani Touré et la débâcle face à la rébellion touarègue, l’armée a semé le désordre à Bamako tout en restant l’arme au pied dans le Nord. Peut-elle se ressaisir ? Dysfonctionnements au sein du commandement, démobilisation des troupes, corruption de la haute hiérarchie, fracture entre les casernes et l'état-major, putschistes dépourvus d'agenda politique clair...

L'imbroglio à Bamako ne pousse pas à l'optimisme. « Qu’on leur donne les moyens et les équipements adéquats, et vous verrez que la combativité et le patriotisme de nos soldats vous surprendront », assure pourtant dans Jeune Afrique le capitaine Sanogo, le chef des putschistes (no 2682). Depuis le camp de Kati, près de Bamako, la stratégie de reconquête repose sur trois mousquetaires : les colonels Alhaji Ag Gamou, Didier Dakouo et Ould Meïdou, disposant en tout de 4 000 hommes prêts à lancer la contre-offensive. Le premier est de l'autre côté de la frontière nigérienne. Le deuxième se trouve dans la région de Mopti. Le troisième s'est réfugié à Nema, en Mauritanie.

Autre protagoniste dans cette crise malienne, l'Algérie. Pour l'heure, son implication n'a pas été à la hauteur des espérances des capitales ouest-africaines qui redoutent une propagation du salafisme. « Nos frères algériens ont commis quelques erreurs […]. Ils doivent se ressaisir », a déclaré le 4 juin à nos confrères de RFI Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères. Sa principale critique porte sur le Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cemoc), basé à Tamanrasset, censé lutter contre le terrorisme et l'insécurité dans la région mais qui « a été mis en hibernation », selon le chef de la diplomatie nigérienne. « Il est incontestable que, jusqu'à présent, l'attitude de l'Algérie face à la menace représentée par Aqmi sur son flanc sud a été ambiguë et a pu confiner au double, voire au triple langage », peut-on lire dans un rapport d'information parlementaire français, rédigé par le député socialiste François Loncle, un proche du président burkinabè Blaise Compaoré. L'argument juridique renvoyant à la Constitution algérienne qui interdit toute intervention militaire hors du territoire « n'est pas parfaitement convaincant, dans la mesure où personne n'en a proposé l'amendement », explique le parlementaire.

Autant d'accusations qui ont le don d'agacer Alger. « Que ceux qui nous accusent de ne rien faire fassent le dixième de ce que nous réalisons quotidiennement pour les populations du Nord-Mali », lance un ancien ambassadeur au Mali. « Nous jugerons l'engagement de l'Algérie sur son attitude lors de la saisie du conseil de sécurité de l'ONU par l'Union africaine et au cours des discussions à New York », analyse un haut diplomate ouest-africain.

Lire « Mali, demain la guerre ? » dans le n°2683 de Jeune Afrique, en kiosques du 10 au 16 juin.

 

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