Extension Factory Builder
08/06/2012 à 10:34
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'Afrique représente 40 % de la biodiversité, 20 % des réserves forestières mondiales. L'Afrique représente 40 % de la biodiversité, 20 % des réserves forestières mondiales. © D.R.

Au moment où les dirigeants du monde s’apprêtent à se rendre à Rio de Janeiro, où se tiendra, du 20 au 22 juin, un sommet mondial sur l’environnement, Brazzaville a abrité une rencontre consacrée à la même thématique.

Organisée par le Réseau africain des journalistes environnementaux (Anej), la conférence internationale qui s’est clôturée le 6 juin à Brazzaville avait pour thème « Quel partenariat stratégique pour l’Afrique, 20 ans après Rio ? » Le choix de Brazzaville se justifie par le fait que le président congolais Denis Sassou Nguesso a été choisi par ses pairs de l’Union africaine (UA) comme porte-parole de leur position commune au prochain sommet de Rio de Janeiro, au Brésil (20-22 juin).

Soutenue par l’Union européenne (UE), par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et par le Congo, cette rencontre a permis aux journalistes venus des quatre coins du continent d’échanger leurs expériences respectives dans le traitement de l’information liée à l’environnement. Et également de faire le point sur l’état de l’écosystème dans leurs pays. Il en ressort que, presque partout, la situation est préoccupante, et qu’il faut agir pour y remédier. Or, les moyens manquent cruellement.

Destin commun

Prenant la parole lors de l’ouverture de la conférence, le chef de l’Etat congolais a estimé que « le rendez-vous de Rio+20 est l’heure de vérité pour la sauvegarde de l’humanité ». Il n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme en déclarant : « Il s’agit de construire l’Afrique en surmontant nos égoïsmes nationaux pour aspirer à la vie universelle. C’est notre destin commun qui est en jeu ».

L’Afrique, qui représente 40 % de la biodiversité, 20 % des réserves forestières et plus de la moitié du potentiel énergétique du monde devrait promouvoir l’économie verte en vue de réduire la pauvreté et les injustices. Pour le Mauritanien Sidi El Moctar Cheiguer, président de l’Anej, « le sommet de Rio s’ouvrira dans un contexte difficile pour l’Afrique qui bat des records négatifs dans les domaines de la santé, de l’éducation, du chômage et de la pauvreté ».

Faibles moyens

Deux jours durant, les participants aux assises de Brazzaville ont insisté sur la faiblesse des moyens dont dispose le continent dans la lutte contre le réchauffement climatique et toutes les conséquences néfastes qu'il engendre. D’où la nécessité, dans ce contexte difficile, de nouer des partenariats stratégiques qui permettent d’envisager l’avenir avec plus d’assurance. Le partenariat avec l’Union européenne, mais aussi avec des pays émergents du Sud, ont été cités en exemple. D’autant que, si l’on en croit un officiel congolais, « les négociations en cours ne donnent pas de bons signaux pour aller à Rio. Nous sommes en pleine hypocrisie du système international ».

La conférence de Brazzaville a été précédée, du 3 au 4 juin, par une session de formation. Elle avait pour objectif d'initier les journalistes au jargon utilisé en matière d’Accords multilatéraux de l’environnement (AME), au vocabulaire écologique et aux techniques de traitement de l’information. Au cours d’une assemblée générale, les membres de l’Anej ont procédé à l’élection de leur bureau. Sidi El Moctar Cheiguer a été reconduit à la tête de cette organisation de droit mauritanien qui n’a pas un budget de fonctionnement régulier.

________

Par Tshitenge Lubabu M.K., envoyé spécial à Brazzaville     
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Continental

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Le 28 mai, la Banque africaine de développement élira un nouveau président. "Jeune Afrique" décrypte pour vous tous les ressorts de cette élection et livre une analyse exclusive des cha[...]

Abidjan : plus de 4 500 personnes aux Assemblées de la Banque africaine de développement

Six chefs d'État, un vice-président et deux Premiers ministres ont participé à l'ouverture officielle des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le 26 mai. Avec deux[...]

Technologies : quand WhatsApp bouscule les codes de la communication politique en Afrique

Lancée depuis bientôt cinq ans, l’application de messagerie internet WhatsApp a conquis les smartphones de millions d’utilisateurs dans le monde. Très utilisé en Afrique, l’outil[...]

C'est du vent !

Les voyages forment tout le monde, quel que soit l'âge de chacun. Il n'y a guère longtemps, je me suis retrouvé dans la capitale - que je préfère ne pas nommer - d'un pays[...]

Électricité : quel pilote pour la (future) Agence africaine ?

Pour la promotion de son "plan Marshall" électrique pour l'Afrique, Jean-Louis Borloo a rencontré trente-sept chefs d'État africains, qui, dans leur majorité, semblent adhérer au[...]

Maryse Condé : "Ma relation avec l'Afrique s'est fondée sur un mensonge"

L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé publie une biographie culinaire. L'occasion de revenir avec elle sur sa relation avec l'Afrique et de dévoiler une facette aussi importante de sa[...]

Stromae, griot sarcastique malgré lui

Le chanteur belge Stromae est en tournée africaine. Ecoutées au premier degré ou pastichées, les chansons de son album "Racine carrée" illustrent la politique du continent.[...]

Esclavage : "Libres et sans fers", paroles captives

Dans un ouvrage récent, trois chercheurs explorent les archives judiciaires françaises à la recherche de témoignages d'esclaves. De très émouvantes voix d'outre-tombe.[...]

Comment la diaspora influence l'opinion politique africaine grâce aux médias en ligne

RFI, Jeune Afrique, Le Point Afrique, (ex-) Slate Afrique, Le Monde Afrique, Afrik.com, etc. En Afrique francophone, les médias panafricains les plus sérieux et les plus influents sont… basés en France.[...]

Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption

Au mois de juin 2014, le "Sunday Times" publiait une enquête dénonçant l'existence d'un système de pots-de-vin ayant conduit à l’attribution de la Coupe du monde de football au[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers