Le président nigérien Mahamadou Issoufou a affirmé, sur la chaîne d'information France 24, que des Djihadistes "afghans et pakistanais" officiaient comme "formateurs" dans des camps d'entraînement au Nord du Mali.
Lors d'un entretien accordé à la chaîne France 24, le président nigérien Mahamadou Issoufou a déclaré, jeudi 7 juin, que des Djihadistes «afghans et pakistanais» étaient présents dans le Nord-Mali. « On a des informations sur la présence d'Afghans et de Pakistanais dans le Nord du Mali, (...) de Djihadistes venus de pays non africains. Ils serviraient de formateurs. Ce sont eux qui entraînent ceux qui sont recrutés dans les différents pays de l'Afrique de l'Ouest », a-t-il dit, ajoutant avoir des «informations précises sur des camps d'entraînement (des islamistes nigérians) de Boko Haram à Gao (nord)».
«Au Nord-Mali, les forces dominantes sont les Djihadistes et les narcotrafiquants. Tout cela est coordonné : cela va du Sahara jusqu'en Somalie», a affirmé le président du Niger.
« Je crois que toutes ces organisations coopèrent entre elles, que ce soit les shebabs en Somalie, Boko Haram au Nigeria, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) en Algérie et au Sahel en général, jusqu'en Afghanistan », a-t-il poursuivi. « Notre préoccupation, c'est que le Sahel ne se transforme pas en un nouvel Afghanistan », a martelé Mahamadou Issoufou, affirmant que le Niger avait jusqu'à présent « su protéger son territoire » mais qu'il redoutait toujours des tentatives d'installation de groupes islamistes armés.
Otages français "vivants et en bonne santé"
Après le coup d'État militaire du 22 mars contre le pouvoir du président Amadou Toumani Touré (ATT), le Mali est coupé en deux. Tout le Nord du pays est sous le contrôle de groupes islamistes armés et de touaregs. « Ces groupes armés du Nord continuent à s'approvisionner en armes dans le sud-ouest de la Libye», a affirmé Mahamadou Issoufou, qui estime que cette zone du sud libyen « constitue une base d'appui pour les factions armées présentes sur le territoire malien ».
Interrogé sur les solutions possibles pour régler la crise, le président nigérien a rappelé que des « négociations » étaient en cours. « On n'exclut pas qu'il y ait une intervention armée », a-t-il dit, tout en précisant : « je considère que le recours à la force doit être le dernier recours ». En cas d'intervention militaire, il a plaidé pour « une résolution des Nations unies autorisant l'usage de la force ».
Le président nigérien a en outre donné quelques nouvelles des six otages français retenus au Sahel. « Je crois qu'ils sont vivants et en bonne santé. Vous me permettrez de ne pas en dire plus », a déclaré le chef de l'État nigérien.
(Avec AFP)

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