Trois membres d'associations de soutien à l'ex-junte malienne ont été inculpés mardi dans le cadre de l'enquête sur l'agression du président de transition, Dioncounda Traoré. Mais les faits ont été requalifiés en simples "troubles grave à l'ordre public" par le procureur de la République, Sombé Théra. Par ailleurs, une information judiciaire pour "tentative d'assassinat et complicité, coups et blessures volontaires et non-assistance à personne en danger" a été ouverte.
Les premières inculpations sont tombées dans le cadre de l'enquête sur l'agression dont a été victime le président malien de transition Dioncounda Traoré, le 21 mai au palais présidentiel de Bamako. Trois responsables de « Yèrè wolo ton » (les « dignes fils », en langue bambara), une des associations membres du Mouvement populaire du 22 mars (MP22) et de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam), pro-putschistes, ont été accusés par le parquet de « troubles graves à l'ordre public » et écrouées à Bamako.
Les trois individus - Boubacar Boré, Yacouba Niaré et Mamadou Sangaré – avaient été arrêtés le 23 mai placés sous mandat de dépôt le cinq jours plus tard, a précisé le procureur de la République, Sombé Théra. Ils font partie d'une cinquantaine de personnes interpellées dans le cadre de l'enquête, certaines ayant été relâchées, mises à la disposition de la justice ou encore « aux arrêts ».
"Élargir le champ d'investigation"
Selon le procureur, les faits ont été « requalifiés ». « Au lieu de "coups et blessures sur la personne du président de la République", les prévenus sont maintenant poursuivis pour « troubles graves à l'ordre public ». Motif officiel : cela permettait d'élargir le champ d'investigation. À moins que cela ne soit surtout une manoeuvre pour « noyer le poisson », car les peines encourues par les responsables présumés pourraient être de ce fait beaucoup plus faibles...
Par ailleurs, « une information judiciaire vient d'être ouverte pour tentative d'assassinat et complicité, coups et blessures volontaires et non-assistance à personne en danger », a indiqué une source judiciaire. « Mais pour le moment personne n'est inculpé » de ces chefs d'accusation, a-t-elle précisé.
Dioncounda Traoré, 70 ans, a été blessé dans l'attaque, mais sans lésion grave. Il s'est rendu en France le 23 mai pour des examens médicaux et poursuivait mardi son séjour dans ce pays.
(Avec AFP)

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