Le 29 mai, Robert Mugabe a été désigné avec son homologue zambien, Michael Sata, ambassadeur des Nations Unies pour le tourisme. Une nomination purement symbolique, sans engagement légal, qui a fait grand bruit. Considéré comme l’un des pires dictateurs de la planète, l'homme est même frappé par une interdiction de voyager dans certains pays du monde.
L’information est pour le moins cocasse, et le quotidien The Guardian ne s’est pas privé d’ironiser. « Malgré le fait que Robert Mugabe, âgé de 88 ans, soit placé sous le coup d’une interdiction de voyager (dans les pays de l’Union Européenne notamment), il a été honoré comme un leader du tourisme par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), une branche de l'Organisation des Nations Unies », écrit le quotidien britannique.
L’ONU aurait ainsi cherché à récompenser le Zimbabwe et la Zambie - Michael Sata ayant également été distingué - pour leurs efforts dans le domaine du tourisme, en particulier autour du site des chutes Victoria. Celles-ci sont en effet un haut lieu touristique mondial et ont été classées au patrimoine mondial de l’Unesco.
Ambassadeur... embarrassant
Reste que la distinction n’a pas été du goût de la planète humanitaire et associative. La coalition « Crisis in Zimbabwe », dont font partie des organisations de la société civile zimbabwéenne, a aussitôt réagi. « Cela envoie un mauvais signal de Mugabe, qui pourrait être perçu comme acceptable auprès de la communauté internationale. Nous parlons de la même personne. Celui qui insultait les gays et les lesbiennes en disant qu’ils ne valaient "pas mieux que des chiens" », a ainsi déclaré Dewa Mavhinga, porte-parole de la coalition.
Ces réticences sont rapidement parvenues aux oreilles de l’OMT. Sa coordinatrice en communication, Sandra Carvao, a donc voulu préciser qu’il n’y avait pas de réel « programme d’ambassadeurs » pour le tourisme et que le système de lettre ouverte qui existe aujourd’hui n’impliquait aucun « engagement légal ». Cependant, même avec cette nuance en tête, Robert Mugabe, accusé de fraudes électorales, crimes ethniques, censure ou encore d’atteintes aux droits de l’homme, n’est sans doute pas l’ambassadeur rêvé. Même seulement sur le papier.

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