La société israélienne connait actuellement un débat violent au sujet de l’immigration africaine, certains responsables politiques appelant à l’expulsion des clandestins venus du continent.
Tout a commencé par une affaire de viols imputés à des immigrés africains. Mais aujourd’hui, certains Israéliens s’inquièteraient de voir l’identité de l'État juif menacée par l’afflux de migrants africains, qui représentent pourtant que 1% de la population, explique l'agence American Press (AP).
« C’est l’effondrement du rêve sioniste », a même déploré jeudi le ministre de l’Intérieur, Eli Yishai, qui accusait au début du mois presque tous les immigrants d’être des criminels et qui prônaient leur enfermement avant leur expulsion.
Quelques jours plus tard, c’était au tour du Premier ministre Benjamin Netanyahou, de mettre en garde contre les « 60 000 infiltrés qui risquent d’être 600 000, et d’entraîner l’éradication d’Israël en tant qu’État démocratique et juif. »
Des bombes incendiaires ont été lancées fin avril contre deux bâtiments habités par des immigrés. Plus récemment, le 23 mai, une manifestation a été organisée dans un quartier pauvre de Tel-Aviv, pour protester contre leur présence dans le pays. La foule a brisé les vitrines de magasins et de voitures appartenant à des Africains.
Le Premier ministre a condamné ces violences mais cela n’empêche pas Bachir Abekker de ne plus se sentir en sécurité. Le jeune homme qui a fui le Darfour il y a 4 ans, avoue avoir peur « de sortir dans la rue pour s’acheter à manger.»
Immigrés ou réfugiés?
Au cours de ces sept dernières années, quelques 60 000 africains, essentiellement originaires du Soudan ou d’Érythrée, ont pénétré sur le territoire israélien par le Sinaï égyptien. Certains quittent des pays aux régimes autoritaires où à la situation économique instable. Difficile donc de définir leur statut, entre réfugiés politiques et immigrés économiques. Et Israël est lié par un traité de l’Onu, adopté en 1951 et qui prévoit de ne pas expulser les demandeurs d’asile originaire d’un pays où ils pourraient être en danger.
Mais pour remédier à ce qu’il considère comme un grand problème, l’État hébreu a décidé de construire un mur le long de sa frontière avec l’Égypte. Les immigrés continuent d’arriver au rythme d’environ un millier par mois, épuisés, sans argent, et souvent victimes de mauvais traitement infligés par leurs guides bédouins.
« Ce qui me perturbe le plus, c’est cette ambiance raciste », souligne Tom Segev, journaliste et historien israélien interrogé par l’agence American Press. « Depuis plusieurs années la société israélienne va dans cette direction, avec toutes ces motions anti-arabes au parlement. Je pense que notre société est très malade aujourd’hui. »
(Avec agences)

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